Présentation

COME ON, MOVE YOUR ASS !!!!

Créer un Blog

Calendrier

Mai 2012
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>
Dimanche 25 mai 2008 7 25 /05 /Mai /2008 19:29

Georg est un policier intègre et apprécié. Pour ceux qui l’entourent, il a même la chance de vivre une vie de famille harmonieuse avec sa femme Anna, tandis que leurs deux enfants semblent grandir épanouis dans leur jeune vie. Un couple au vernis parfait, cachant un enfer conjugal : Georg subît de plus en plus souvent les accés de violence d’Anna…

Jan Bonny est un équilibriste. Il nous sert un film apparemment sur la violence conjugale, pour nous montrer la vie dans ce qu’elle a de plus atrocement banal. Crions bravo à ce parti pris de vouloir nous montrer l’homme battu, car grâce à lui, il dessine tout autre chose.  « L’un contre l’autre » n’est pas la simple réponse à « L’âme des guerriers » de Lee Tamahori. Bonny nous entraîne bien plus loin, pose bien plus de questions, mets le doigt sur ce qui fait mal, bien au delà des coups. Tamahori nous demandait : comment vit on la violence, et tentait par petites touches de nous dire pourquoi nous la faisons subir. Bonny nous demande plutôt : pourquoi sommes nous violents, et du coup, nous pousse beaucoup plus loin : qu’est ce que réussir sa vie ? Dans notre société, peut on vivre heureux en vivant caché ? Peut on fuir ad vitam les pressions, les angoisses, les responsabilités ? J’ai voulu frappé Georg à mon tour, non pas à cause de sa passivité face aux coups d’Anna, mais à cause de cette trouille inouïe d’assumer sa vie. Nous sommes très rarement les seuls fautifs dans le naufrage d’un couple : nous nous y mettons bien souvent à deux.

Par je ne sais quel miracle, Jan Bonny nous immerge dans une cellule familiale en pleine crise, et arrive à nous faire sentir tout le passé, tous les actes qui l’y a jeté. Nous sentons la lente déchéance, la flagellation constante de cette larve de mari, l’ego blessé d’Anna à force de vivre dans ce qu’elle considère être une existence de médiocrité, tous ces éléments qui ont dû pourrir, larvé dans leur foyer, leurs travails, nous sentons que tout cela date de bien des années. Depuis quand n’ont ils plus baisés ? Combien de repas avec la famille d’Anna, Georg a t il dû supporter ? Les retours le soir au foyer, avec leurs lots de « Comment s’est passé ta journée ? ». Bonny est de l’école de Haneke, il nous donne à voir ce que nous risquons de devenir, voire même ce que nous commençons à être, sans le moindre compromis. Il nous fout la gueule dans le pouvoir destructif du « jusqu’ici tout va bien », il nous fait ressentir la honte, la tristesse, la colère, de n’être ni plus ni moins que de simples êtres humains. Quel pauvre con que ce Georg, n’est pas ? Le réalisateur lui attribue tant de lâcheté, de faiblesse, de mièvrerie, qu’on aurait dû se ranger du côté de cette Anna qui le frappe en lui criant : « Pourquoi TU ne me frappes pas ? Pourquoi tu ne réagis pas ? ». Mais nous ne voulons pas. Pas pour ne pas l’accabler plus. Simplement parce qu’il est vrai dans ses actes. Il est humain. Son inaction, poussée à l’extrême par Bonny, c’est la notre, au quotidien, dans tous ces manques de réactions qui nous font si souvent dire : « Là, je me suis fait baisé la gueule ».

La vie est dure, qu’on la vive seul, à deux, ou en famille. C’est un combat, jour après jour, de devoir accepter que nous allons faire du mal à autrui par la force des choses. Que parfois, ne pas le faire serait l’abandonner. Que parfois, nous VOULONS faire mal. Notre société est tellement chargée de jugements, et la vie de mises à l’épreuve, que nier l’évidence de la violence, nier qu’il y a deux clans, les faibles et les forts, c’est nier la vie elle même.

Jan Bonny lui même joue le jeu : il nous file une grande claque pour ne pas oublier que vivre est une épreuve.

Par Wolf Tone - Publié dans : Critique Cinéma
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 23 mai 2008 5 23 /05 /Mai /2008 11:43

Premier message pour une nouvelle catégorie : « Coups de gueule ». Celui ci vient de Manue from Marseille : c’est concis, simple ( trop ? ), et mérite d’être clair. A vos commentaires !

 

Minute  de réflexion :
Pour  toutes les "vaches à lait de Belgique, de France" mais aussi de toute
l'Europe.
Un  peu d'histoire:

1-  En l'an de grâce 2000 après JC nous avions :
1  Dollar = 1.20 Euros
1  Baril de Pétrole = 60 Dollars
soit  le Baril = 1,20 x 60 = 72 Euros
et  on payait 0,82 Euro le litre de gasoil.

2-  De nos Jours à la mi-mars 2008 après JC nous avons :
1  Dollar = 0.65 centimes d'Euro
1  Baril de pétrole = 110 Dollars
soit  le Baril = 0,65 x 110 = 71,50 Euros
et  on paye 1.25 Euros le litre de gasoil....

On  ne serait pas en train de se faire rouler dans la farine  ?

Alors  très chères "Vaches à lait" viendra le jour où le dollar remontera
et là je ne  vous dis même pas !

On  est des "Vaches à lait" mais on n'est pas con !!!!!!

