« Dis chéri, tu t’en sors avec le mois de Mai ? » n°2

Publié le par Wolf Tone

Voilà, j’y suis, ça y est ! C’est dingue, j’fais une liste non-exhaustive pour un seul mois, et je mets trois plombes pour la finir. Et pour si peu, en plus …
On va d’abord se pencher gaiement sur le cas « Chrysalis » de Julien Leclercq. Une histoire comme on les aime, celle de Julien : autodidacte, bosseur, il en chie pour faire« Transit », son premier court autoproduit ( avec tout de même Pierre Richard, Caroline Cellier, et cette superbe trogne de Philippe Nahon ), se fait remarquer par Gaumont, et se retrouve avec un budget de 8.7 millions d’euros pour faire un policier futuriste. Et moi de dire « Whoua ! Respect ! », oui, j’avoue, j’en reste pantois… Puis vient le film, et de nouveau cette sensation bizarre qui semble se coller à chaque production de SF française… Celle qui nous fait penser que le gars n’a pas digéré ses influences ( Leclercq a dû filmer en regardant « Minority Report » tout les soirs ), celle d’être face à un bien chouette exercice de style sans âme ( c’est ultra chiadé, mais ultra froid, puis le coup de l’effet sonore à chaque passage d’un mur, d’une porte, c’est connu depuis le 1er « Evil Dead » ). Puis son histoire de kidnappings de nanas de l’est, étroitement liés à une grosse boîte de chirurgie d’esthétique réparatrice, bah, ça sent le réchauffé dés le départ. Reste un sens évident du cadre ( ce qui ne veut pas dire de la mise en scène ), un Albert Dupontel bien tendu ( mais on pourrait demander à ce gars de jouer une huître qu’il serait capable d’avoir un Oscar ), et une baston sur deux qui arrive à nous faire oublier le chorégraphe derrière tout ça. Mais il est étonnant de voir qu’un Audiard, ou un Marchal arrivent à nous pondre de très bon polars, alors que tout semble sonner faux dés que l’élément SF rendre en jeu. Bah, d’un autre côté, c’est un premier film, alors on va attendre…
Bon, on va pas s’éterniser sur le suivant, « Dead Silence » de James Wan, le mec derrière le 1er Saw ( le seul qui était un tant soit peu rigolo ) et le truc ambigu « Death Sentence » avec Kevin Bacon en justicier. « Dead Silence », c’est à peu prêt rien. Sauf, peut être, le film à montrer à la nana que vous voulez vous emballer, et qui a eu la trouille de sa vie devant « Hantise » de Jan de Bont. Une histoire de fantôme passant par le biais de marionnettes pour tuer des gens, blah, blah, blah… On a droit à un héros, Ryan Kwanten, dont j’ai rien à dire, un flic exaspérant, Donnie Wahlberg, qui se rase tout le temps avec un truc électrique en sortant des répliques top drôle de série pour ados dégénérés, et une capacité sidérante à laisser le trouillomètre en dessous de 0. Oui, sauf pour la fille sus ( ? ) citée. C’est pas drôle, ça fait pas peur, et mise à part les marionnettes, à peu prêt tout a été foiré. Même l’affiche fait « Chut, parler pas de moi ! ». Alors kekchose à ajouter ? On est bien d’accord.
Reste un film, le « Rescue Down » de Werner Herzog. Là, vous pouvez me jeter des pierres, je l’avoue, je me confesse : je n’ai vu ni son « Aguirre, la colère de Dieu, ni son « Fitzcarraldo ». Mais son remake du « Nosferatu » de Murneau avec Adjani m’avait bien traumatisé. Faut dire que je l’ai vu gosse devant ma vieille télé noir et blanc… Me voilà donc obliger de ne parler que du film, et c’est peut être pas plus mal, parce que je trouve qu’il pose une sacré question : l’adaptation d’une histoire vraie nous oblige t elle à une fidélité constante ? Paul Greengrass nous a prouvé que c’était tout à fait possible, avec ces deux bombes que sont « Bloody Sunday » et « Vol 93 ». Mais pour Herzog, était ce le bon choix ? Et plus encore : a t il fait réellement le choix ? L’histoire de Dieter Dengler ( Christian Bale forever ! ), aviateur américain prisonnier au Laos, qui parvint à fuir ses geôliers est effectivement exceptionnelle. Herzog y avait déjà consacré un documentaire, il connaît donc bien son sujet. Mais jusqu’à l’évasion, on le sent entre deux films, deux manières d’aborder son sujet. D’un côté, un cinéma vérité qui nous montre les Laotiens, leurs camps, et à quelques rares moments, leurs manières de vivre. Puis de l’autre une mise en scène plus conventionnelle, avec une caméra qui ne se cache pas, à la différence de celle de Greengrass qui sait se faire oublier. Puis il y a ses longueurs inévitables : la vie des prisonniers nous semblent bien plus chiante qu’atroce, le temps s’écoule, l’évasion se prépare sans anicroches : un manque de ressorts dramatiques qui nous empêchent d’accéder à l’empathie. Il nous faudra attendre l’évasion puis l’errance de Bale pour entrer dans le film. Mais là encore, quitte à me faire huer, la représentation de la jungle comme danger potentiel était bien plus forte dans le « Prédator » de Mc Tiernan que dans le film d’Herzog. Quant à la fin, hollywoodienne en diable, elle glorifie tellement son héros qu’elle est presque en opposition avec le reste du métrage… Film déroutant, parfois chiant, parfois intrigant, rarement prenant, il est surtout une preuve de plus que Christian Bale est un immense acteur.

P.S. : Herzog semble être parti pour nous faire un remake du chef d’œuvre de Ferrara « Bad Lieutenant », avec Nicolas Cage à la place de Harvey Keitel. Voilà. Ca mérite bien un cocktail Prozac/Lexomil/pastis comme news, non ? Monde de merde…

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Publié dans Sorties DVD

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