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Mercredi 22 octobre 2008 3 22 /10 /Oct /2008 11:04

Casse gueule, l’exercice du film « à sketch ». Toujours chiant de trouver le bon équilibre, y a à chaque fois un poto réalisateur qui se plante dans le paquet, mais d’un autre côté c’est pas si grave puisque les films sont courts, mais justement, c’est encore plus compliqué de faire un moyen métrage… Pas de solutions, en fait. Mais pour le coup, « Tokyo ! » s’en sort pas trop mal, non pas parce que les trois sont de bonne qualité, mais parce que, sans vraiment le faire exprès, la montée en puissance fait passer la pilule…




Premier à se livrer à nous, « Interior Design » de Michel Gondry nous fait carrément flipper. Merde, mais qu’est ce qu’il lui arrive à Michel ? Ok, « La science des rêves » n’avait pas fait l’unanimité, mais le couple Charlotte Gainsbourg / Gael Garcia Bernal avait une capacité insolente à provoquer l’empathie. Puis il nous servit un « Soyez sympas, rembobinez ! » assez mou, avec très peu de poésie et beaucoup d’humour facile dedans. Et c’est pas avec cette participation à « Tokyo ! » que ses fans vont se consoler… Son histoire d’une jeune femme perdant pied dans son couple, ne trouvant plus de repères dans la mégalopole nippone, part pourtant d’un bon postulat. C’est vrai, les couples de marginaux, l’amour qui fuit, la poésie de la solitude, merde, c’est ses trucs à Gondry ! Ben non : la lllooonnnggguuee partie d’introduction, sensée nous rapprocher de ce duo d’éternels ados, ne fonctionne tout simplement pas, tant le réalisateur veut rester proche d’un certain réalisme. Et tout ça pour mettre encore plus en avant la fin, certes poétique, mais si nécessiteuse d’empathie pour la jeune femme solitaire qu’elle nous laisse sur le bord de la route. C’est ça le problème d’une recette qu’on répète à l’infinie : dès qu’un ingrédient foire, c’est l’ensemble qui se viande la gueule… Reste des images assez superbes ( quoique rappelant un peu trop le travail de Chris Cunningham : trop de CGI tue la poésie… ), mais pour un Gondry, on est tout de même en droit d’attendre bien plus.

 

En second débarque « Merde » de Leos Carax. Bon, là, j’suis emmerdé ( comme j’suis drôle… ). J’sais pas quoi penser de Carax. Tête à claque en tant qu’humain, metteur en scène ultra doué, son univers n’arrive pourtant pas à m’en toucher une en secouant l’autre. Gros bon point, tout au moins en comparaison avec le Gondry : là, il y a un univers. C’est carrément la quatrième dimension… Et comme, certainement, l’ambition première de Carax est de perturber, on peut dire que son court métrage est totalement réussi. Voir Denis Lavant, en SDF d’un autre monde, terroriser les Tokyoïtes lors de faux plans séquences, faut le dire, c’est subjuguant, hypnotique, bref, un vrai plaisir. Voir le même Merde dialoguer pendant un procès de trois plombes dans une langue inconnue avec son avocat Jean François Balmer, là, ça le fait vachement moins. En total déséquilibre entre ses aspects les plus virtuoses ( Merde dans la rue ) et ceux pleins d’effets inutiles ( le split screen à outrance du procès ), « Merde » manque aussi cruellement d’humanité. J’veux bien qu’on veuille foutre son boxon, que Carax est un trublion inclassable, mais perso, son approche froide et grandiloquente me paraît plus prétentieuse qu’incarnée ( ce panneau final nous avertissant d’un prochain « Merde à New York » montre comme le gus se fout d’une certaine manière du fil rouge, à savoir Tokyo ). Maintenant, je dis ça, je dis rien…

 