Par Wolf Tone - Publié dans : Coups de gueule
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Jeudi 22 mai 2008 4 22 /05 /Mai /2008 23:41

Un « Indiana Jones » ne se résume pas. Je ne vais pas vous injurier en vous racontant les 3 derniers épisodes. Et ceux qui ne savent pas ce qui s’est passé avant, n’iront certainement pas voir ce 4ième film. Moi, Indy, c’est mon vieux pote, c’est le mec qui me file la patate rien qu’en prenant son chapeau avant de parcourir le monde…

Alors,  aujourd’hui, j’étais prêt. Mes lunettes avaient été lustrées 3 fois, j’avais choisi ZE salle, le Max Linder, ce qui veut dire projection numérique, son numérique, orgasme numérique. D’ailleurs, j’avais pris soin d’embarquer un caleçon propre. Le couteaux entre les dents, j’avais lâché une caisse phénoménale, et cela porta ses fruits ; personne autour de moi à moins de 10 mètres. « Tatatataaa, tatataaaa… », ne pouvait s’empêcher de chanter mon cerveau en manque. Car oui, mes frères, mes sœurs, cela faisait prêt de 20 ans que l’archéologue au nom de chien ne nous avait plus gratifié de son sourire ravageur et de ses coups de fouet… Putain, 20 ans, 100 visionnage des « Aventuriers… », 50 de « La dernière croisade… », mais juste 4 ou 5 doses de « Temple maudit ». Ben vouais, alors que les internautes, les geeks se vautrent dans le dithyrambique sur le second volet, moi, je le trouve incohérents et mal foutu.

BREF, le silence se fait en même temps que le noir, la légendaire montagne de la Paramount apparaît sur l’écran aussi grand que mon appartement et… se transforme en monticule de terre d’où émerge une taupe !!! COMME DANS L’ANCIEN TEMPS !!! « L’exercice de la Montagne d’ouverture », comme le dit Mad Movies !!! Mon « Tatatataaa… » monte d’un cran, et Spielby nous confirme d’emblée, avec une scène à la « Américan Graffiti » que c’est un putain de nom de dieu de merde de réalisateur… Une cabriolet avec des jeunes totalement fifties qui provoquent un bidasse à la course, c’est quoi, si ce n’est qu’une mise en bouche, un truc de scénar’ vide pour sentir bon l’insouciance ? Ben c’est une leçon de mise en scène d’un des plus grands cinéastes que la Terre, l’Univers n’est connu…

J’vais pas vous raconter l’histoire, ça mettrait trois plombes, et ça servirait pas à grand chose. Disons juste que le tandem Lucas/Spielberg délaisse les Nazis et plonge dans la guerre froide ( ce qui donne droit à toute une série de clin d’œil aux vieux films de SF ou d’aventures sortis en pleine guerre froide ), et que le ton général nous laisse peut d’espoir de revoir Indy dans les années à venir. Mais je ne peux pas non plus vous mentir tout du long : même si j’ai eu la banane de l’ado décervelé devant des images de ouf’ pendant une grande partie du film, j’ai connu aussi le regard vide des fans déçus…

Parlons du pire, car il existe, et je suis intimement persuadé qu’il a pour source notre bon vieux Georges Lucas, le mec qui a flingué sa trilogie interstellaire tout seul comme un grand. En vrac, il y a Shia Labeouf ( ce mec mérite le respect de la terre entière à s’accrocher à un nom aussi débile ) jouant à Tarzan avec des singes rouges faits en mauvais CGI ; des Incas ultra bien foutus, mais flingués ultra vite ; des dialogues qui n’en finissent pas au milieu du film, le tout pour nous pondre une déduction digne d’un Derrick suisse ; un John Hurt sous-sous-sous-employé ; des méchants qui n‘ont pas le début du charisme des précédents ; mais surtout, SURTOUT, l’évocation, en une seule ligne de dialogue, de deux personnages symboliques de la série, Brady et Henry Jones Senior ( papa Indy pour les ignares du fond de la salle ). CA, ça mérite le courroux, c’est une honte, un blasphème…

Alors pourquoi, mes chers amis, devriez vous débourser 10 euros ? Parce qu’il y a une course poursuite entre Indy et son fiston et les bad guys russes qui se termine en plein cœur du Marshall College ; parce qu’il y a un combat au sabre sur deux caisses roulant à fond dans la forêt amazonienne ; parce que Ford/Indy est égal à lui même, cabotin, tête de lard et casse cou ; parce que Shia Labeouf tient là son meilleur rôle en fils Jones. Parce que Marion Ravenwood is back ! Marion, la tenancière perdue au fond de la Mongolie dans « Les aventuriers… » ! Rhaaa, Marion… D’ailleurs, leurs retrouvailles fera certainement parties des meilleurs moments de l’ensemble de la série.

Et planant au dessus de tout, Spielberg le magnifique, celui qui fait rêver, qui rend jouissives les cascades les plus incroyables, avec ce petit je ne sais quoi qui fait de ces prouesses des perfections cinématographiques… Spielberg n’a jamais été meilleur que lorsqu’il redevient un gamin avec ces gros jouets. Et dans « Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal », des jouets, il en a des vraiment chouettes.

Alors ok, le scénar’ est un peu bancal, certaines idées sont carrément ridicules, mais… Imaginez : une voiture militaire conduite par des russes s’arrête dans une base US dont les gardiens ont été tués. Ils sortent du coffre un homme, puis, après avoir jeté un feutre sur le sol sablonneux, ils en sortent un deuxième, que nous ne voyons que de dos… L’ombre du feutre se dessine sur le capot de la voiture, l’homme se baisse pour le ramasser, John Williams entame les première notes répétitives annonçant le « Tatatataaa… » de mon enfance, et Indy se relève en ajustant son chapeau.

