Chris Whitley : There was a boy... Part 2

Suite de la chronique de Fred sur le Texan à la National Steele. La première partie était accès sur ses débuts, sa période Sony, avec le magistral « Living with the Law », et les échecs commerciaux de « Din » et « Terra Incognita ». Sony le fout à la porte, et Chris Withley repart à zéro… ou presque…
"Lovers and Loosers..." (Dirt Floor, 1998, Messenger Records)
Il faudra à Chris peu de temps pour se remettre en selle. Brandon Kessler, un étudiant New Yorkais, démarre
doucement son propre label, Messenger Records, piloté depuis sa chambre en cité U. Il arrive à convaincre Chris de signer un deal. Chris part s'isoler dans le chalet familial du Vermont. Seul avec sous le bras sa guitare, et un des meilleurs micro d'ambiance du marché, il enregistre les 9 titres de "Dirt Floor" qui sort en 1998. Magnifique de bout en bout, de part la simplicité des arrangements, la beauté des compositions, la voix plus souvent susurrée que chantée, ce disque est même devenu une référence pour les démonstrations de matériel hifi de par la qualité brute de son son. A la grande surprise de tous, cet album aura plus de succès que les derniers albums sortis chez Sony, succès non seulement dû à la qualité de la musique, mais aussi à l'implication des fans dans la promo (grâce à des Street Teams soutenues par le label, radios universitaires, promo sur le web). A cette époque, Chris renoue aussi avec l'Europe et sera distribué chez nous par la label allemand Wolftone. Cet album est également à mon avis un des meilleurs, le vrai Chris Whitley se dévoile ici, seul, brut, live, sensible et puissant à la fois. Des titres comme "Scrapyard Lullaby", "Altitude", l'incroyablement poétique "Loco Girl", et la reprise osée de "The Model" de Kraftwerk, voix/banjo, à écouter en boucle, sans se lasser, c'est un ordre.
http://fr.youtube.com/watch?v=_6DzLsfwe4U
1998 voit aussi la sorti de "Live At Martyr's", illustrant une longue tournée, ce premier disque live n'est pas essentiel, mais vaut le coup d'oreille. A noter qu'on trouve des bootlegs de concerts beaucoup plus interessants à mon gout. Cependant les titres bonus avec Trixie Whitley au chant laissent présager une artiste à suivre.
"Smokestack Lightning..." (Perfect Day, 2000)
En 2000, Chris Whitley signe pour un unique album sur le label Valley Entertainment. "Perfect Day", album
de reprises (non, ne passez pas votre chemin!) avec Chris Wood et Billy Martin du trio jazz expérimental Martin, Medeski & Wood. Tout simplement un des meilleurs albums de reprises que j'ai pu entendre! Un son original, enregistré en quelques prises live, Whitley au chant et guitare, Chris Wood à la contre-basse et à la basse, Billy Martin à la batterie et percussions en tous genre. L'ambiance est très libre, improvisée, mais à la fois très travaillée. Des reprises entre autre de Hendrix, des Doors, Lou Reed, Howlin' Wolf, Willy Dixon, Muddy Waters, Bob Dylan... mais avec la touche Whitley. Chaudement recommandé.
"Vertical Desert..." (Rocket House, 2001)
En 2001, Chris signe pour un album sur le label ATO, de Dave Mathews (du Dave Matthews Band). En sortira "Rocket House" , un album préparé par Chris dans son home-studio, avec beaucoup de synthés, des samples en pagaille, électronique et planant, le piano prend souvent le pas sur la guitare pour un mélange frais et agréable. Plusieurs participations sur le CD, dont Dave Matthews et le DJ New Yorkais DJ Logic, rencontré au cours de jam blues/funk avec le guitariste de Living Colour, Vernon Reid, qui deviendra un bon ami de Chris. Suivra une tournée où Chris sera accompagné d'un DJ, duo qui fonctionnera étonnement bien sur scène.
La même année sort à petit tirage la VHS "Scrapyard", document avec moult interviews, clips et extraits live, les dernières années de la nouvelle carrière "indépendante" de Chris.
Vers 2002, Chris repart pour l'Europe, et emmenage en Allemagne, à Dresde, où il rencontrera sa dernière compagne, Susann, qui prendre aussi le role de son manager. De ces années en Allemagne sortiront une musique de film, "Pigs Will Fly" en 2003, et selon moi ses meilleurs albums.