Et, ENFIN, arrive « Shaking Tokyo » de Bong Joon-ho. Mettons les choses au clair : que ceux qui n’ont pas vu ses deux précédents chefs d’œuvre « Memories of Murders » et « The Host » quitte illico presto ce blog pour les acheter-louer-télé… machin sur le champs. Ce coréen est certainement un des 15 plus grands réalisateurs en exercice. Limite j’écris ces lignes uniquement pour vous dire comme ce Monsieur est important. Non seulement son court est le seul à être réellement SUR Tokyo ( les deux autres sont bien plus des métaphores sur les mégalopoles ), mais il est le seul à nous faire voyager. Parlant du phénomène des hikikomori ( c’est quoi le pluriel ? ), ces hommes et femmes décidant de se couper du monde en s’enfermant chez eux, Joon-ho réussit plusieurs petits exploits : rendre compréhensible un phénomène social pourtant ultra spécifique à la culture nippone, donner corps à un couple alors que nous ne voyons les deux que quelques pauvres minutes ensemble, rendre palpable un monde dès les premières images, être drôle et touchant en l’espace de quelques plans, merde, ce gars est un artiste ! Alors, peut être bien que je ne suis pas objectif, peut être que le « style » Joon-ho me parle bien plus que de raison ( ?!? ), mais, d’un autre côté, vous, mes lecteurs, c’est de mon avis dont vous êtes friands ? DONC, ce réalisateur EST un surdoué de la poésie, et « Shaking Tokyo » une pierre de plus à ce superbe parcours cinématographique.

 

Au final, vous l’aurez compris, le crescendo permet, au bon du compte, de tenir les 1 h 45 sans trop se faire chier. Mais le constat est tout de même plutôt négatif : Gondry commence sérieusement à inquiéter, et Carax, quoique très talentueux, vit un peu trop dans sa bulle. Et c’est un « jeune » ( aux regards des carrières des deux autres ) qui parvient à sauver le tout… et il est coréen. Faut il être asiatique pour savoir parler de Tokyo ? Vous avez une semaine pour me pondre un texte de 3000 mots là dessus. Wolf Tone, lui, retournes dans sa caverne…

Par Wolf Tone - Publié dans : Critique Cinéma
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Vendredi 17 octobre 2008 5 17 /10 /Oct /2008 10:47

Oh, oh, OH !!! On se calme et on s’assoit, bordel à cul de pompe à merde !!! Ca y est, je me repose quelques jours et c’est le bordel ? Ca va pas le faire, vous le savez… Et toi, arrête de vouloir pendre ton voisin trader : je m’en occuperai personnellement à la fin du cours.

 

Bon, j’espère que vous avez suivi : avant guerre, un cinéma pas encore vraiment en accord avec l’Histoire, enfin, pas avant « Le dictateur » de Chaplin. Vlan, ça pète, et hop, Rossellini nous pond le chef d’œuvre « Rome, ville ouverte ». Les bases sont posées en Europe, au point que la Nouvelle Vague pense déjà à autre chose. Du coup, c’est du côté des States, et de sa personnalité en crise que va se passer la seconde révolution du 7ième Art…

 

 

Vous l’aurez compris : le Nouvel Hollywood, vent de liberté créatrice démentiel qui a soufflé sur les U.S.A. de 68 à 81, est certainement ce qui s’est fait de mieux dans l’ensemble du 20ième siècle. Oh, ça n’a pas été une révolution spontanée ( « L’homme qui a tué Liberty Valance » de Ford en 62, Peckinpah ), mais deux films servent de points de repère, deux actes de naissances : « Le lauréat » de Mike Nichols ( mais oui, Dustin Hoffman, « Mrs Robinson » et tout et tout… ) et « Bonnie & Clyde ». Quid de « Easy Rider » ? 1969, les gars, 1969… Alors pourquoi choisir le second au détriment du premier ? C’est parce que s’il y en a bien un des deux qui reflètent le cynisme, la noirceur et surtout le désespoir de cette période noire outre Atlantique, c’est certainement le joyau de Penn…

 

 

« Quand on a commencé, j’ai cru que nous irions vraiment quelque part. Mais on ne fait qu’aller. » ( Faye Bonnie Parker Dunaway ).Le Nouvel Hollywood est sorti des cendres du FlowerPower. Et si ce sont les jeunes loups ( Scorsese, De Palma, Hopper… ) qui prendront d’ici peu les rênes, c’est un homme de théâtre, dont le premier film date de 1958 ( « Le gaucher » avec Paul Newman ) qui leur ouvrira symboliquement les portes. Déjà auteur d’un ciné conscient du malaise de son pays ( « La poursuite impitoyable », polar bien noir avec un face à face Marlon Brando / Robert Redford ), armé d’une grosse carrière télé, Penn pond en 67 un coup de poing dans la gueule, une odyssée à la fois touchante et terrifiante, celle d’une serveuse d’un bar paumé dans la cambrousse et d’un voleur de pacotille dans la Grande Dépression des années 30. C’est elle d’ailleurs qui ouvre le film, par le biais photos jaunies qui défilent sur fond de musique sortie de l’ancien temps, alors que les comédiens principaux et le titre passent du blanc au rouge sang. Premier plan : les lèvres rouges écarlates de Bonnie prennent tout l’écran. Juste après : Bonnie, en gros plan, cramponnée aux barreaux de son lit, est une beauté en prison. Dépression, jeunesse sans avenir, même le cadrage est inconfortable. Jusqu’à l’arrivée de Clyde Barrow. Là, comme par enchantement, les plans s’équilibrent, la lumière du jour est belle. Penn sort sa jeune femme de son marasme et lui donne l’espoir d’une autre vie.

