Be geek or be dead

Publié le par Wolf Tone

Cet article est pour toi, oui, toi, celui qui boit de la bière en écoutant NOFX et en récitant par cœur l’ensemble des répliques des 3 « Die Hard » ( le 4 n’ayant jamais existé, c’est bien connu… ). Crions en cœur : « Vive les gars qui massacrent une armée de GI en glissant sur une mare d’huile de voiture ! » Oui, la jouissance décérébrée est salvatrice ! Oui, Schwarzy n’a jamais été aussi bon que lorsqu’il déclara à un alien belliqueux : « Toi, t’as pas une gueule de porte bonheur… » ! Tiens, mon ami, rappelle toi aussi Kevin Bacon, essoufflé après avoir subit l’assaut d’un vers géant dans « Tremors », dire très naturellement, face au cadavre du monstre : « Mais qu’est c’qu’ils sont cons, ces vers ! ». Mais sommes nous compris ? Non. Pouvons nous arriver en salle de réunion en criant « Yipikaï, mother fucker » ? Non. Et est ce que tous ceux qui lisent ces lignes ( c’est à dire à peu prés dégun ) peuvent comprendre ce plaisir que beaucoup décrivent comme coupable ? J’en sais rien. J’suis vraiment pas sûr…   Alors toi, lecteur perdu sur mon blog, Wolf Tone va te dire le fond de sa pensée : nous vivons une époque formidable ! Une époque qui nous sort des films totalement décomplexés, des trucs plongeant dans le portnawak le plus total, avec des gunfights improbables, avec un gars qui tue avec des carottes, un autre qui baise sa nana en pleine ville en criant « Je suis vivant !!! », ou encore une bande de tueurs à gage néo-nazis ! Prenons notre pied, mes frères, rions de bon cœur face à ces bandes si incroyables qu’elles en deviennent des chefs d’œuvre !

Mais on va tenter d’être constructif, mes amis, on va pas non plus balancer du tout avec un brin de n’importe quoi, vous vous ferez rapidement chier, et je n’aurai aucune chance de vous faire partager mon plaisir soi-disant coupable…

 

Faisons l’impasse sur nos grands classiques ( Mc Lane et Dutch Schaefer n’ont plus à se présenter, « Au revoir à jamais » commence à dater ). Laissons de côté aussi les tentatives lamentables de certains ( Neil Marshal et son « Doomsday » mou du genou en étant le dernier exemple en date ), et les chef d’œuvre incompris de JCVD, ou Steven Seagal. Non, attaquons nous à 3 films, des enfants bâtards d’ « Au revoir à jamais » et « Piège de cristal », nourris par Franck Miller, et qui se sont dit un jour que Tarantino, il est fun, mais qu’est ce qu’il se prend la tête ! C’est arbitraire, trois films, mais c’est comme ça, parce que c’est mon blog. On ne va pas non plus trop se prendre la tête avec des considérations de cinéaste en herbe, et parloter sur la qualité du travail du chef op’. Tant que l’action est lisible, le montage pas trop speed, et qu’il y a un minimum de chorégraphie dans les combats, ça suffit. On va pas demander à Jason Statham de jouer comme Robert de Niro, hein ?

 

DONC, pour le premier, on prend deux petits gars totalement inconnus, qui n’ont jamais réalisé de longs métrages. Ce n’est pas tant que ces deux potes ( Mark Neveldine et Brian Taylor ) ont pu écrire un truc pareil ( allez, on a tous une fois dans notre vie imaginé un film de ouf’ après avoir croisé Marie Jeanne ) qui étonne, mais que des producteurs aient pu dire ok alors que nos gus n’avaient jamais fait de long avant ! Un petit résumé ? Chev Chelios ( Jason Statham ) est un tueur à gage avec un problème : après avoir loupé un contrat, il apprend qu’on lui a inoculé  un poison qui le tuera s’il ne maintient pas un haut taux d’adrénaline dans le sang. Bref, il ne peut même pas marcher sans craindre la mort. Du coup, notre gars provoque un gang entier de blacks, ne conduit pas en dessous de 120 km/h en pleine ville, ou baise sa nana en pleine rue ! « Hyper tension » est le paradoxe parfait du film sans scénario mais bourré d’idées à la seconde. Décérébré, ultra jouissif ( si un jour je réponds à toutes vos questions par un « yeap ! » ultra speed, vous comprendrez pourquoi… ), il ose tout, et comble du luxe, sans jamais sombrer complètement dans la vulgarité. Le rythme est celui d’un 100 mètres sous amphé, et une fois le générique de fin arrivé, faîtes moi confiance, mes frères, vous n’aurez qu’une envie : vous balader à poil sous une chemise d’hôpital…