Mon froc est trempé, la banane me traverse le visage, le cinéma a disparu, le rêve commence…

Par Wolf Tone - Publié dans : Critique Cinéma
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires
Mercredi 21 mai 2008 3 21 /05 /Mai /2008 18:28

« Ciao Stefano », meilleur film italien au Festival de Venise 2007. « On n'avait pas vu une " comédie à l'italienne " respecter aussi fidèlement les traditions, cibler avec une ardeur renouvelée un noyau de bourgeoisie implosée. », dixit Positif. C’est gênant à force… D’abord, parce que je ne veux pas descendre le film de Gianni Zanasi. C’est sympathique, ça fait sourire, ça détend, et de temps à autres, ça donne même quelques séquences clippées du meilleur effet. Mais il sert à quoi ? Je prends mon pied sur « IronMan » sans le moindre début de honte, je m’esclaffe devant un bonne série B à la « Slither », je suis donc ce qu’on pourrait appeler un très bon public. Un mec pas compliqué. Mais même dans la déconne, je suis exigeant. « Ciao… » m’a t il fait rire ? Réfléchir ? Emu ? Non. Et pourtant… Valerio Mastandrea ( déjà vu dans « Le Caïman », l’escroquerie de M. Moretti ), le Stefano en question, porte presque le film a lui tout seul, tant il est effectivement touchant en trentenaire paumé. La famille qu’il retrouve au bord de l’implosion est assez attachante, elle aussi, le ton léger… Mais aucun enjeu ne nous tient un tant soit peu accroché au film. L’avenir de l’affaire familiale ? Le divorce du frangin ? Les secrets de famille ? Des éléments d’une histoire que Zanasi semble ne vouloir que survoler, caresser. A trop aimer ses personnages, nous avons l’impression qu’il se refuse à les bousculer.

Puis il y a l’accumulation de situations, de conflits ( léger, hein, parce que sinon… ), une enfilade de séquences sans but : une vie presque entière se tenant en quelques pauvres jours ? Semaines ? On ne sait pas trop. Les personnages les traversent sans trouver de réponses, en ne réagissant qu’à moitié, ce qui veut certainement dénoncer la perte de repères des trentenaires de notre époque. Va falloir nous lâcher avec l’errance sympathique des gens sympathiquement paumés. Du drame, du rire, des questionnements, oui, mais de l’errance pour de l’errance…

Non, tout compte fait, « Ciao Stefano » est tout juste un film sympathique, vite vu, vite oublié. Dire que je voulais pas le descendre…

Mise en mode chieur. : un jour, peut-être, nous aurons droit au cinéma à un « faux » concert de punk un tant soit peu crédible. Je ne demande pas qu’on nous refasse « Rude Boys » à chaque fois, mais faire jouer devant trois cons un groupe qui soit disant fait les couvertures de magasines spécialisés, ou faire slamer un chanteur pour qu’il se ramasse la gueule ( trop drôle, le gag ), ça commence à me les casser dru. Fin du mode chieur. 

Par Wolf Tone - Publié dans : Critique Cinéma
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 20 mai 2008 2 20 /05 /Mai /2008 20:14

Certains films, au-delà de leur beauté formelle et scénaristique, sont de véritables témoins d’une époque, des pierres angulaires dans l’histoire du cinéma. Décortiqués,analysés,encensés, ils resteront à jamais dans le panthéon du 7ième Art. Parfois, lorsque le temps me le permettra, j’essaierai d’en choisir un, pour le présenter, et surtout pour donner envie à ceux qui ne les connaîtraient pas, ou qui les auraient injustement oublié, de les voir. Bien entendu, des livres entiers leurs sont souvent consacrés, et je n’ai pas la prétention de faire mieux. Je veux simplement essayer de partager l’amour que je leur porte. « Pat Garrett and Billy the Kid » fait parti de ceux là.

 

Le contexte

 

Il y eu une époque bénie entre toute dans la production Hollywoodienne. Acceptons qu’elle débute avec le « Bonnie and Clyde » d’Arthur Penn ( 1967 ) et qu’elle se termine avec les « Portes du Paradis » de Michael Cimino ( 1980 ). Une période qui n’a pas d’égale dans l’histoire du cinéma mondial, bien loin devant notre Nouvelle Vague nationale. Un cinéma engagé, un cinéma miroir d’une des tranches d’histoire les plus noires qu’ait connu les U.S.A. De la guerre du Vietnam, du scandale du Watergate, des émeutes raciales, du premier choc pétrolier, naquirent une tornade créatrice outre-atlantique phénoménale. Little big man, La horde sauvage, French Connection, Taxi Driver, Apocalypse Now, L’exorciste, Marathon Man, Massacre à la tronçonneuse, Le Parrain, Les Homme du Président et des dizaines d’autres furent réalisés par les chiens fous qu’étaient alors les De Palma, Friedkin, Scorcese, Coppola, Cimino, aidés par ces autres monstres sacrés, leur alter ego devant la caméra : Al Pacino, Robert de Niro, Gene Hackman, Dustin Hoffman, James Coburn, Warren Beatty…

 Mais certains réalisateurs, déjà bien installés, perçurent le tremblement de terre et participèrent à créer un pont entre les productions fastueuses des studios mourants du milieu des années 60 et leur renouveau du début des années 70. Parmis eux, Don Siegel, Robert Aldrich, et surtout Sam Peckinpah. Peckinpah, l’homme qui se servit d’une autre figure de l’Hollywood des anciens temps, le western, pour nous parler de l’homme de ces années violentes, aussi bien physiquement que psychologiquement.