 

Scène culte de l’histoire du cinéma, c’est le final du film, fulgurant de violence, qui est régulièrement cité comme genèse du cinéma à venir. Mais en plus de celle ci, présente dans l’ensemble du métrage, c’est aussi la révolution féminine et bien entendu le regard triste et désespéré d’un artiste sur son pays qui font que « Bonnie & Clyde » est la photographie d’une époque, compréhensible et transposable à la nôtre. Penn ne choisit pas un sujet contemporain ( comme, par exemple, Pakula et ses « Hommes du Président » ), voir d’actualité ( Coppola et « Apocalypse Now » ), il ne film pas nous plus le présent ( « Macadam Cowboy », « Un après midi de chien », et j’en passe… ), il préfére transposer ses peurs et ses craintes dans un ailleurs certes pas si lointain, mais tout de même hors de portée des nouvelles générations ( il remettra d’ailleurs le couvert avec son splendide « Little Bib Man », parabole du Vietnam et, une nouvelle fois, de la crise identitaire  U.S. ). Il ne veut pas d’un film arrêté dans le temps. La crise des années 30 suit elle aussi une période d’insouciance, et comme la guerre du Vietnam, elle coupe la nouvelle génération de son avenir. Bonnie et Clyde rejète cette fatalité : le voleur dit à la serveuse qu’elle aussi a droit à des robes de soie. Et cette accession à une vie méritée se fera par le biais de l’adrénaline, en prenant l’argent à ces satanées banques qui chassent les plus pauvres au profit des plus riches. La violence ? Des incidents de parcours ( « Pourquoi voulait il me tuer ? » se demande Clyde après avoir lui même tué un flic, avant de répéter : « Je ne lui voulais pas de mal, rien de mal… » ).  Plus tard, après ce premier véritable braquage, il l’avertira qu’elle ne connaîtra plus de moments de paix, ce à quoi elle répondra avec un air malicieux : « Tu peux me le promettre ? ». La mort du flic est supportable, tant le braquage est la fuite parfaite de l’atroce réalité du tous les jours. Et dans une certaine mesure, cela fonctionne : même si les palaces rêvés du début ne sont pas au rendez vous, l’argent ne manque pas, ainsi que la gloire médiatique. Penn fraternise avec les laissés pour compte qui veulent prendre les rênes, en fait des icônes de la population paupérisé par les puissants ( les âmes errantes seront d’ailleurs l’unique soutien du gang Barrow ).

 

Enfin sortie de sa geôle, Bonnie peut enfin vivre. Elle n’existait pas avant Clyde : d’ailleurs, bien qu’elle nous apparaisse pour la première fois chez elle, personne d’autre ne semble habiter là. Le réalisateur ne lui laisse que très peu de temps seule, et son passé nous sera raconté entre deux bouchées de Burgers par un Clyde extrapolant sur la vie morne et sans goût d’une génération entière. Peut être parce qu’elle est plus jeune qu’elle n’y paraît. Comme le dira le père de Moss, « ce ne sont que des gamins ». Qui en ont marre d’être considéré comme tel, surtout à une époque où le passage à la vie d’adulte se fait rapidement, avec violence. Bonnie sera d’un calme arrogant lors de son premier braquage, posera avec mitrailleuse et cigare, en jupe courte montrant ses porte-jarretelles. Penn lui donnera même le sacro-saint pouvoir sexuel au sein de son couple avec Clyde. Mais il ne peut pas la faire femme avant l’âge. Après le braquage « accidentellement » sanglant, alors que Clyde gueule sur Moss dans le refuge d’un cinéma, elle se plonge dans la comédie musicale projetée sur l’écran, image d’une fillette insouciante regardant le rêve d’une époque révolue. Lorsque Buck, le frère de Clyde, rejoint le clan Barrow accompagné de sa femme Blanche, Bonnie commence alors à réaliser deux choses fondamentales : non seulement Clyde a un passé sans elle, une famille, mais elle aussi, quelque part, a une mère. Et la course poursuite continuelle ( lorsqu’un homme demande à Clyde « Où allez vous maintenant ? », celui ci lui répond : « On ne va nul part, on fuit. » ) ramène de plus en plus la jeune femme à sa condition d’enfant loin de sa famille.

