Chris Whitley : There was a boy... Last Part

Publié le par Wolf Tone

Fin de la chronique sur Chris Whitley : après le succès, la chute et un retour aux sources, Fred nous raconte ce que nous appellerons la période Fargo, certainement la meilleure...

La rencontre avec Fargo

Le label parisien Fargo Records, mené par Michel Pamplune, déjà distributeur en France de l'album Rocket House (en particulier une édition collector avec un second CD bonus de titres inédits et de reprises de titres de Rocket House en version accoustique, dont un magnifique "Vertical Desert"), propose vers 2002 à Chris de signer pour la France et l'Europe. Selon la légende, le label aurait carrément proposé du fric cash à Chris en échange d'un album.

"Blues for Andre..."  (Hotel Vast Horizon 2003)

En 2003 sort "Hotel Vast Horizon", enregistrée à Dresde, son nouveau point d'attache, avec Heiko Schramm et Matthias Macht (bassiste et batteur du groupe allemand Tijuana Mon Amour), qui l'accompagneront jusque dans ses dernières tournées. Cet album aux sonorités jazzy, possède un groove lancinant absolument torride. Le trio semble soudé comme pas possible, et les tournées que Chris fera avec eux montreront que sur scène, l'alchimie fonctionnait à merveille. Des titres comme "New Lost World", "Hotel Vast Horizon", ou encore "Breaking Your Fall" (déjà présent dans une version plus électronique sur la B.O. de Pigs Will Fly) sont vraiment des bijoux justifiant à eux seul l'achat du CD! Un must.

"Kick them stones..." (Weed, 2004)

En 2004 sort "Weed", album enregistré entre appartements, dessous de ponts à Dresde, et chambres d'hotel, composé de reprises d'anciens titres, joués par Chris seul à la guitare. La plupart des titres trouvent une nouvelle jeunesse et une fraicheur mettant en avant le talent de songwriter de Chris, prouvant si c'était nécessaire qu'une chanson bien écrite est bonne quelquesoit son arrangement. Cet album illustre d'ailleurs une envie régulière de Chris Whitley de reprendre d'anciens titres pour leur donner une autre forme. On retrouvera ainsi au fil des albums, ici et là, une nouvelle version d'une chanson déjà sorti, mais dans un nouveau contexte. Pas question ici de se répéter gratuitement, mais plutôt de permettre à une chanson de s'épanouir dans un nouveau contexte. Bref, un album qui se suffit à lui même, mais qui s'apprécie encore plus quand on connait les premières versions. Ce devait être le premier album d'une série d'enregistrements "impromptus", vendus pendant les tournées et sur internet.

"Her Furious Angels..." (War Crime Blues, 2004)

En 2004 sort aussi, "War Crime Blues", composé de titres originaux, toujours avec Chris seul à la guitare. Une production spartiate, mais des compos vraiment furieuses! De titres calmes comme "Her Furious Angels", "The Call Up", à la pure furie de "I can't stand It" ou "Dead Cowboy Song", on retrouve un Whitley au meilleur de sa forme, ça suinte le blues, c'est limite orgasmique. Les "seulement" 33 minutes de l'album, se concluent par une reprise de "Nature Boy" à cappella vraiment inoubliable. Après avoir écouté "The White Rider", vous vous prendrez à sourire à chaque fois que cette sonnerie de portable retentira aux alentours...

 

"End Game Holiday..." (Soft and Dangerous Shors, 2005)

 

Depuis quelques temps, entre les tournées, Chris prépare petit à petit un nouvel album studio, méticuleusement mis au point avec Malcolm Burn de retour à la prod. Durant l'été 2005 sort, Soft Dangerous Shores, un album sombre, empli de sonorités synthétiques, de réverbs planantes, et donnant la sensation d'un Chris quelque peu lointain. Comme deux artisans du son, Whitley et Burn ont fabriqué un album un peu hors du temps. La voix de Chris semble lointaine, noyée dans la réverb. Elle s'éclairçit au fil des morceaux pour finir de plus en plus proche et claire, alors que Chris murmure sur "End Game Holiday" ces mots en boucle "Too late to find a way"... qui reviendont en écho sur les dernières secondes du disque. Déchirant. Cet album m'a fait ressentir ce que j'avais ressenti à l'écoute de Din. Bien que radicalement différent, c'est le style décalé, un peu dérangeant qui au final séduit. Certes la voix et la guitare de Chris semblent parfois submergées par les arrangements et le mixage, mais au final on ne peut qu'être fasciné par cet album, ces mots, cette musique.

Tout le monde attendait une nouvelle tournée... Chris nous avait habitué à revenir souvent. Mais le 20 novembre 2005, on apprend avec déchirement qu'il n'est plus. Après plusieurs semaines de silence radio, de rumeurs inquiétantes sur internet, les fans apprennent que Chris s'est éteint, chez lui, après plusieurs mois de bataille contre un cancer du poumon foudroyant. Et là, on se repasse tous les mots presque prémonitoires de Soft and Dangerous Shores, et on pleure...

 

"All Beauty Taken from You in This Life Remains Forever..." (Reiter In, 2006)

Mais l'histoire ne s'arrête pas là. Début 2006 sort l'album posthume "Reiter In" sur un petit label allemand. Cet album, enregistré sous le nom de "Chris Whitley & The Bastard Club", se voulait le premier d'une longue lignée de "Bastard Clubs", où Chris réunirait ses amis pour des impros, des reprises, et des compos spontannées. Cet album laisse tant présager du bon qui nous aurait attendu! Des reprises des Stooges, de Gary Numan, des Flamming Lips, de Willie Dixon... le tout entrecoupé de compos originales, de poèmes mis en musique. Distribué à petite échelle, cet album reste trouvable sur le net et vaut vraiment l'écoute!

"The Road Leads Down" (Dislocation Blues, 2006/2007)

C'est en aussi été 2006 que sort en Australie (un an plus tard ailleurs), un album que Chris enregistrait depuis plusieurs mois au fil des tournées avec Jeff Lang, chanteur/guitariste de blues Australien, avec qui il avait partagé plusieurs tournées et qui deviendra son ami. L'album "Dislocation Blues" présente un disque de duos (sur une majorité de compos originales et quelques reprises) entre Chris et Jeff Lang. Ca sue le blues, c'est hyper jouissif, le titre ouvrant l'album, une reprise de Stagger Lee de près de 8mns est un véritable bijou! Un de ces albums qui vous transportent dans un autre monde, loin, trés loin, où que vous soyez... après l'avoir écouté, on se sent à la fois léger, et mélancolique. Un album qui fait du bien, et dont on s'imprègne profondément. Le retour à la réalité est parfois difficile. Un album culte, pas seulement pour les amateurs de blues, et probablement le meilleur souvenir que Chris pouvait nous laisser.

 

Depuis 2006, tous les ans a lieu dans le Vermont un concert de célébration de la musique de Chris Whitley. Parmis les participants réguliers, Vernon Reid, Dan Whitley, Trixie Whitley, et de nombreux invités. Beaucoup de fans font le voyage pour y assister et s'il fallait le prouver, montrent que personne n'oublie Chris Whitley, tant sa musique aura marqué nos esprits, nous liant à tout jamais, malgrès le succès commercial fuyant qui a toujours fait partie de son parcours.

J'espère vous avoir donné envie de découvrir sa musique. Allez, si vous voyez un CD à la Fnac, n'hésitez pas, vous ne serez pas déçu.

Egalement disponible chez  SONY:

Chris Whitley : Long Way Around: Anthology, 2002, un best-of interessant même si on a les autres albums, car on y retrouve quelques inédits, et versions alternatives.

Durant sa carrière, Chris aurra aussi participé à plusieurs albums d'autres artistes (Cassandra Wilson, Melissa Sheehan, Chocolate Genius ...), participé à des B.O. de films ( Pigs Will Fly, The Knockaround Guys, ...), et célébré le bluesman Robert Johnson sur un documentaire "Hellhounds on My Trail: The Afterlife of Robert Johnson".

Quelques liens:

Un magnifique site par Susann Bürger: http://www.christopher-b-whitley.com/

Son site officiel: http://www.chriswhitley.com

Son groupe belge des années 80, Noh Rodeo: http://houbi.com/belpop/groups/nohrodeo.htm

Dan Whitley: http://www.danwhitley.com/

Trixie Whitley: http://www.myspace.com/trixiewhitley

Forum de fans : http://www.mortalmusic.com/bbs/forums/

Tijuana Mon Amour: http://www.myspace.com/tijuanamonamourbroadcastinginc

http://www.tijuanamusic.com/

There was a boy... A very strange enchanted boy...

C'est sur les mots de cette magnifique reprise "a cappella" de Nature Boy que se termine l'album "War Crime Blues", et ma chronique! Rendez-vous sur ma playlist LastFM!

 

Chris Whitley, August 31, 1960 – November 20, 2005

Publicité

Publié dans Music forever

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article