 Dans le western classique, la violence était une action tournée vers l’extérieur, vers la nature dangereuse de l’Ouest à conquérir, les indiens à combattre, ou les hors la loi prêts à tout pour vous prendre ce que vous aviez si durement acquis. Elle était acceptable, car juste. Peckinpah allait remettre les pendules à l’heure : son héros doute. Il n’a plus de frontières à repousser, l’ennemi est somme toute partout, et cette fameuse ligne entre le bien et le mal ne se trouve alors plus en dehors du héros, mais en lui. De plus, le réalisateur sent bien qu’il est hors du temps, qu’il est un dinosaure, comme ce vieux  shérif dans « Coups de feu dans la Sierra », obligé de convoyé de l’or pour gagné sa croûte. Peckinpah, c’est le vieil adepte du duel à l’ancienne confronté aux snipers qui tuent sans laisser la moindre chance à leur victime. C’est ce parrain du grand banditisme confronté à la férocité des caïds de banlieues. Et « Pat Garrett et Billy le Kid » est certainement le film clé pour comprendre au mieux la dualité et le désespoir de celui qui fut un des plus grands réalisateurs du 20ième siècle. Chef d’œuvre absolu, film crépusculaire à la beauté formelle et narrative époustouflante, « Garrett… » est le film d’un cinéaste au sommet de son art.

 

                                 L’homme Peckinpah

 

« Sam était comme moi un sacré fils de pute et ne pouvait fonctionner dans un système aussi rigide que celui d’Hollywood » ( Monte Hellman, entretien Cannes 1988 ).

 

Violent, autodestructeur, pervers et alcoolique : voici comment beaucoup parlait de Sam Peckinpah. Principalement connu du grand public pour « La horde sauvage », « Guet-apens » ou « Chiens de paille », il réalisa tout de même 14 films en 17 ans, de 1961 à 1978.Vilipendé par une partie des critiques qui ne voyaient en lui qu’un adepte de la violence gratuite et de la complaisance, adulé par d’autres qui le considéraient comme étant le pont parfait entre le classicisme d’Hollywood et son nouvel âge d’or des années 70, il fut la terreur des studios, un rebelle dans un système effectivement trop étriqué pour lui.

 

David Samuel Peckinpah est né le 21 février 1925 à Fresno, en Californie, une région très marquée par l’histoire de l’ouest, une histoire faite de cowboys, de valeurs alors déjà en voie de disparition. Après un passage en tant qu’employé au bureau du procureur de sa ville natale, il finit par être envoyé chez les Marines par son père, suite à son indiscipline notoire au collège. Il repris alors ses études à l’école d’élèves officiers de Camp Lejeune, en Caroline du Sud. Mais là encore, ses retards répétés dus à quelques beuveries monumentales le poussent vers la porte…

Il faudra attendre son arrivée à l’université de Fresno pour le voir s’intéresser au théâtre, et effectuer sa première mise en scène ; « Guest in the House », où une jeune femme fille psychopathe pénètre dans une famille d’américains moyens et l’anéantit méthodiquement ! Le ton est donné, et Sam Peckinpah ne s’éloignera que très rarement de cet univers subversif et violent, auquel il ajoutera son amour des grands espaces et de ces vieilles valeurs apprises dans le ranch de ses grands parents…

 

La génèse

 

Lorsque, en 1970,  des producteurs décident de lancer le projet « Pat Garrett et Billy le Kid », ils pensent d’abord à Monte Hellman, qui vient à peine de finir son « Macadam à deux voies ». Mais le film est un échec commercial, et le scénario passe de studio en studio, sans jamais arriver à trouver preneur. Il faudra que Peckinpah s’y intéresse pour qu’enfin le film puisse se monter.

 

Le réalisateur vient de connaître son plus gros succès commercial avec « Guet-apens », dans lequel joue Steve Mc Queen et Ali Mc Graw. Mais s’il accepte de tourner « Pat Garrett… », c’est pour sa passion pour la vie de Billy le kid ( Peckinpah n’a plus tourné de westerns depuis plus de 3 ans ). Il retouche le scénario ( au grand désarroi du scénariste Rudolph Wurlitzer ) et fait sa distribution : James Coburn sera Garrett, Kris Kristofferson est Billy, et le réalisateur créera le rôle très secondaire ( quoique hautement symbolique ) d’Alias pour Bob Dylan. Lui même se donnera un rôle ; celui d’un vieil homme faisant des cercueils, et qui dit à Garrett ( s’apprêtant à tuer Billy le Kid ), méprisant et désabusé : « On apprend qu’il faut se fier à personne, pas même à soit, Garrett, espèce de fouille merde ! ». Réplique prémonitoire…

 

 

Car lorsque le tournage commence au milieu de Novembre 1972, il vire de plus en plus au cauchemar : Bob Hulburd, responsable des effets spéciaux, sera rapatrié au U.S.A. avant de décéder ; suite à des déficiences techniques, certaines scènes seront à retourner complètement ; une épidémie de grippe ralentira considérablement les prises de vues. Et bien entendu, Sam Peckinpah continue son autodéstruction par l’alcool, inquiétant de plus en plus les producteurs de la MGM.

« Sur Chiens de pailles il avait commencé à beaucoup boire. Sur Junio Bonner il buvait réellement. Sur Guet-apens, il était ivrogne. Au moment de Patt Garrett, il était si diminué par l’alcool, qu’il n’a jamais vu le film complètement en préview » ( Roger Spottiswoode, monteur attitré de Peckinpah, et préssenti sur le film ).

