« Chéri… Euh, non, en fait, j’ai rien à dire » DVD Juillet 08 Part 2
C’est rigolo que tu me dises ça, mon amour, parce que deux des trois films dont je vais parler, ben ils m’inspirent pas des masses… Quoique le 3ième non plus… Du coup, j’ai gardé « Into the Wild » pour plus tard, parce qu’il n’a vraiment pas sa place dans ce peloton là. Bon, ben, quand il faut y aller, faut y aller…
Premier à passer à la moulinette, c’est « Le Royaume » de Peter Berg. Un attentat contre une compagnie pétrolière américaine à Riyad fait 100 morts et 200 blessé occidentaux. Tandis que les bureaucrates ne savent pas trop comment gérer la crise, le FBI magouille pour envoyer 5 de ses membres sur place le plus vite possible. Ca, c’est un pitch qui donne la bave aux lèvres, on s’attend à une politique fiction guerrière, un film mettant bien en avant les enjeux énormes en Arabie Saoudite ( le fameux Royaume ). Ben non. Enfin, c’est pas une merde sans nom non plus, c’est juste… attendu. Grosso merdo, c’est « Les Experts » croisé avec « 24 », et un soupçon de « Chute du faucon noir ». Vraiment pas de mauvaises références, je le concède, mais on est tellement en terrain connu, balisé, qu’au bout du compte, on ne sait plus trop ce qu’on vient de regarder… Berg gère très bien sa mise en scène, Jamie Foxx, Jennifer Garner et leurs petits copains sont tout à fait à l’aise dans leur rôle respectif… Mais qu’est ce que c’est 100% américain, tout de même, vous trouvez pas ? Et pour que votre ami Wolf Tone le dise, c’est que c’est VRAIMENT trop américain ! Et là, je ne parle pas des Saoudiens chiants, du seul petit arabe tout gentil, enfin, bref, de l’artillerie idéologique habituelle ( même si ici elle n’est pas si mal amené, voire tout à fait compréhensible pour les Saoudiens chiants ), mais de cette mise en image vue des milliers de fois, de cette intrigue qui n’apporte rien au chimmblic, alors qu’elle a un potentiel énorme. Du coup, on passe un très bon moment, mais peut être plus dû à notre sensation de confort ( on est en terrain balisé à mort ) qu’à une véritable dramaturgie. C’est déjà plus que pas mal, mais ça laisse pas grand chose à dire…
Le second, je pourrais me contenter de dire juste « Bof… ». Voire un grand bâillement ( j’sais pas écrire un
bâillement ). Mais je vais tout de même trouver matière à torcher quelques lignes sur cette « Chambre 1408 » de Mikaël Hafstrom ( plus crédible sur papier comme nom que dans une bouche… ), le mec qui nous avait pondu le bien, mais alors bien pourri « Dérapage » avec Clive Owen, Jennifer Aniston et notre Vincent Cassel national. Comme quoi, le pays du rêve de l’autre côté de l’Atlantique peut pourrir les meilleurs espoirs de la vieille Europe ( le gars avait accouché en Suède de « Cops », un OVNI non-sensique de bon acabit ).Cette fois, notre nouveau yes man hollywoodien s’attaque à une nouvelle de Stephen King ( un écrivain looser, spécialisé dans les maisons hantées, part passer une nuit dans une chambre maudite d’un hôtel huppé ). Déjà, y a un problème : étirer une nouvelle, en huit clos de surcroît, sur plus d’1 heure 30 de métrage, c’est un peu un suicide artistique. Alors, bon, John Cusack cabotine comme il faut, Samuel L. Jackson fait toujours plaisir à retrouver, mais tout ça ne fait pas un film, encore moins un film de trouille. Bien que le début soit prometteur, et que, l’air de rien, notre ami suédois s’en sort avec les honneurs sur la première moitié du film, on finit rapidement par se faire chier, voire à décrocher totalement. Ben vouais, mon gars, accumulé les scènes comme des perles sur un collier, s’est rigolo au début, et très lassant vers la fin…
Reste à torcher le sort de « Alien vs Predator : Requiem ». Et là, je vais être plus coulant. Tout le monde sait que la magistrale franchise ( tout au moins pour les 3 premiers volets, parce que celui de Jeunet, excusez moi, mais c’était une bonne blagounnette ) des Alien est morte depuis que ce con de Paul Anderson nous avait offert un premier crossover de très triste mémoire. Voir un Predator se transformer en Lassie, c’est certainement le plus gros choc de ma vie… Heureusement pour nous, ce tâcheron est du coup remplacé par Colin et Greg Strause, deux gars vachement calé en FX ( c’est les gars derrière Hydraulx, studio lui-même derrière certains effets de 300, et ayant participé au Titanic de Cameron ), mais dont voici le premier film. Alors, bon, j’en ai lu des vacheries sur ce deuxième volet, et il est vachement facile de le dessouder si on le compare à ses illustres prédécesseurs ( les vrais, hein, pas la crotte d’Anderson ). Mais en mettant de côté cette filiation, on s’aperçoit que l’air de rien, « Alien vs Predator : Requiem » est une très solide série B. L’histoire est simple : un vaisseau Predator contenant un Alien s’écrase sur Terre, pas bien loin d’une bourgade à la con. Un Predator, là-haut dans son bureau sur la planète des Predators, part donc vers chez nous, histoire d’effacer toutes les traces dudit crash, et surtout, de buter cette vermine extra-terrestre qui a eu la peau de son poto.
On va déjà dire merci aux frères Strause pour ce parti pris consistant à sortir les humains de la base de l’histoire. Non, l’homme ne déclenche pas la guerre, il la subit. Et un autre merci pour avoir tenu cette ligne tout au long du film : le Predator se fout totalement des humains, et ne les butent que s’ils sont en travers de son chemin. Alors les sauver, encore moins… Du coup, ce sont deux histoires que nous suivons : celle où des humains tentent de survivre, et celle de la chasse donné par le Predator aux Aliens ( ben oui, ça se reproduit vachement facilement ces bestioles ). Les deux se croisent, mais sans jamais provoquer de véritable interférences. De plus, l’histoire s’installe tranquillement, on est pas en plein bordel, donc que demande le peuple ? Ben une plus grande lisibilité de l’action par exemple ( trop de scène de nuit ), et des combats Aliens / Predator torché parfois à la va vite. Ou alors des personnages plus basiquement humains ( ça manque un peu de trouille… Perso, je pense que je me chierais dans mon froc dans une situation pareille ! ). Ou alors une mise en scène moins plan-plan… Mais on va pas non plus tordre le cou à un premier film pour des défauts qui, somme toute, sont inhérents à la majorité des séries B américaines actuelles. Alors pour déstresser trankillou, et prendre de temps à autres un petit pied de geek, « Alien vs Predator : Requiem » se pose là, et relève le niveau de cette nouvelle franchise parti sur des bases vraiment très mauvaises…
Bon, je vous garde au chaud « Into the Wild », sachant qu’il va certainement y avoir d’autres films en juillet. Voilà. C’est fou le temps qu’on peut passer à ne rien dire sur des films… Trop fort.