« Chéri, y a rien à la télé… » Sorties DVD Juin 08
Juin est pour l’instant un mois pourri. Ca pleut, ça gèle, ça donne envie de se mettre sous sa couette devant un bon film et un chocolat chaud. Ou sur son canapé avec un gros joint. Ou sur sa nana avec… Alors on va en donner pour tous les goûts. Non, pas que du sang et des fesses qui remuent en criant « Aaaarrrggghhh », ou de bad guys shootés aux big guns. Le cerveau devra parfois se mettre en éveil, Juin sera un mois éclectique…
D’emblée, on nous file une claque, on nous met en extase sur notre divan : « La nuit nous appartient » de James Gray. Le type au rendement plus proche de Ternce Malick que de Johnnie To. 1994 : Little Odessa. 2000 : The Yards. 2007 : La nuit nous appartient. 3 films en 13 ans, notre homme prend son temps, mais pond à chaque fois des pièces rares, des films peints, surlignés par une musique au diapason de la beauté formelle qu’il nous offre. « La nuit nous appartient » est un tout, une tragédie grecque, voire un film christique, et Gray, avec la générosité propre aux cinéastes qui aiment leur art, nous offrent sur un plateau une perfection faite cinéma.
Bon, certains rabats joie diront qu’il est adepte des raccourcis scénaristiques. Qu’importe. Lui, ce qu’il veut nous raconter, c’est l’histoire d’une famille où être flic est un devoir. Or Bobby ( Joaquin Phenix ) a choisi la liberté et gère pour le compte d’un vieil homme russe une boîte de nuit, tandis que son frère, Joseph ( Mark Walhberg ) suit les traces de son Commandant de père, Burt ( Robert Duvall ). Mais la tragédie suit son chemin, et Bobby va devoir très rapidement choisir son camp… si choix il y a vraiment.
Alors savoir comment les flics vont arrêter les méchants, ou comment les méchants arrivent à tromper les flics, ce n’est pas le plus important. Par contre, la douleur d’un fils rejeté, l’amour et filial, et fraternel, qui le pousse à mettre en danger sa propre vie, çà, ça mérite un film. Une œuvre. Avec des morts, des trahisons, des larmes, des moments proches du cauchemar. Raconter ses instants superbes, c’est tuer le bonheur douloureux de les découvrir. Avec « La nuit nous appartient », James Gray se hisse au niveau de Scorcese, ou du Ferrara de « Nos funérailles ». Avec son style, son approche, et cette poésie visuelle éblouissante qui lui est propre. Un maître parmi les maîtres.
Mais la vie n’est pas uniquement faîte de larmes, d’extases, de bonheur visuel, elle est aussi parsemée de
moment d’accalmie, de trucs qu’on se mate la main gauche dans le caleçon, et la droite sur le sein de sa compagne. Et préparez vous au top dans le domaine. Parce que maintenant, on passe à du lourd. Un truc avec un titre fort, un réalisateur aguerri, un casting de rêve. Le moment idéal pour parler de « Paradise Lost », aka « Turistas ». Imaginez un peu : le réalisateur de « Bleu d’enfer », John Stockwell, avec Josh Duhamel, qui, grâce à cette composition exceptionnelle en héros humble, aura droit pour son 2nd film à « Transformers ». Du lourd, du vrai, de l’original. L’histoire ? « Hostel » version Brésil. Enfin, pas tout à fait, mais quelle importance ? Des djeuns ‘ricains face à des autochtones hostiles, un discours style : « Nous manquons trop de respect, nous, les braves touristes from USA », et en guise d’introduction, une llllooooonnngggguuuueee présentation de braves types qui se font dévaliser sur une plage de rêve. Après, ça se perd dans la jungle, ça se fait ouvrir le ventre par un docteur fou ( soit 5 minutes de gore en tout et pour tout ), et ça s’en fuit en nous pondant une relecture de « The Descent ». Comment diantre ce film a pu ne pas sortir en salle ? Je ne comprends vraiment pas. Les lois de la distribution sont impénétrables… Parce que l’air de rien, le truc n’est pas si mal fichu : malgré un scénar’ qui tient sur un pass’ Navigo, le tout est assez bien emballé, et arrive à nous faire oublier ( parfois ) ce fameux sein dans la main droite.
C’est bon ?Le cerveau est bien vide ? Hop, on rattaque avec « Lions et Agneaux » de Papy Redford. Deux huis clos et demi pour un long débat sur l’engagement politique dans un pays en mal de repères. Le demi, c’est deux GI tombés d’un hélico. Pas clair… On reprend : d’un côté, un sénateur ( Tom Cruise, qui fait du… Tom Cruise ) tente de mettre dans sa poche une journaliste aguerrie ( Meryl Streep, qui fait, elle, du sous Meryl Streep ) pour qu’elle vende au bon peuple un nouveau plan militaire contre les talibans en Afghanistan. De l’autre, un prof de fac ( Robert Redford ) tente de récupérer un élève plus que doué ( Andrew Garfield… qui connaît ? ) qui lâche prise avec ses études. Enfin, un commando de GI parti en opération de nuit, perd 2 de ses hommes suite à l’attaque de leur hélicoptère. 3 situations pour un même but : faire réagir. Robert Redford charge à tout va, tapant bien sûr sur les politiques, mais aussi sur les médias, le tout par le biais de débats d’idées. Pas la peine de dépasser les 10 minutes de visionnage pour comprendre le message : réagissez, agissez, et ne laissez plus les cols blancs sans cervelles régir votre vie. Mais pourquoi donc ce parti pris des huis clos ? On ne peut QUE se faire chier, même si le tout est emballé avec classe. Les respirations données par les GI sont trop en opposition avec le calme débat d’idées des scènes précédentes pour maintenir notre intérêt. Seule une scène mérite l’attention : un débat dans un amphi de fac. Redford arrive alors, grâce à l’implication de plus de 2 protagonistes, à faire vivre sa mise en scène, et pour une fois, aborde l’acte citoyen sous un angle qu’on n‘aurait pas attendu de lui après de si longues palabres prévisibles. Reste que le film ( qui se termine sur un plan d’une beaufitude totale ) a bien du mal à nous maintenir éveillé, aussi plein de bonnes intentions soit il.
Bons, les enfants, ce sera tout pour aujourd’hui. Ah, ben sinon, comment voulez vous que je tienne le rythme ? Reste plein de sorties, du Jigsaw qu’en finit plus de nous écoeuré, Will smith dans un de ses meilleurs rôles ( et pas film, c’est pas pareil ), Guillaume Nicloux qui nous reviens, Ben Affleck qui dirige son frérot de Casey, et même de la SF française avec un peu plus de caractère que d’hab’. Et vous voudriez lire tout çà en une seule fois ? Prétentieux, va… See you soon !