 

Le tournage, prévu pour durer 50 jours, se terminera en Mars 1973. Et une nouvelle guerre commence contre les exécutifs : sous prétexte de leurs origines anglaises, les deux monteurs ( dont Spottiswoode ) initialement prévus sont écartés du film par les syndicats américains de la profession. La bataille entre le réalisateur et la MGM  est telle que James Aubrey, alors patron du studio, décide du montage final du film sans que Peckinpah ne puisse rien y faire, l’amputant de prés de 17 minutes. Peckinpah se remémore alors le « massacre » qu’avait subit son 3ième film, « Major Dundee », qui fut lui amputé de plus d’une demi-heure, et qu’il considéra jusqu’à sa mort comme « une des choses les plus douloureuses qui [ lui ] arrivèrent. ». Il attaque la MGM, demande 2 millions de dollars de dommage et intérêts, mais il n’obtiendra jamais gain de cause… Il faudra attendre 1990 pour qu’une version DVD pratiquement complète d’un peu plus de deux heures rende justice au réalisateur, mort le 28 décembre 1984.

 

Le film

 

Depuis, « Pat Garrett et Billy le Kid » est ( à juste titre ), considéré comme le plus beau, le plus personnel des film de Bloody Sam. L’histoire débute en 1881, au Nouveau Mexique. A Fort Sumner, Pat Garrett rend visite à son ancien compagnon de route : Billy le Kid. Il lui annonce qu'il est devenu le nouveau shérif du comté et lui enjoint de fuir au Mexique. Peu de temps après, Billy et deux de ses amis sont assiégés dans une cabane par Garrett et ses hommes. Billy, seul survivant, se rend. Emprisonné à Lincoln, il s'évade cependant le jour de son exécution. Garrett, sur l'ordre du gouverneur Wallace, part à sa poursuite .

 

Pour pouvoir briller dans les repas cinéphiles, il suffirait presque d’avoir vu uniquement le début du film, de la première image au lancement du générique. 1909 : dans des couleurs ocres, comme sorties du passé, nous voyons Garrett à cheval tomber dans un guet-apens. Alors que le shérif est criblé de balles, un montage alterne des images en couleurs, pourtant datées de 1881, où l’on voit Billy le kid s’entraîner au tir sur des poulets. Les impacts sur Garrett se confondent avec ceux sur la terre autour des animaux. L’alternance atteint son comble lorsque Garrett apparaît, et abat d’un seul coup de fusil un poulet, tandis que son corps s’écroule, 18 ans plus tard, sur la même détonation. Le générique peut enfin commencer, la tragédie est en place, la fin connue de tous. On pourrait presque s’arrêter là.

 

Si « Wild Bunch » était un film sur le désarroi, l’absence de but, un film sur les choix à faire, « Pat Garrett and Billy the Kid » ne nous en laisse aucun. Dans le premier, des enfants jouent avec des scorpions, les jetant au feu. Dans le second, la mort est déjà là, sous la forme d’une potence : les enfants se contente de faire de la balançoire dessus. Dans « La horde… », la violence explose, elle est filmée au ralenti, dans des gerbes de sang. Dans « Pat Garrett… », elle arrive en silence, entre les mots autour d’un verre, comme une fatalité. Les amis d’antan ne joue plus dans les mêmes clans, le pouvoir est bien en place, l’argent gère l’espace et le temps. Que reste t il aux êtres libres ? La fuite, et des valeurs. Garrett est la loi, et c’est d’ailleurs en ami qu’il encourage Billy à fuir vers le Mexique. Lors de cette première confrontation, Pat avertira son ancien complice : « Les temps ont changé ». Ce à quoi Billy répondra : « Les temps oui, pas moi. ». Puis, lorsqu’un des fuyards demandera pourquoi Billy n’en a pas profité pour tuer le Shérif, il dira simplement : « Pourquoi ? C’est mon ami. »

Tout est brouillé, faussé, Garrett est un homme de loi aux méthodes de bandits, les bandits ont des valeurs d’hommes de loi. Le pouvoir, symbolisé par Chisum, le grand propriétaire terrien qui pousse le gouverneur Wallace à envoyer Garrett à la chasse de Billy, permet à ces hommes à se livrer à toutes les exactions : viols, meurtres, exécutions sommaires. Du coup, qui sont les héros ? Sam Peckinpah a choisi : la position proprement biblique de Billy, les bras en croix, lors de son arrestation au début du film, ne nous laisse guère de doutes. Ce sera d’ailleurs parce qu’il a vu les hommes de mains de Chisum tuer un de ces amis, et sauver sa femme du même sort, qu’il renonce à la fuite vers le Mexique. Mais le réalisateur se refuse d’accabler Garrett. Lorsque le gouverneur lui offre une prime de 1000 dollars pour l’arrestation de Billy, ce dernier les jettent sur la table en lui disant « de se les mettre au cul ». Et comme il le dira lui même, lorsqu’on lui demande pourquoi il est passé de l’autre côté : « Arrivé à un certain âge, on ne veut plus se soucier de l’avenir ».

 

On peut dire que de ce point de vue, le film rejoint « Coups de feu dans la Sierra » et ses vieux cowboys cherchant à survivre dans un univers où ils n’ont plus leurs places. Mais « Pat Garrett… » va encore plus loin. Peckinpah filme ses grands espaces tellement aimés comme s’ils étaient une prison. Le moindre moment de paix est rapidement contre-balancé par un avertissement, un meurtre. La mélancolie, la tristesse touchent même au sublime lors de la mort du shérif Baker, que Garrett embarque avec lui à la recherche d’indices sur Billy. L’homme, blessé à mort, marche en titubant vers un lac, sous le regard de sa femme. Mais ce ne sont pas tant les larmes de cette dernière, la splendide lumière du couché de soleil, ou encore les notes de « Knockin’ on Heavens Door » de Dylan qui nous terrasse, mais le regard vide, le regard de mort que Garrett pose sur son ami mourant.

