Critique " Ciao Stefano "

Publié le par Wolf Tone

« Ciao Stefano », meilleur film italien au Festival de Venise 2007. « On n'avait pas vu une " comédie à l'italienne " respecter aussi fidèlement les traditions, cibler avec une ardeur renouvelée un noyau de bourgeoisie implosée. », dixit Positif. C’est gênant à force… D’abord, parce que je ne veux pas descendre le film de Gianni Zanasi. C’est sympathique, ça fait sourire, ça détend, et de temps à autres, ça donne même quelques séquences clippées du meilleur effet. Mais il sert à quoi ? Je prends mon pied sur « IronMan » sans le moindre début de honte, je m’esclaffe devant un bonne série B à la « Slither », je suis donc ce qu’on pourrait appeler un très bon public. Un mec pas compliqué. Mais même dans la déconne, je suis exigeant. « Ciao… » m’a t il fait rire ? Réfléchir ? Emu ? Non. Et pourtant… Valerio Mastandrea ( déjà vu dans « Le Caïman », l’escroquerie de M. Moretti ), le Stefano en question, porte presque le film a lui tout seul, tant il est effectivement touchant en trentenaire paumé. La famille qu’il retrouve au bord de l’implosion est assez attachante, elle aussi, le ton léger… Mais aucun enjeu ne nous tient un tant soit peu accroché au film. L’avenir de l’affaire familiale ? Le divorce du frangin ? Les secrets de famille ? Des éléments d’une histoire que Zanasi semble ne vouloir que survoler, caresser. A trop aimer ses personnages, nous avons l’impression qu’il se refuse à les bousculer.

Puis il y a l’accumulation de situations, de conflits ( léger, hein, parce que sinon… ), une enfilade de séquences sans but : une vie presque entière se tenant en quelques pauvres jours ? Semaines ? On ne sait pas trop. Les personnages les traversent sans trouver de réponses, en ne réagissant qu’à moitié, ce qui veut certainement dénoncer la perte de repères des trentenaires de notre époque. Va falloir nous lâcher avec l’errance sympathique des gens sympathiquement paumés. Du drame, du rire, des questionnements, oui, mais de l’errance pour de l’errance…

Non, tout compte fait, « Ciao Stefano » est tout juste un film sympathique, vite vu, vite oublié. Dire que je voulais pas le descendre…

Mise en mode chieur. : un jour, peut-être, nous aurons droit au cinéma à un « faux » concert de punk un tant soit peu crédible. Je ne demande pas qu’on nous refasse « Rude Boys » à chaque fois, mais faire jouer devant trois cons un groupe qui soit disant fait les couvertures de magasines spécialisés, ou faire slamer un chanteur pour qu’il se ramasse la gueule ( trop drôle, le gag ), ça commence à me les casser dru. Fin du mode chieur. 

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Publié dans Critique Cinéma

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