 

Le second, c’est un peu « Hyper Tension » à la sauce classe. Même rythme, même scénario sans intérêt, mais plus de looser à la Chev : non, là, c’est un chevalier blanc, un héros, un vrai, avec trauma énorme et formation de tueur d’élite. « Shoot ‘em up » nous compte l’histoire de M. Smith ( campé par Clive Owen ). M. Smith était en train de bouffer une carotte sur un banc lorsqu’une femme enceinte passe devant en cavalant. Perplexe, il reprend sa dose de vitamine, mais une voiture vient se garer en mode encastrage-dans-la-caisse-d-à-côté, un sale type en descends, le menace, et sort un flingue en courant après la mère en détresse. « Fais chier… » dit alors M. Smith, et part tuer le dit méchant avec… sa carotte. Faudrait qu’un jour je compte le nombre de mort qu’Owen accumule tout au long du métrage. Ce mec peut massacrer un régiment de crapules et laisser la vie sauve à une chien. Il propulse un chauffard contre un poteau, uniquement parce qu’il n’utilise pas son clignotant. Ou bute un type en calant des balles entre ses doigts cassés, et en mettant sa main dans le feu. Là aussi, le geek jouit, tape dans ses mains, headbangue en entendant « Ace of Spades » de Motorhead dans la B.O.. Mais en plus, il a droit à une iconisation digne d’un James Bond sous acide ; M. Smith est le meilleur, le plus talentueux des tueurs, il se tape Monica Belluci en butant des mecs équipés comme les SWAT, bref, Smith, c’est le grand frère qu’on rêve d’avoir.

Reste le troisième… Et là, je met tout de même un bémol. Richard Messner ( Ryan Reynolds ) et Donald Carruthers ( Ray Liotta ) sont 2 agents du FBI envoyé à Lake Tahoe pour protéger Buddy "Aces" Israel. Buddy a en effet promis de donner à la justice des preuves contre Sparazza afin de sauver sa propre peau, et la Mafia offre un million de dollars pour le faire disparaître. Peu importe qui fait le boulot, du moment qu'il est abattu rapidement. Attirés par l'argent, mercenaires, assassins et tueurs à gages de tous horizons débarquent à Lake Tahoe. On ne peut donc pas dire que le script est intello, ou qu’il n’a pas sa dose de morts à la douzaine, ou de gunfight délirants. Mais Joe Carnahan m’avait filé une immense baffe dans la gueule avec « Narc », sorti en 2002. Un polar hard boiled tendu, sous influence William Friedkin des grands jours ( à savoir époque « Live & Die in L.A. », « Cruising », « French Connection » ). Autant dire que l’annonce de son « Smockin’ Aces » pour le 1er Août 2007 avait fait grillé mes neurones d’impatience. Mais c’est bien connu, lorsqu’on est un jeune réalisateur prometteur, faire un film foutraque et ( faussement ) anarchique, c’est pas bien… Critique plus que moyenne, « Mise à prix » se retrouve un peu trop facilement comparé à son frérot, et Carnahan accusé d’avoir fait un film mineur. Mais je pose la question : mineur veut il dire mauvais ? Quand Spielby passa de « L’empire du soleil » à « Indiana Jones et la dernière croisade », a t il régressé ? Bien entendu que « Mise à prix » n’a pas la même puissance que « Narc », mais, merde, quel pied phénoménal de voir ses dizaines de tueurs à gage prendre d’assaut l’hôtel où loge ce pathétique Buddy. Carnahan, en plus de nous balancer des moments de bravoure pétaradants comme une 14 juillet, insuffle un supplément d’âme salvateur. Il a réussi à filer la gaule à nous autres, les ados attardés, tout en nous arrachant des sentiments qu’aucun des deux films précités n’avait eux l’intention ou la capacité de le faire. « Mise à prix » est un film à réhabilité rapidement, un film généreux et humain.
BREF, mes frères, amis, apôtres, continuons à bouffer des pizzas en nous matant des pellicules que les bien pensant balancent à la poubelles car trop cons, trop bordéliques, trop violents. Assumons nous, brandissons l’étendard du « Fuck off », et disons à ceux qui ne comprennent rien à notre culture, la grande pensée de Seth Gecko : « Je suis peut être un enculé, mais j’suis pas un fils de pute ». Halléluja.

P.S. : Elodie m’étonnera toujours… Après avoir disserté ensemble sur la portée de « L’un contre l’autre », elle me regarde tout sourire en disant : « et si on allait voir « Semi pro » au ciné ? ». Je me dis pourquoi pas, et nous voilà donc en route hier soir vers notre ciné préféré. Ben une seule chose à dire : n’y allez pas.
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Publié dans Geek Power

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