 

« Pat Garrett and Billy the Kid » aurait fait un splendide testament filmique pour Peckinpah. Il y a certainement mis tout son dégoût pour cette époque faite de violence et de trahison qu’était à ses yeux les années 70. Il a dressé un véritable autel aux hommes libres brisés par l’argent, le pouvoir, à qui l’ont refusait jusqu’à la fuite . Il y crache sur ses meurtriers sans âmes qui se cachent derrière leur soi-disant bon droit. Et, ce qui fait d’ailleurs de « Pat Garrett… » un chef d’œuvre, il y pleure sur ce monde qui pousse des amis à s’entre tuer.

 

A la fin du film, Pat Garrett tue d’une balle Billy le Kid. Puis il en tire une autre sur son reflet dans un miroir. Comme cette balle, tirée en début de film en 1881, et qui l’abat en 1909. La boucle est bouclée, l’époque de l’ouest est révolue. Viendra celle de la guerre, dans « Cross of Iron », qui sortira en 1977, avec son partenaire et ami, James Coburn. Pour ma part, le grand James restera à jamais Pat Garrett, passant la nuit prostré sur un rocking-chair, après avoir tué son ami, son double, Billy the Kid.   

Par Wolf Tone - Publié dans : Les Incontournables
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 18 mai 2008 7 18 /05 /Mai /2008 11:05

A trop vouloir aller vite, on fait des oublis inacceptables... " Dans la vallée d'Elah " sort ce mois ci en DVD, et dans la série des films sur l'actuelle guerre en Irak, il est certainement le plus réussi. Petit retour en arrière...

Paul Higgins n’est pas ce qu’on pourrait appeler un réalisateur « de la joie et la bonne humeur »… Après un «Collision» qui avait réussi à mettre pas mal de critiques d’accord sur son talent de dramaturge, il nous livre ici le premier film réellement critique sur l’actuelle guerre en Irak ( à la différence de « Jarhead », qui lui s’intéressait à la première pour mieux nous interpeller sur la seconde ). Pour ce faire, au lieu de nous balancer des images chocs sur ce qui se passe sur les champs de batailles ou dans les rues de Bagdad, il décide de rester sur le territoire américain, et d’adopter le point de vue d’un ancien chien de guerre, campé par Tommy Lee Jones.

Une chose devrait mettre là aussi tout les spectateurs d’accord : Paul Higgins s’est entouré d’un casting parfait. Tommy Lee Jones frôle la magie dans un rôle pourtant loin d’être facile ( un patriotique, tendances légèrement fascisante et machiste à l’appuie ) ; Susan Sarandon nous fait regretter sa rareté sur les grands écrans, et est d’une justesse à chialer ( elle est exceptionnelle dans le rôle de la mère ayant vu mourir ses deux fils à la guerre ), et Charlize Theron, même si son rôle est certainement le moins approfondi de tous, est à la hauteur des deux géants du cinéma américain qui l’accompagnent.

Mais ceux qui me connaissent savent que je suis un chieur. Le film parfait, pour moi, s’appelle chef-d’œuvre, et « Dans la vallée d’Elah » n’en est pas un…

Pas question de « spoiler » le film, car je pense sincèrement qu’il mérite d’être visionné, mais Higgins n’a pas su sortir totalement du carcan scénaristique des grosses productions Hollywoodiennes. Son ton, son approche résolument anti-manichéenne, et sa chute ( une belle claque dans le bien pensant de l’American Way of Life, et à la politique de Bush ) sont légèrement plombés par un choix de narration flirtant avec un déjà vu malvenu ( le rôle de Charlize Theron donne lieu à une espèce de sous intrigue pas franchement finaude, le fait de passer par une sorte de faux twist final gâche la franchise de l’ensemble du propos ).

Mais est ce que Higgins avait le choix ? Faire un film qui déclare ouvertement que les U.S.A. sont en périls, et qui plus est par la bouche d’un personnage qui est à lui seul le stéréotype du pro-gouvernemental de base, est culotté, voir courageux. Peut-être fallait-il un peu d’eau dans un vin si amer…

Dans tous les cas, Higgins nous donne l’occasion de voir non seulement une direction d’acteur à faire rêver, mais aussi le premier film de qualité sur une Amérique belliqueuse en pleine déliquescence. Perso, si seulement un dixième de la production américaine actuelle était de cette qualité, je planterai la tente devant le premier UGC venu.

Par Wolf Tone - Publié dans : Sorties DVD
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 15 mai 2008 4 15 /05 /Mai /2008 00:00

Allez, encore un film qui veut être dénonciateur, et qui, au bout du compte, délivre un message totalement inverse… C’est quand même fort ! En nous racontant l’histoire de Dawn, adolescente adepte de l’abstinence avant le mariage, qui découvre que sa foufoune est armée de dents aussi tranchantes et vorace qu’un piranha, Mitchell Lichtenstein compte nous prévenir du puritanisme et de ses excès… C’est louable, certes, mais il faut bien avouer que c’est totalement raté.

On ne va pas non plus tout foutre à la poubelle. L’envie est tentante, tant chaque idée intéressante est rognée par un défaut qui la tue à moitié. Ca a parfois le goût d’une comédie pour teenager passée à la sauce cynique, mais certaines émotions sont tellement surjouées qu’on se croirait VRAIMENT dans une série pour ados. Deux des « attaques » ( ?!? ) de la foufoune cannibale sont effectivement stressantes, voire douloureuses, mais la réaction de certaines des victimes renvoient à un humour lourdingue de mauvaise série B. Tout oscille donc entre le bon et le mal fagoté. C’en est que plus frustrant car parfois Lichtenstein frôle la justesse ; notre première rencontre avec les adeptes de l’abstinence, ou encore la scène ( aussi éprouvante psychologiquement que physiquement ) où Dawn découvre l’atroce capacité de son vagin à croquer la vie à pleine dent.

