Vendredi 31 octobre 2008 5 31 /10 /Oct /2008 12:17

Le mythe est tombé… Maintenant, n’importe quel gus connaît la gueule à Wolf Tone, plus de mystères, le maître est redevenu humain, terriblement humain… Alors quoi ? Plier bagage et se refaire une image ailleurs ? A quoi bon, mes frères et sœurs sont ici, ils ne demandent qu’à mieux vivre à mon contact, qu’à apprendre de l’homme derrière le pseudo, de se frotter à son quotidien…

Alors j’ai décidé de rester. Que voulez vous, vous couper de toutes ces connaissances uniquement parce que j’ai fait tomber le masque serait d’un égoïsme profond. Puis mon ego ne supporterait pas longtemps votre absence… Venez donc, suivez moi au plus près, dans mes déboires cinéphiles, mes questions existentielles, apprenez à mon contact, oui, je vous le permets…

 

Je savais, en me levant ce vendredi 28 octobre, que ma vie allait changer, imperceptiblement, prudemment, mais indéniablement changer. Dans mon sac à dos, après avoir bu mon cocktail quotidien de pastis / prozac au doux son de Sick of it all, j’ai glissé mon éternel Mad Movies aux côtés du dernier numéros des « Cahiers du Cinéma ». Ainsi allait être la philosophie de Wolf Tone, dans ce mariage improbable entre mon cerveau d’intellectuel parisien et mes tripes de guik’s. Et ce fut d’un pas décidé, après avoir bu un picon bière et mangé un kebab, que je pris une place pour le « Dernier Maquis » de Rabah Ameur-Zaimeche. Pour prendre le pouls d’un ciné français qui, trop régulièrement, m’avait fait chier à en mourir… Et j’en ressortis heureux. Heureux de voir qu’un sujet aussi brûlant que la place de l’islam dans le monde du travail pouvait être traité par chez nous sans démagogie à outrance, avec simplicité et humanité. Dans une mise en scène fluide, voire troublante ( beaucoup de plans nous montrent la valse incessante des caristes au milieu de milliers de palettes rouges, sorte de chorégraphie sensuelle dans le cadre morose d’une zone industrielle, et parviennent à rendre beau le quotidien de bêtes de somme ), Ameur-Zaimeche reste à hauteur d’homme, ne juge aucun des personnages, pose sa caméra et se filme en Mao, patron d’une PME qui décide de mettre à disposition de ces employés une mosquée afin d’augmenter sa main mise sur eux.


Et notre homme nous donne une véritable leçon d’humilité et d’intelligence : en français d’origine algérienne, il nous prouve que la réflexion sur les musulmans, sur l’Islam, est possible. Dans une époque trouble où la religion semble intouchable en tant que sujet social, il remet les pendules à l’heure : c’est l’homme, le problème, pas Dieu. De son personnage de Titi, tout frais reconverti qui se croit capable d’être Imam, à Mao, patron entre manipulation et croyance, il se refuse à mettre les méchants d’un côté et les gentils de l’autre. Il y a des ouvriers pauvres, des clans, des barrières sociales, et la difficulté d’y insérer Allah. Le tout en douceur, en beauté et avec une immense tendresse…

 

 

 

Me voilà donc revigoré, persuadé d’être sur la bonne voie, Wolf Tone va nager la brasse du chien au milieu de tous les cinémas, répandra la bonne parole, et pour prouver que le grand écart est une discipline où il excelle malgré ses 63 ans, il se jette dans la marée des Zombies avec joie et allégresse… Vous avez eu le compte rendu de la 1ière Marche des Zombies, mais je vous offre un ultime reportage, une preuve que Wolf Tone n’est pas un humain comme les autres… Cliquez sur le lien menant à la vidéo, le Maître est dans la place….

