« Complainte de la page blanche » Sortie ciné Septembre 2008 part 2
Vivement qu’il finisse, ce mois de septembre. J’vais écrire quoi, moi ? Hein ? 3 pauvres films qui se battent en duel, et encore, sincèrement, pas de quoi battre un âne jusqu’à la mort avec des figues molles… Bah, j’ai commencé, j’vais aller au bout…
En plus, le 10 septembre pompe à lui tout seul deux des trois… Jouons la nous chauvin une nouvelle fois, bien que le « Mirrors » d’Alexandre Aja n’est pas ce qu’on peut appeler un film attendu ( voir pas un film français tout court, prod’ US oblige ). Déjà, je trouve que le frenchi est légèrement surestimé. Bon, va pour « Haute Tension », véritable bonne surprise hexagonale à une époque où le genre français tirait grave la tronche. Quoique, avec du recul, le twist final nous annonçait déjà un côté opportun pas des plus folichons. Mais peut on vraiment se gargariser autant avec son remake du très bancal « La colline à des yeux » de Mister Craven ? Faut pas oublier que l’original était plus proche du nanar que du film culte, et qu’il n’était donc pas si difficile de faire mieux… Alors quand on apprend que le nouveau machin du gus est un nouveau remake, et ce avant qu’il ne s’attaque à un troisième dans la foulée ( une version 3-D du « Piranhas » de Joe Dante. Pathétique. ), je trouve que sa crédibilité s’en prend un coup… « Mirrors » n’est que le reformatage version U.S. d’un film coréen, « Into the mirrors » de Kim Seong-Ho, vu par à peu près personne. Kiefer Sutherland y joue ( dans le remake, hein, pas dans l’original… ) un veilleur de nuit et ancien flic ayant causé la mort de son co-équipier. Allez savoir pourquoi, il garde un grand magasin qui a presque entièrement brûlé, et dans lequel les miroirs semblent cachés des trucs pas clairs… Ouuuhhhh… Aja a de la chance que notre mois soit tout plat de l’encéphalogramme, parce que en temps normal, je n’aurais pas misé une cacahouète sur son film qui s’annonce tout flagada…
Par contre, le même jour sort l’islandais « Jar City » de Baltasar Kormakur. Réalisateur du tout à fait
recommandable « Crime City » avec Forest Whitaker, le nordiste au nom imprononçable nous livre un thriller tout mystérieux tout plein, où un flic parti pour se taper une enquête des plus banales se retrouve à déterrer une affaire vieille de plus de quarante ans, qui le mènera dans cette fameuse Jar City, une sorte de banque génétique à l’islandaise, avec des bocaux pleins d’organes… L’Islande est un pays magique et incroyablement photogénique. Les paysages de « Back Soon », les parties islandaise de « Norway of life » de Jens Lien, sont des images qui ont marquées les rétines de votre serviteur. Et quand on sait que le film de Kormakur a été éclairé par le même chef op’ ayant travaillé sur la comédie de Solveig Anspach, on peut presque parier que le plaisir des yeux sera certainement encore au rendez vous. Après, pour le reste… Toujours la même rengaine : la bande annonce allèchante, un réalisateur ayant derrière lui une chouette carrière de metteur en scène pour le théâtre… Puis un détail qui intrigue : dans l’une des séquences du film, le directeur de « DeCode Genetics » joue son propre rôle lors d’une interview tourné comme un reportage. Il faut savoir que la société avait créé une vraie polémique en constituant un fichier génétique de 95% de la population d’Islande… Un thriller réaliste, le « Jar City » ? Apparemment, et c’est un des arguments qui me donne envie de me le faire…
Et voilà. Quoi ? Il en manque un ? Z’êtes sûr ? Attendez… Ah, oui, c’est vrai ça, manque « Parlez moi de la pluie » du tandem Bacri-Jaoui. M’enfin, bon, ceux là n’ont le droit de citer que par nostalgie. C’est vrai, ils nous ont tout de même pondu depuis 1993 « Cuisines et dépendances », « Un air de famille », « Le goût des autres », enfin, ce que le cinoche français a connu de mieux en comédie ! Mais d’un autre côté, tout cela ne s’est pas vraiment renouvelé… Toujours le même rôle pour les deux, Bacri qui tire la tronche et Jaoui en femme forte, de la solitude, de l’incompréhension, et cette méchanceté mesquine continuellement en filigrane, une formule certes chouette, mais qui avait commencé à montrer des signes de fatigue avec « Comme une image ». Et vu l’histoire de « Parlez moi de la pluie » ( la réalisation d’un documentaire sur une féministe qui se lance en politique, par une paire de bras cassés ), il y a de grande chance que rien ne soit nouveau sous le soleil des Jaoui-Bacri, si ce n’est la présence de Djamel, mais ça, j’sais pas si c’est une bonne nouvelle… Un film donc pour le confort, sans prise de risque, uniquement le plaisir de retrouver l’ambiance propre au couple le moins glamour du cinoche français, mais certainement le plus sympathique.
Cette fois, c’est la bonne. Oh, j’aurais pu parler du « Intrusions » de Emmanuel Bourdieu, un polar plein de blabla, du « Sel de la mer », film palestinien dont la bande annonce m’a tout de même interpellé, sortant tous les deux le 03/09/08, ou du nouveau Wong Kar-Wai, « Les Cendres du Temps », plein d’arts martiaux et de grands sentiments ( mais le réalisateur, lui, m’a toujours fait chié… ), qui sort la semaine suivante avec le premier film de Houellebecq, « La possibilité d’une île »… Seul « Entre les murs », la Palme d’Or du Festival de Cannes 2008 m’interpelle vraiment. Mais c’est le 24, et je vous en parlerai certainement plus longuement en temps voulu. Allez, moi, j’vais retourner me mater « Hellboy », histoire de patienter avant le 29 octobre…