 

 

Et la chute peut alors commencer, accrochée à cette idée saugrenue qu’on peut se couper de la société et renouer avec elle aussi facilement. Cédant aux demandes incessantes de Bonnie, le gang Barrow l’accompagne voir sa mère. Mais on ne verra pas leur arrivée, comme nous ne verrons pas leur départ. Filmée avec un filtre apportant une coloration jaunie aux images, avec un son étouffé, les retrouvailles sont comme tirées d’un rêve, où tout est centré sur Bonnie, sur le visage de laquelle la caméra traque la moindre réaction, comme elle même semble vouloir tout enregistrer, pour en faire un moment parfait. Tout est faux, des arguments de Clyde pour rassurer sa belle-mère, à la présence de tous ces gens qui semblent n’être que des figurants dans le film mental que la jeune femme est en train de tourner. Et ce sera la mère elle même, alors que Clyde joue au gendre parfait en lui disant que le couple compte bien revenir vivre près d’elle, qui brisera le songe de sa fille : « Essaie de vivre à moins de 5 km de chez moi, et tu ne vivras pas longtemps, chérie… ». Bonnie a fui une prison dorée pour une autre sanglante, et il lui est impossible de faire marche arrière. Même lorsque elle demande à son homme, à la fin de leur parcours chaotique et anarchique, lors de leur dernier moment de paix, ce qu’il ferait s’ils pouvaient  faire table rase et tout recommencer, elle s’aperçoit qu’elle est seule : Clyde parle d’erreur de braquage, de tactique à revoir, alors qu’elle ne rêve plus qu’à la paix…

 

 

Tout part donc de là, de cette tentative de retour en arrière : Penn nous parle d’une génération broyée, sans avenir autre que les boulots à la con, et pour qui la violence n’est plus qu’un accident, qu’une sale nécessité. Coupé du monde, sans possibilité de retour ( « C’est ce que t’as dit ta mère ? » demande Clyde à Bonnie en pleine déprime / « Quelle mère ? » répond Bonnie ), le couple Barrow / Parker va être abattu comme des chiens, comme Burke, couvert de sang, blessé à  mort et à 4 pattes lorsque les flics arrivent enfin à l’avoir. Et s’ils n’ont pas droit à un procès équitable, ce n’est pas à cause de leurs forfaits, mais parce qu’ils ont osé se moquer d’un Marshall, qu’ils ont osé l’humilier. Le meurtre mérite un jugement. L’offense à la Loi, à l’Ordre, mérite la mort. Elle leur sera donné dans une séquence finale sèche, tendue à rompre sur plusieurs minutes, qui se terminera dans une explosion de violence sans la moindre complaisance, marquage au fer rouge d’une génération perdue, comme l’a pu être le « Big Shave » de Scorsese.

 

 

Bien avant Oliver Stone et son discutable « Tueurs nés », et avant même que les premiers plans de son film ne soient tournés, la polémique enfle autour d’Arthur Penn et de son projet de film glorifiant des hors la loi. Mais ses 10 nominations aux Oscars, son accueil et critique, et public, balayent tout sur leurs passages. Claque il y a eu, coup de poing auquel la jeunesse d’alors s’identifie sur le champs. En l’espace de deux ans, deux films fait avec trois francs six sous enfoncerons le clou, un film d’horreur fauché puis un road movies atypique, deux pieds de nez aux studios malades, incapables de suivre le tempo. « Easy rider » et « La nuit des morts vivants », avec leur moyen ridicule, mais plein d’une véritable passion du cinéma, prouveront qu’il n’y a rien de plus efficace qu’une conscience sociale et politique, et enterrerons le temps d’une quinzaine d’année les visions grandiloquentes des producteurs de l’ancien temps…