 

http://www.scifi-universe.com/actualites/7579-zombie-day-la-marche-des-zombies-.htm

 

 

Une fois mon ego surdimensionné abreuvé de flashs et de caméra, j’ai pu reprendre une vie normale, à savoir regarder « La Momie 3 », sympathiquement sympathique pour les soirs de grande solitude, ou « Carlito’s way », aka « L’impasse » de Brian de Palma. Ah, le dernier grand film de ce pourtant immense réalisateur… Sorti en 94, juste avant le début de la fin que fut « Mission : impossible » en 96, « Carlito’s Way », avec un casting de ouf’ ( Al Pacino, Sean Penn, et un Viggo Mortensen improbable et déjà excellent ), contient une des scènes les plus tendues du slip du cinéma américain : Carlito Brigante / Al Pacino accompagne à sa sortie de prison son jeune neveu à une transaction dans un bar pourrave. Carlito sent le piège, Brian de Palma nous tient par les coronès pendant presque 10 minutes, et rappelle au monde entier que le Maître est vivant, avant de nous pondre son polar High-Tech sans âme. Depuis, le monde l’attend toujours, mais perds patience…

 

Reste qu’hier, je suis retourné dans les salles noires pour poser de nouveaux jalons à ma renaissance  ( c’est français, ça ? ) : non, pas de « Quantum of Solace », ni de « Mesrine » et autres joyeusetés, mais « The visitor » de Thomas McCarthy. Pourquoi ? L’affiche. C’est con, mais ça faisait des lustres que je ne m’étais pas renseigné sur un film à coup de bande annonce, critiques et autres articles, avant d’aller le voir. La joie de découvrir une œuvre sans rien en savoir, voilà un plaisir que je ne connaissais plus… Et une nouvelle fois, Wolf Tone fut heureux. Z’êtes heureux que je sois heureux, non ?

 

 

 

Walter Vale est un professeur d’économie du Connecticut chiant à mourir. Il prend des cours de piano sans y croire, donne des conférences parce qu’il ne peut pas faire autrement, bref, il s’emmerde comme pas deux, jusqu’au jour où il trouve un couple de clandestins dans son appartement de New York : la sénégalaise Zineb et le syrien Tarek. Sans trop savoir pourquoi, Walter va les héberger, et reprendre goût à la vie en apprenant à jouer du djembé.

Film gentiment dénonciateur d’une politique américaine de plus en plus répressive à l’encontre de ses immigrants, ce « Visiteur » est au singulier. Ca paraît débile comme précision, mais elle montre l’axe choisit par McCarthy : le véritable visiteur est Walter, qui sort de sa réserve toute anglaise pour s’émanciper dans un univers où Fela remplace le classique, où le costard / cravate gêne pour faire de la zique, et où surtout, l’absence de green card est un enfer assuré. Filmé presque entièrement autour du professeur, « The visitor » démarre donc très, TRES doucement, risquant de laisser de marbre le spectateur. Mais c’est ce qui rend si touchant la lente ouverture au monde de Walter, et amère sa découverte des injustices d’un système qui bug depuis le 11/09. C’est aussi ce qui donne toute son importance à la musique. Autre personnage à part entière du métrage, elle sert de pont, de thérapie à ces deux hommes qui ne se seraient jamais parlé sans elle. Fraîche, vivante, elle donne au film ses meilleurs moments, comme ce concert dans Central Park, où Walter goûte pour la première fois à un laissé aller revigorant. Mais MacCarthy finit tout de même par nous livrer plus un conte pour adulte qu’un film politique. Un peu à la manière du Ken Loach de « My name is Joe », il mélange amitié, amour et social, allégeant un propos lourd de sens par le choix de mettre définitivement au centre de son intrigue un naïf qui ne connaît le monde qu’à travers ses livres. Choix qui frustre quand à la profondeur de son message social, mais qui apporte une grande tendresse. Erreur ? Il est peut être préférable d’apporter du sentiment humain dans un contexte si froid. De plus, McCarthy est, lui, loin d’être aussi naïf : sa fin est logique, donc bouleversante. Et si le film avait été plus rugueux, plus ancré dans la vérité, comment alors aurions nous pu avoir un plan final si fort et porteur d’espoir ? « The visitor » n’est peut être pas le meilleur des films sociaux, mais il n’en demeure pas moi un excellent petit film débordant de vie et d’humanité.

 

 

Voilà donc mon vrai visage. Je sais que certaines d’entre vous risquent de craquer pour tant d’ouverture d’esprit, mais sachez que je suis l’homme d’une seule femme. Et oui, une Louve a la chance de m’avoir trouvé avant vous toutes… Toute fois, laissez vos photos en commentaire. Et le montant de votre salaire. On peut rêver, non ?

 

Par Wolf Tone - Publié dans : Sorties Ciné
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