Or le réalisateur s’est mis dans une situation inextricable avec son sujet très 2nd degrés. Il est évident que son désir premier est de dénoncer l’obsession de virginité très en vogue actuellement aux U.S.A.. Mais comment y parvenir dés lors qu’il fait du sexe de son héroïne un monstre ? Il y a bien ce tour de passe – passe, lorsque Dawn se rend compte que la bête reste calme quand il s’agit de relation totalement assumé. Ses prétendants sont effectivement tous des cons d’ados ne pensant qu’à ça, et sont punis de leurs assauts irrespectueux sur la belle. Le message serait donc plus anti-macho ? Connement féministe ? Alors pourquoi nous avoir bassiné pendant prés de la moitié du film avec cette charge contre les moralistes cathos ? Surtout si c’est pour finir par faire de son héroïne une sorte de vengeresse gérant son bas ventre assassin comme un flingue de justicière… On a beau chercher une sorte de fil conducteur, le bordel est trop grand pour en tirer quoi que ce soit.
Quant à la forme, elle a le défaut de ces films indépendants qui se veulent arty sans en avoir les capacités, avec leur mise en scène classe et terriblement statique. C’est bien foutu, mais déjà vu mille fois…

Alors on pourra pas dire que le film est une purge totale, ou que les comédiens sont des quiches mal décongelées. Par contre, on peut sans peine affirmer que c’est un ratage scénaristique quasi complet, et c’est plutôt chiant pour un film qui se veut à message…

Par Wolf Tone - Publié dans : Critique Cinéma
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 14 mai 2008 3 14 /05 /Mai /2008 23:21

Commençons de manière ardue : There will be blood, de Paul Thomas Anderson. Vlan, ça le fait, non ? Non, parce que j’aurais pu commencer par IronMan, un truc gentil, pas bien compliqué, mais je me suis dit qu’il fallait que ça en jette, que ma première parlotte ciné se devait d’être un truc costaud…

Parce que c’est du lourd, le dernier P.T. Anderson. Un film austère, froid, violent. Comme s’il avait voulu faire son « A l’est d’Eden », son « Giants ». Il
a les atouts pour ça : il suffit de se rappeler son « Magnolia » pour avoir confiance en son sens du classicisme, de la beauté formelle. Par contre, y avait il eu des avertissements dans sa filmographie de cet aspect clinique ? Oui et non.

« There will be blood », c’est une épopée à l’américaine : puissance et déchéance d’un magnat du pétrole, Daniel Plainview. Point. Car Anderson ne fait rien pour nous faciliter la tâche. Conflit entre l’homme d’affaire requin et Eli Sunday, le prêtre évangéliste du patelin dont les sols sont imbibés de pétrole ? Les rapports difficiles entre les Plainview père et fils ? On voit les images qui nous racontent les confrontations, les comédiens ( Daniel Day Lewis en tête ) sont excellents, mais tout est si… froid ? Entre la musique ( toute en discordance, un vrai bijou de Jonny Greenwood de Radiohead ), le décors aride et sec d’une Californie bien loin des palmiers et des plages, et un scénario construit sur une multitude d’ellipses, tout semble avoir été fait pour nous perdre, pour nous imposer un recul si distant qu’il nous coupe des émotions.

Même lors de la scène pourtant très forte de la confession publique de Plainview dans l’église de Sunday, Paul Thomas Anderson nous tire violemment de ce début d’humanité par un seul gros plan, une seule réplique qui annihile notre identification fragile.

A première vue, rien donc dans ses précédents films ne nous avait préparé à une telle sécheresse, un tel manque d’identification. Et pourtant, à y regarder de plus prés, « Punch Drunk Love » avait en lui les graines de cette violence, de ce décalage. Bien entendu, je ne cherche pas à faire passer son précédent film pour ce qu’il n’est pas : « Punch Drunk Love » est une comédie sentimentale extrêmement touchante. Mais déjà, il avait fait preuve d’un vrai sens de la cassure, avec une violence ( physique, mais surtout psychologique ) qui nous laissait parfois l’impression que nous nous étions trompés de film. Anderson, avec There will…, n’a, à mes yeux, fait que pousser à son paroxysme ce décalage, en le rendant constant. La violence, autrefois sous-jacente, est devenue continuelle, dans les décors, la musique, les actes de ses personnages. Il a fait son expérience filmique, sa grande épopée pétrolière.

Mais nous permet il de pénétrer son univers ? Il s’en fout, apparemment. Son train passe, à son rythme hypnotique, superbe, troublant, mais il ne s’arrête pas. Nous ressortons de là frustrer de ne pas avoir pu y monter.

Par Wolf Tone - Publié dans : Critique Cinéma
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 14 mai 2008 3 14 /05 /Mai /2008 14:40

Allez, c’est parti, on se lance, une première, un truc de fou, oui, moi, je serai votre guide, votre lumière dans le monde impitoyable des locations DVD. Chaque mois, je viendrai à la porte de votre boîte mail avec la liste de ce qu’il faut pas rater. Oh, ce ne sera pas exhaustif, et je compte sur votre vigilance pour me filer un coup de tatane en cas d’oubli inexcusable.

