Critique " Diary of the Dead "

Publié le par Wolf Tone

Madre mia ! Ben ça alors, qui l’eut cru ? Non, comprenez moi, le Romero, je l’avais laissé à l’état de papy grabataire, avec son « Land of the dead » honteux, mais là… Whoua ! C’est pas vrai, c’est pas lui qui a réalisé « Diary of the Dead »… Oh, c’est pas qu’il nous a d’un seul coup pondu un nouveau chef d’œuvre à la « Night of the living dead », mais mes aïeux, quelle cure de jouvence !

On va peut être commencez par le début, faut pas m’en vouloir, j’suis dans un état de fatigue post-cuite involontaire, soyez indulgent…


« Des étudiants en cinéma tournent, dans une forêt, un film d'horreur à petit budget, lorsque la nouvelle tombe au journal télévisé : partout dans le pays, on signale des morts revenant à la vie. » C’est pratique Allociné, vraiment… Le pitch donne à lui tout seul un premier état des lieux : alors que la quadrilogie ( çà ce dit ? ) des zombis flicks de Romero suivait une chronologie totale, le petit dernier repart de zéro. Nous revoilà donc au départ de cette mystérieuse épidémie, comme si le réalisateur avait voulu faire table rase. Et première erreur de jugement : il n’efface pas les précédents, il les rassemble… Les rappels à sa propre œuvre sont légion : le chef de gang noir, les zombis sortant de l’eau d’une piscine, ou servant de cible à des rednecks, les prêches diffusées à la radio, et j’en passe, autant de clins d’œil parfaitement dilué dans son scénario. Mais il rajoute un nouveau seuil de lecture à ses thématiques : les médias, et, plus en profondeur, la notion très subjective de la vérité. Pour ce faire, il part du bon vieux principe du film témoignage ( vous savez, Blair Witch, Cloverfield, Rec… ), un des jeunes gars voulant à tout pris garder une trace de ce qui s’est réellement passé. Parti pris casse gueule : on le sait bien, arriver à nous faire avaler qu’on filme tout en se faisant courser par des morts vivants, c’est un brin du n’importe quoi. Mais Georges Romero s’en fout. D’ailleurs, il est évident qu’il ne veut pas nous y faire croire, tant les notions de mise en scène et de recul sont assumées durant tout le film. Non, pour lui, ce n’est qu’un moyen. En ce sens, le rôle de la voix off tout du long du métrage est primordiale : ce que nous regardons est un point de vue, une prise de position. Et du coup, nous ne sommes plus dans le Rec – like, mais plutôt dans un croisement entre ce dernier et le « Redacted » de De Palma… Et oui, mes enfants, nous sommes bien dans un rapport Romero vs De Palma ! Qui, MAIS QUI L’EUT CRU !!!


Et je vais aller encore plus loin : là où Brian nous avait donné un cours magistral de montage bien trop distancié pour faire passer son message pacifiste, Georges fait semblant de croire en son parti pris de caméra vérité pour mieux faire passer son message vindicatif. Il se permet même des traits d’humour ( ah, cette rencontre hallucinante avec le mormon sourd… Enorme ! ) et d’autodérision ( la scène du début, fausse car lors du tournage des étudiants, reprise plus tard avec un des comédiens zombifié, faut oser… ) dont papy ne nous avait pas habitué. Pourtant les outils sont les mêmes dans les deux films : caméra de surveillance, caméscopes, téléphone portable, webcam… Mais la distance, les enfants, la prise de distance du Romero rend le tout beaucoup plus humain. Du coup, il peut sonner de manière beaucoup plus libre sa charge contre les médias menteurs, mais aussi reprendre ses grandes thématiques : l’aptitude de l’humain à la violence, la ségrégation raciale, la femme égale de l’homme… Et, SURTOUT, il sort de la mise en scène atrocement statique et lourde de son dernier effort pour gagner ( caméra à l’épaule oblige ) une plus grande maîtrise du rythme.


Alors, non, je ne mets pas sur un pied d’égalité les deux hommes, tout comme je ne dis pas que « Diary of the dead » est parfait : comédiens donnant le minimum syndical, grosses difficultés sur les scènes dramatiques, mauvaises utilisations en général de la musique, pas mal de choses déconnent tout de même. Puis, il faut le dire, Romero ( enfin, pour ma part ) n’est jamais plus parvenu à faire peur depuis son génialissime « Night of the Linving Dead ». Non, ce que Romero a par contre retrouvé, c’est sa hargne, ses convictions. Et, faut bien l’avouer, fini le Papy : c’est un vrai gamin qui nous revient, et c’est une putain de grande et bonne nouvelle !

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Publié dans Critique Cinéma

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W
Ok pour la liberté de ton, mais ce n'est tout de même pas les exécutifs qui avaient plombé sa mise enscène sur " Land..." ! Mais on va pas cracher dans la soupe : "Diary..." est un trés trés bon film, et la joie que ce soit signé Romero est grande...
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G
J'ai beaucoup aimé DIARY OF THE DEAD, et pour aller dans ton sens, le grand George Romero (avec qui j'ai eu la chance de discuter après la projection du film) m'expliquait qu'il a réalisé ce film pour pouvoir revenir aux sources de son thème de prédilection, parce que LAND OF THE DEAD n'a pas été réalisé avec la même liberté de ton que les autres épisodes de la saga.
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W
Ben disons qu'effectivement, le sang gicle partout, mais c'est plus souvent dans le 2nd degré... Perso, je trouve que ce n'est pas vraiment un film d'horreur, mais, bon, ça reste un film de zombies, même s'il est bien plus intélligent que la moyenne. A toi de voir !
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E
Ca donne presque envie d'aller le voir. Mais ça reste quand même un film d'horeur...
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