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Ca commence franchement à ressembler à un grand marché, un bon gros appel à la consommation. Pourtant, je suis un bébé-Star Wars, je suis venu au monde un jour de juillet 1982, lorsque enfin mes parents m’amenèrent voir ce putain de film que tant de gosses avaient vu avant moi. Un choc ? Une illumination. Et cette immense découverte allait dicter mes choix cinéphiles jusqu’à aujourd’hui. Comme il m’en a fallu, du temps, pour m’ouvrir à ce qui s’est passé AVANT, et ne plus me jeter sur toutes les sorties possibles et imaginables…
Mais là, ça commence à faire un peu trop. Je
suis au bord de l’overdose. J’aspire à plus de finesse. Parce que à force, d’une part, de chroniquer tant de films décevants et creux, et d’autre part, de replonger ou découvrir des chefs d’œuvre
du 7ième art, j’éprouve de plus en plus de difficulté à trouver le même intérêt dans ces pellicules formater pour l’évasion. Mon dernier billet sur les sorties ciné d’octobre s’était
arrêté au mercredi 15. Hier est sorti le premier volet du diptyque sur Mesrine. Une énième biographie sur un destin exceptionnel, avec aux manettes Jean François Richet. L’attente, ici, peut être
plus logique. Cet homme a définitivement une approche politique du ciné ( « Etat des lieux » en 95, « Ma 6-T va crack-er » en 97, et sa relecture assez réussi du
« Assaut » de John Carpenter en 2004 ). Mais est ce pour autant que Richet parviendra à passer outre le simple portrait d’une gueule de l’Histoire française ? N’oubliez pas que je
me suis rematé le bijou de Arthur Penn, « Bonnie and Clyde », il y a très peu de temps. Non pas que je compare le funeste destin du gang Borrow avec celui, tout aussi passionnant, de
l’ennemi public n°1, mais je doute sérieusement que Richet arrivera à créer une aussi forte résonance, pourtant primordiale avec notre époque où la violence et le refus de l’ordre établi devient
une dangereuse banalité…
Restera alors le mercredi 29, avec sur le devant de la scène deux grosses machines, le bancal « Hellboy
II » ( allez faire un tour sur mon compte
rendu d’avant première, moi j’peux plus, ça me fait trop mal… ), et le ttttrrrrèèèèssss attendu ( trop ? ) « Quantum of Solace », dernier né de la saga James Bond. Passionnant,
non ? A moins que vous ne préfériez le grand retour d’Oliver Stone avec un sujet so polémique, « W – L’improbable Président » ( au fait, c’est bien volontaire si je n’ai pas parlé
du « Being W. » de Karl Zero : ce mec porte de mieux en mieux son nom… ). C’est vrai qu’il faut en avoir une sacré paire pour tirer sur un mourant… Véritable fixette de Stone (
« JFK », « Nixon » et aujourd’hui Bush ), la fonction de président a été décortiquée, tordue, analysée et jetée à la baille par une masse impressionnante de cinéastes
ricains ( Altman et « Secret Honor », Otto Preminger et « Tempête à Washington », Frankenheimer avec « Sept jours en mai », voire même Kubrick et son Folamour… ).
Qu’espère donc Stone en dressant un portrait au vitriol d’un homme mort depuis longtemps politiquement ? Aidé Obama à atteindre Washington ? N’oubliez pas l’atroce « World Trade
Center » et son patriotisme mielleux fleurant bon l’opportunisme. Et hormis un « Tueurs nés » des plus tendancieux à mes yeux, et ces deux films sur le Vietnam (
« Platoon » et « Né un 4 juillet » ), Oliver Stone est un réalisateur sur-estimé, un très bon faiseur mais un auteur très moyen.
Peut être faisons nous fausse route. Peut être, plutôt que de coller aux basques des médias qui nous ont
vendu un maladroit réquisitoire ( « Entre les murs » de Cantet ) comme un chef d’œuvre de film social, il aurait fallu plus parler d’un « Silence de Lorna » des frères
Dardenne, ou du « Versailles » de Pierre Schoeller. Peut être faut il ne rien attendre de précis, aller voir des films sans trop d’espoir. Le « Phénomènes » de Shyamalan fut
une bouse d’autant plus atroce que j’y avais mis beaucoup d’attente. Et je me suis fait de nouveau avoir, lorsque j’espérais voir Meirelles remettre les pendules à l’heure avec son
« Blindness », qui s’avéra être tout aussi ampoulé et prétentieux, ce qui relève de l’exploit. Et si même ceux que je suis avec amour ( Del Toro et Gondry ) se mettent à tourner en rond
et à se contenter de recycler leurs propres filmographies, mierda, que faire ? Tenter le coup du côté du « Dernier maquis » de Rabah
Ameur-Zaïmeche ( sorti le 22 octobre ). Ou des « Bureaux de Dieu » de Claire Simon ( prévu le 5 novembre ). Mettre de côté mes envies d’évasion, mon rejet de ce cinéma français qui m’a
bien plus souvent fait chier que réfléchir. Et partir en éclaireur…
… promis, juré, je vous tiendrai au courant, style journal de bord d’un guik’s dans une autre dimension…
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