 

Mais, alors, que nous propose donc le mois de Mai ? De bien belles choses, mes enfants, de bien belles choses…

 

Plusieurs films sortent du lot, indéniablement ; le « Control » d’Anton Corbijn. Lui, vous le connaissez obligatoirement : les splendides photos en noir et blanc de U2, Dépêche Mode, c’est lui. Un grand de la photo, qui passe derrière la caméra pour nous pondre une bio de Ian Curtis, chanteur de feu Joy Division. Inutile de connaître la disco complète du génial compositeur de standard des années 80 comme « Love will tear us apart » ou « Isolation » pour apprécier le film. Car, bien plus qu’une collection impressionnante de plan digne des plus belles photos de Corbijn, « Control » est une analyse touchante du mal être d’un ado devenu star peut être trop tôt. Splendide visuellement, humainement prenant, un bon et beau grand film.

 

« This is England », lui aussi, frappe juste. Moins bien équilibré que « Control », et peut être un peu trop léger par moment, Shane Meadows nous charme surtout par l’indéniable honnêteté de sa démarche. En suivant l’évolution d’un jeune anglais de 12 ans, Shaun, dans le milieu des skinheads des années 80, Meadows nous donne une petite leçon d’histoire : non, le mouvement n’a pas toujours été un amas de nazillon sans cervelle. C’est la crise, l’époque, l’ère Tatcher, qui amena le racisme ambiant dans ce mouvement idéologiquement beaucoup plus proche de l’esprit Rasta. Et pour nous le faire comprendre, il met tout son amour de cette époque sur la pellicule, à travers des personnages fort et attachant. Mention plus que spéciale à Thomas Turgoose, extraordinaire en gosse paumé, petit protégé de ces grands gus en docs et bretelles, et un bravo tonitruant à Stephen Graham, à la fois terrifiant et touchant dans le rôle de Combo, skin raciste, écorché vif. L’atroce humanité de la violence, que l’on comprend, que l’on pourrait presque pardonné, se trouve dans son regard, dans l’amour paternel qui donne à Shaun. Perso, j’en ai presque chialé.

 

Et là, je dit : attention, chef d’œuvre. Film majeur, acteurs splendides, musique superbe. Dur, très dur de parler de « L’assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford », d’Andrew Dominic. Parce que je comprends ceux qui lui avaient trouvé un rythme trop lent. Ceux qui en disaient : « Vouais, c’est vrai, c’est beau, mais c’est un peu chiant, non ? ». Ben non. C’est un tout, c’est un regard dur sur l’être humain, c’est la splendeur du temps qui passe, c’est la fulgurance de la violence dans des instants de poésie pure. C’est deux acteurs immenses, Casey Affleck ( à la fois touchant et repoussant, si proche de notre propre lâcheté, de notre errance ), et l’unique véritable star mondiale actuelle, Brad Pitt. Ne pas avoir vu ce film est une erreur monumentale.

 





Allez, un petit coup de putain-le-film-qui-fait-trop-peur-que-j-en-dors-plus : « 28 semaines plus tard » de Juan Carlos Fresnadillo. Suite directe du film de Danny Boyle, « 28 semaines… » tente de prendre ses distances avec son illustre prédécesseur, et pourtant lui doit beaucoup… et pas pour le meilleur. L’ampleur de l’histoire ( 6 mois après l’attaque du virus, l’armée déclare que la crise est finie, et commence à lancer la reconstruction du pays. Un frère et une sœur retrouve alors leur père, mais, bien sûr, rien n’est jamais « fini »… ) nous sort du côté completement intimiste du film de Danny Boyle. Pourtant, Fresnadillo ( qui nous avait donné en 2003 un « Intacto » de très bonne facture ) parvient à garder un naturalisme qui plonge d’autant plus le spectateur dans l’horreur lorsque le virus refait son apparition. Mais il reprend aussi la fâcheuse habitude de Boyle de filmer les attaques des contaminés caméra à l’épaule, dans des mouvements bordéliques et hystériques qui peuvent filer la gerbe, et surtout, rendent illisible l’action. Alors, même si la première scène d’action est totalement tétanisante tant elle est violente, reprendre le même procédé pour les suivantes est, à mon sens, plutôt maladroit car fatiguant.

Mais le nihilisme de l’ensemble, et la sensation d’oppression palpable tout au long du métrage en fait tout de même un des films d’horreur les plus efficaces de l’année 2007.

En plus de ces 4 films, citons aussi en  vrac « Nothing » de Vincenzo Natali, OFNI du réalisateur de « Cube » et « Cypher », « Paranoïd Park » de Gus van Zant, que j’ai pas vu, et j’en ai bien honte, et « Retribution » de  Kiyoshi Kurosawa, le malade derrière « Cure » et « Kaïro », des films de flippe nippons, des trucs hypnotiques et diablement efficaces…

Voilà, j’ai pas parlé de tout ( 99frcs n’est pas, à mes yeux, le truc le plus intéressant sorti ce mois ci ), mais libre à vous de remplir les trous, et doit y en avoir un petit paquet…

SEE YOU LATER !!!!

Par Wolf Tone - Publié dans : Sorties DVD
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 13 mai 2008 2 13 /05 /Mai /2008 10:01

Voilà enfin un vrai blog !

Bien que créé par ma petite personne, il se veut avant tout un coin tranquille où tout le monde pourra y faire passer ses messages, ses coups de gueule ou de coeur, que ce soit artistique, social, politique, ou tout simplement personnel... Il suffira pour cela de me faire parvenir par mail votre texte, avec titre et catégorie, et je me ferai un plaisir de dingue de le publier. Pas de limites, de langue de bois, mais aussi pas d'agressivité gratuite.

Faîtes vous plaisir, lancer du tout et n'importe quoi, ce qui vous pèse gros sur la patate ! La présentation est moins fun que sur mon Myspace, mais au moins, tout le monde pourra lire et commenter ! A vous de prendre posséssion de l'espace !

Wolf tone

Par Wolf Tone - Publié dans : Bienvenue !!!
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires

Recherche

 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus