« Tu me déçois, Chéri, franchement… » Sorties DVD Part 3

Publié le par Wolf Tone

Mais c’est pas ma faute, mon amour, s’il n’y a qu’un seul film de genre digne d’intérêt dans cette 3ième partie ! J’y suis pour rien ! Puis, allez, avoues le, qu’ils sont très bons les deux autres… Hein, hein ? Vooiillààà, j’préfère ça ! Non, laisses moi tranquille maintenant, j’ai des fans qui m’attendent. Non, mais, ces femmes…

 

SO, on va parler directement du dernier film de genre du mois, film ayant provoqué un gros débat critique, avec une histoire de production digne d’un casse tête sino-péruvien, le bien nommé à mes yeux « Frontières » de Xavier Gens. Alors, ok, on va partir d’un premier constat : ce film est bourré de maladresse. Oui, je parle de maladresse, et pas de défauts. L’histoire de cette bande de djeuns fuyant la capitale après un casse pour atterrir dans un hôtel pourri du fin fond de la pacoule, tenue de surcroît par des néo-nazis, est un fouillis évident, un patchwork uniquement tenu par une honnêteté qui transpire à l’écran tout du long. Certains y sont allés à la hache, massacrant complètement le bébé de Gens. Moi, je leur réponds qu’un mec qui se bat à ce point pour nous donner un tranche de B extrême, avec des qualités indéniables ( mais encore à l’état de germes ), ben ça mérite surtout une vraie seconde chance. Puis lorsqu’on sait que ce sont les mêmes qui ont encensé la merde ignoble qu’est « A l’intérieur », on revoit vite son rapport aux regards des autres. Mon regard ? Objectivement, les rôles des néo-nazis sont fichtrement mal fichus ( Samuel Le Bihan en Leather Face sans le masque, ou Estelle Lefebure en pute hargneuse, sont totalement pas crédibles ), alors que les fameux djeuns ont droit, eux, à un traitement beaucoup plus réussi. Ensuite, le contexte des élections de 2002 et de la montée du FN est un surlignage de trop, un message maladroit. Quant au reste, nous sommes rapidement face à une accumulation de scènes soit éprouvantes ( dans le bon sens, hein, me faîtes pas dire ce que je n’ai pas dit… ), soit vachement jouissives ( bien que totalement irréalistes ), et surtout, une ligne directrice jusqu’au boutiste qui fait plaisir à voir. Alors ne crachons pas dans la soupe, et acceptons ce « Frontières » pour ce qu’il est réellement : une série B hard boiled sympathiquement foutraque avec de vrais machins qui font mal dedans.

Et voilà. J’vais être obligé de parler de films sérieux maintenant ( non, Paula, pas de Woody Allen, non, non, non ! ). Mais Dieu merci, ce sont de vrais films d’auteur, pas des trucs auteurisant ( vous saisissez la nuance ? ). D’abord, le « Into the Wild » de Sean Penn. J’vais difficilement être objectif avec celui là. Parce que pour moi, Penn fait partie des rares réalisateurs U.S. à avoir un vrai regard, une vraie patte. Et, bien que son dernier film soit le moins bon de sa filmographie, il reste néanmoins à dix milles bornes au dessus de la production mondiale actuelle.

En fait, cette sensation étrange qui nous colle à la peau lorsqu’on a finit de suivre l’aventure hallucinante de ce jeune Christopher McCandless ( joué par un Emile Hirsch excellentissime ) qui, à 22 ans, plaque sa petite famille bourgeoise pour tenter l’aventure extrême de vivre en trappeur en Alaska, vient justement de l’obligation pour Penn de se frotter au Road Movies. Jusqu’à présent, Penn nous faisait entrer dans la peau d’un seul, voire deux, personnages. Il le fait magistralement bien, d’ailleurs, avec Christopher. Mais l’idée même de parcours à travers les States oblige à changer continuellement d’univers externe ( alors que celui, intime, de notre héros reste le même ), nous laissant parfois une impression de trop peu ( sa rencontre avec le vieil homme, sur la fin du parcours, est si splendide, qu’elle mériterait un film à elle seule ). Ce n’est donc pas la capacité, intacte et époustouflante, de Sean Penn de filmer les rapports qui est remise en question, mais le morcellement de ses rencontres ( le couple de hippies, que Christopher quitte avant de les retrouver ). De plus, il rate tout de même le coche avec la famille d’origine ( William Hurt et Marcia Gay Harden, tout deux pourtant parfaits ). Mais peut être n’était ce pas là sa priorité…
Puis il y a ce choix particulier et étonnant de mettre la musique autant en avant. Là encore, Eddie Vedder ( de Pearl Jam ) nous pond un B.O. excellente, entre folk à la Dylan et rock, mais Penn nous avait tellement habitué à de longues plages de silence, ou à des musiques orchestrées, que ce changement nous perturbe parfois.
Reste la fin, atroce, sublime, et son message à chialer, qui, elle, revient à ce que nous avions l’habitude de voir avec Penn. Alors, oui, pour moi, « Into the wild » est le moins bon des 3 films que j’ai vu de notre homme ( je ne connais pas l’ « Indian Runner », j’ai honte ). Mais il reste un film superbe… Donc que ceux qui ne connaissent pas encore ce très, très grand monsieur du cinéma, se jettent aussi sur « Crossing Guard » et « The pledge ». Dans tous les cas, vous en ressortirez grandis.


And last, but not least, « It’s a free world » de Ken Loach. Du lourd… Pour être franc, j’apprécie énormément le monsieur ( 71 ans le bougre, et toujours aussi actif ), mais je connais très peu sa filmographie… Ce qui est certain, c’est que son petit dernier est une bonne grosse baffe, un truc qui vous fout mal à l’aise, parce qu’on comprends sans comprendre cette Angie qui… J’m’égare, là. Hop, on rembobine : Angie, donc ( Kierston Wareing, épatante et… comme elle est belle !!! ) vient de se faire virer à 33 piges de son boulot de recruteuse dans une boîte de… recrutement. Un gosse sans père, des années de galère, de boulots de merde, elle décide que c’est fini, que dorénavant, ce seront les autres qui devront lui obéir. La voilà donc partie pour monter sa propre boîte de recrutement, et à réussir coûte que coûte qui vaille qui veut. Loach, l’homme et le réalisateur, est engagé, ça, c’est connu et re-re-connu. Mais à ma connaissance, ses films, parfois durs, parfois tendres, prenaient toujours un parti, et tant qu’à faire, celui de la victime ( mais ceux qui en savent plus peuvent se jeter sur les commentaires pour remettre les pendules à l’heure : ça sert à ça aussi… ). Avec « It’s a free world », ce qui nous laisse justement mal à l’aise, c’est qu’ici point de jugement sur cette femme forte qui, au fur et à mesure, fera des choix plus que douteux… Parce que le système anglais est fait de telle manière qu’elle doit se frotter à l’illégalité, parce que certains incidents, certaines réactions, la submergent, lui font agir sous l’impulsion. Alors, oui, du coup, on comprend Angie l’humaine, mais on a du mal à accepter Angie la patronne. Loach, lui, pose simplement sa caméra, ne souligne rien, si ce n’est par la musique, un plan par ci, un plan par là, mais rien qui ne nous pousse vers un point de vue particulier. Chômage, sans papier, extrême droite, misère, système obsolète, il nous fout tout dans la gueule, et ne nous dit rien. La meilleure façon de faire passer un message, qui sera celui que nous aurons le choix d’accepter, ou pas. Monsieur Loach est le professeur de sociologie qui nous montre. Nous sommes les élèves. Libre à nous d’agir en suite en notre âme et conscience. Quoi ? Le film ? Ben grand, quoi. Très, très grand.

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Publié dans Sorties DVD

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