« And the Winner is… » Sorties Ciné Juillet 08

Publié le par Wolf Tone

IL EST LA !!! On l’attend comme le messie, on en frémit d’avance, et il sera ENFIN là, le 23 juillet, ce géant vert… Pas celui qui vante du maïs en boîte ou des haricots tout pourri, non, « L’incroyable Hulk » de Louis Leterrier, yes, un frenchie à la tête d’un des blockbusters les plus attendu de l’année… Pour le coup, aucun doute n’est permis : les Marvel Films Studios ont clairement choisi leur voie. Après un « Iron Man » de très bonne facture, revenant à un esprit plus bon enfant, plus grand public, mais avec des qualités indéniables, le nouvel épisode du gars tout vert quand il s’énerve semble suivre la même logique. Exit donc Ang Lee et son approche trop intimiste, welcome Louis Leterrier, ancien assistant de Jeunet et Besson, et coupable des foutraques « Transporteur 1 et 2 », mais aussi du fort sympathique « Baiser du Dragon ». Bien que l’on comprenne le choix d’un réalisateur malléable et efficace, qui privilégie l’action, on a du mal par contre face à la disparition d’Eric Bana et Jennifer Connelly, respectivement remplacé par Edward Norton et Liv Tyler. Non pas que Norton soit un mauvais comédien ( loin, très loin de moi cette idée… ), mais le bonhomme ne colle pas spécialement à l’image que nous nous faisons du Docteur Banner. Par contre, perdre Connelly contre Tyler, c’est un peu passer de l’actor studio à la comédie française ; ça fait un peu peur… Reste une note d’intention rapprochant le film de la BD, un Tim Roth en Général Thunderbolt Ross ( remplaçant du coup Nick Nolte, autre preuve d’une volonté de rajeunissement sans perte de qualité ), et l’arrivée de l’Abomination ( sorte de géant vert maléfique ), le tout nous permettant d’espérer un film certes moins finaud que son prédécesseur, mais bougrement plus jouissif… Plaisir de geek en vue, « L’incroyable Hulk », d’après les premières sorties de projos, va certainement nous filer la trique à coup d’icônes et de bastons sauvages, et c’est bien bon !

 

Mais le gros tas de muscles radioactif n’est pas le seul film à se faire attendre… Notre bond dans le temps nous mène à la journée la plus chargée du mois, de celle qui nous fait bouffer un sandwich entre deux séances, et qui engloutie le budget ciné de l’été, le bien nommé Mercredi 30 juillet. Ce jour se cache un autre plaisir, un film avec un budget riquiqui pour des ambitions qu’on imagine sans peine bien supérieures. En dehors des vérités qui n’arrêtent jamais d’être ailleurs, des petits robots tout mignons, ou des slashers pour teenagers, il sort carrément du lot : « Surveillance » de Jennifer Chambers Lynch. Pas d’homonymie, mais bel et bien la fille du Grand Maître Lynch, l’artiste fou parti en live avec son « Inland Empire ». Et la Jennifer, elle aimerait bien, comme Sofia Coppola ou Asia Argento, devenir une véritable réalisatrice. Il y a tout de même 15 ans entre son premier film, « Boxing Helena », et « Surveillance », mais dans les deux cas, la filiation entre fille et père est évidente. Dans le premier, elle choisi Sherilynn Fenn ( l’éternelle Audrey Horne de Twin Peaks ) pour le rôle principal, nomme un des personnages Docteur Palmer, axe son film sur le parallèle rêve/réalité, parle d’amour impossible, de freaks… Mais massacré par une grande partie des critiques, le film sombre dans l’oubli, sa réalisatrice avec.
Jusqu’à l’arrivée de la bande annonce de « Surveillance », plus que prometteuse, et un casting très Lynchien : Julia Ormond ( Doris Side dans « Inland Empire » ), et Bill Pullman ( inoubliable dans « Lost Highway » ) se partagent la tête d’affiche. Papa Lynch va jusqu’à être producteur exécutif, ce qui laisse espérer une sorte d’aura artistique de papounet sur le métrage. Quant à l’histoire ( deux agents du FBI arrivent au trou du cul du monde pour enquêter sur une série de meurtre ), elle en devient presque secondaire, tant l’attente se porte bien plus sur l’identité qu’aura le bébé de Jennifer ( et si les premières images ne mentent pas, on risque d’en avoir pour notre argent ) que sur le scénario à tiroir ( trois témoins, trois points de vue ). Apparemment plus cru, avec une violence plus ancrée dans le premier degré, « Surveillance » est le genre de bande qu’on aimerait bien voir devenir la bonne surprise de l’été.

 

Alors j’en garde encore sous le coude, ayant donné la sale habitude de vous fournir quasiment un billet par jour, puis j’vais me faire « Hancock », tiens, pour vérifier que les très bons échos de la première semaine ne sont pas le produit d’un public conditionné… pouah, quelle prétention…

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Publié dans Sorties Ciné

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