« Mais, Chéri, tu fous quoi avec un chapelet ?!? » Sortie DVD Septembre 2008
J’ai eu une illumination, mon amour ! Oui, cette nuit, un ange brun à lunette, une femme splendide, est venue vers moi en me criant « Impie ! Impie ! »… Terrifiant… Le seul truc que je comprends pas, c’est pourquoi elle bouffait des frites, et tenait un Desert Eagle en guise de crucifix… Alors je me dit qu’avec un chapelet, j’vais peut être pouvoir sauver mon cul…
Et à part ça, ça va vous ? Voui ? Alors on reprend notre mois de septembre là où on l’avait laissé, à savoir… je sais plus. Mais on s’en fout, on va continuer à rattraper le retard en nous calant des biens chouettes films. Alors, apparemment, les 3 et 4 du mois sortent deux films aux antipodes l’un de l’autre. A savoir le glacial « There will be blood » de Paul Thomas Anderson, et le très chaleureux « Paris » de Cédric Klapisch. Deux films diamétralement opposé, deux preuves de la maîtrise de leurs réalisateurs respectifs, chacun dans un univers leur étant propre. On va pas trop tortiller, Anderson est tout de même 20 000 bornes au dessus de notre Cédric national, même si toute comparaison est impossible. Mais le fait est que l’OVNI du réalisateur des excellents « Punch Drunk Love » et « Magnolia » est une leçon de cinéma dantesque tout en étant étonnement aride, froid et violent. Cette adaptation des premiers chapitres de « Petrol ! » de Upton Sinclair est un peu le « A l’est d’Eden » de P.T. Anderson, une fresque pétrolière se passant au début du siècle dernier, avec les combats pour la gloire et le fric, la chute et tutti quanti… Daniel Plainview ( Daniel Day Lewis, fatiguant à force d’être aussi excellent à chaque apparition ) se pointe dans une petite bourgade paumée de Californie, attiré par les rumeurs d’or noir suintant des sols, et se coltine très vite un prêtre charismatique et ambigu, Eli Sunday ( Paul Dano, dont la métamorphose depuis son rôle d’ado dans « Little Miss Sunshine » est proprement hallucinante ). Un pitch de classique, ça. Un pitch bien trop simpliste en fait. Où est l’intérêt de refaire un énième film sur le thème ? Ben dans l’exercice du jeu de massacre : de la musique sombre et dissonante de Jonny Greenwood ( guitariste de Radiohead ), à la capacité d’Anderson de rendre la chaleur suffocante palpable, des ellipses qui nous enlèvent presque toute compréhension classique de l’intrigue au choix volontaire de casser pur et simplement chaque moment d’empathie potentiel, des instants de paix casser abruptement par des exploisions de violences, aucune accroche n’est possible, rien n’est confortable, tout n’est que froideur, jusqu’à la durée ( 2 h 38, de quoi faire fuir un max de monde ). Et pourtant… Quelle joie de voir de telles images, de tels comédiens, d’entendre une telle musique… Bien que terriblement inconfortable dans son traitement, « There will be blood » n’en est pas moins un très, très grand moment de cinéma. Allez comprendre…
Alors que Klapisch, lui, c’est le cœur qu’il vise, c’est la sympathie, c’est le gars qui à envie de donner envie
à ses spectateurs de ne plus quitter son univers si bobo pourtant, si parisien… et si vrai ! Klapisch, c’est léger même quand c’est dramatique, c’est universel même ( surtout ? ) quand c’est intimiste, c’est l’incroyablement grand vue par l’indéfiniment petit. Et son film choral, « Paris », c’est un peu comme l’aboutissement de sa recherche d’équilibriste entre les deux. Casting de rêve ( Luchini, Duris, Binoche, Dupontel, encore ? Cluzet, Bénichou, Viard, et même Marco de FFF… ), classe de la mise en scène, scénario tiroir qui touchera bien chacun d’entre vous à un moment ou un autre, musique de Erik Satie, cadre à la fois superbe et terriblement urbain de Paris, diantre, comment ne pas fondre devant cette accumulation de clichés ! Et le pire, c’est que c’est délectable, parce que très fin… Fort, non ? Cédric Klapisch a atteint avec son dernier bébé la perfection faite maison : cet univers si particulier, proche d’un morceau de jazz visuel, est enfin arrivé à maturation, et de réalisateur parisiano-parisien, notre bonhomme s’est transformé en réalisateur de la vie, et ce même en plaçant son intrigue au cœur de la capitale. Il filme l’humain, non pas en nous donnant un personnage drôle, un autre triste, un troisième méchant, mais en centrant sa caméra sur deux, trois personnages cumulant le tout, et qui croise des gentils, des méchants, des cons, des riens… De cette manière, Klapisch nous balade de drame en amour naissant, de bonheur familial en bagarre de potos sans passer par la case caricature. Gros, très gros travail de mise en scène et d’écriture, « Paris » est surtout une très belle réussite qui ne s’en donne pas l’air, où tout est fait pour passé inaperçu, pour n’avoir l’air de rien. Que dire de plus ? Ben rien. Enfin, oui, louez le lieu un soir d’hiver, vous en sortirez tout ragaillardi.
Alors, bon, y a d’autres films qui sortent, hein, j’vous fait un package, parce que sinon je vais jamais m’en sortir, on vous en met trois pour le prix d’un, ça vous va ? Alors le 10, on a droit à une production Alexandre Aja, mais pas en France, non, Môsieur est vachement mieux outre-Atlantique, comme ça, il peut faire des films qui font ppeeeuurrr pas trop mal chiadés, et produire des films qui veulent faire ppppeeeuuurrr et qui sont tout pourri, comme de « 2ième sous sol », ou « P2 » pour les intimes, un truc avec une nana qui bosse tellement qu’elle en oublie que c’est Noël et que les parkings, ben c’est dangereux. Mou du genou, mou du bulbe, mou de la caméra, ce truc mou de Franck Khalfoun n’est à prescrire qu’au gens préférant devenir mou après le boulot en se calant un DVD plutôt que TF1. Débarque aussi le 17/09 « 10 000 », la dernière bonne blague de Maître Emmerich, l’homme dont le succès naquit avec un film de JCVD, « Universal Soldier », et qui nous donna tout de même « Independance Day » et « Godzilla », les plus fabuleux nanars de tous les temps ! Ben ce mec, il nous a pondu le premier film d’aventure de Cro-Magnon avec des permanentes et des dents de Ken, et des Cro-Magnonne avec la croupe de Barbie ! Ce gars est trop fort, et il accompagne fabuleusement bien les pizzas… Et on termine avec la petite escroquerie à la comédie d’horreur du mois, le « Blacksheep » de Jonathan King, un Néo-zélandais qui se prend pour Peter Jackson, mais sans l’ombre du début du talent. Alors, bon, faut pas non plus être méchant, ça reste assez regardable, son histoire de mouton mutant terrorisant une village de beauf au pays de King Jackson, puis l’idée et le visuel sont plutôt sympa, mais disons nous, disons LUI la vérité : on s’emmerde grave, quand même…
ENFIN, BON, j’ai pas que ça à foutre, j’ai envie d’en griller une depuis bien une heure, et vous de me tenir la grappe ! Allez, au revoir à tous, et vous me ferez 30 Ave Maria avant de vous endormir : ben vouais, faut s’y préparer, les gars, faut s’y préparer… Benoît débarque vendredi, ça va chier des bulles pour les laïques…