Photo prise juste après la mort du couple Barrow / Parker 

Bon… Nous voilà au point critique. 30 ans de travail sur la forme et le fond, de connections de plus en plus approfondi avec le présent, l’histoire et la société. Que reste t il à faire ? Juste à approfondir ce que les grands ont commencé à dévoiler. Il n’y aura plus de Chaplin, de Rossellini, ou de Penn. Mais il y aura leurs élèves, dont quelques uns seront digne de leur maître, et l’irruption de plus en plus fréquente de l’histoire dans des films pourtant dit « de genre ». M’enfin, bon, ce sont surtout les nouveaux chercheurs de formes et de vérité qui nous intéressent… Ouh, fatigué, moi… Allez, vous pouvez partir. Et toi, j’te laisse le trader : il est plus trop frais…

 

 

Par Wolf Tone - Publié dans : Les Incontournables
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Lundi 13 octobre 2008 1 13 /10 /Oct /2008 09:28

Les temps sont durs, mes amis, mes frères, mes sœurs… La décision est prise : Wolf Tone va devoir calmer le jeu. Tel un hystérique, je me suis laissé prendre dans la machine infernale de l’écriture compulsive… Des articles quasi quotidiens, les nuits blanches à me demander ce que j’allais bien pouvoir mettre en ligne le lendemain, écriture de 2 ou 3 articles d’avance pour être CERTAIN que le blog aura sa pitance, de la folie pure et simple ! Et, comme un signe, la désaffection des lecteurs, la routine se mettant en place, et de mon côté, la sensation que ce blog devenait un poids. C’est un comble, non, qu’un moment de plaisir initial se transforme en corvée ?

 

Dorénavant, je vais recommencer à m’écouter. Puis le temps me manque cruellement. SO, on va revenir à un truc plus humain, avec des articles de temps à autre, uniquement sur des choses que j’ai vraiment envie de dire ( désolé Lucio, mais j’en ai vraiment rien à battre de « Bienvenue chez les ch’tis », tout comme certaines sorties DVD sont simplement inintéressantes… ). Les prochains articles ? La suite de mes billet d’histoire / ciné en cours, des critiques moins fréquentes, mais aussi peut être moins collées aux basques de l’actualité, mais surtout, uniquement des posts que j’aurais vraiment envie de vous donner en pâture, avec plaisir retrouvé et tout et tout. Car si les visites sur le blog sont en chute libre, c’est surtout mon manque de plaisir qui me travaille le plus…

 

Donc, mes amis, mes frères, mes sœurs, l’heure est venue de basculer vers plus de sérénité ! Vous entendrez moins parler de moi, mais ce sera à chaque fois avec un vrai grand plaisir… C’est mieux, non ?

 

Si you letter on ze Net,

 

Wolf Tone


Par Wolf Tone - Publié dans : Avertissements
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Vendredi 10 octobre 2008 5 10 /10 /Oct /2008 10:14

Pourquoi ? Hein ? Pi’ z’êtes ki, vous, hein ? Où suis je ? Et je poserai cette bouteille si je veux. TIRELI PIMPON SUR LE CHIHOUAHOUA !!!! Reste plus que ça pour tenir la route… Le Caca à 40, l’indice de mes deux, tout part à l’eau qui va au veau… Et regardez, demoiselle, j’en ai même loupé 3 dividis… Rien ne va plus… Z’êtes bien belle, vous… Z’êtes sûre qu’on se connaît ? Ca m’aurait marqué…

 

Et vous, derrière votre écran, vous voulez quoi, hein ? Na, pas de pastis pour vous… Non, j’ai dit ! Pi’ on s’connaît pas non plus. Alors, les dividis ki restent… Ah, en v’là un, tiens, « Bienvenue chez les ch’tis » de Danny Boon. On va pas se taper le résumé d’un film que toute la France a vu au moins trois fois d’affilée, pas vrai ? Gâchons pas trop de mots pour ça… Par contre, ça m’intéresserais vachement de savoir ce qu’ils y trouvent, à ce film. Y a bien Kad Merad, un chouette mec, et Danny Boon forme avec lui un sympathique duo. Mais, sincèrement, 20 371 000 entrées… Ca, meilleur que « La grande vadrouille » ? Va pour le début, pour le caméo de Galabru vraiment hilarant, mais comme c’est chiant ensuite… Et Zoé Felix, comme elle fait cruche ! Nan, désolé, j’peux vraiment pas… C’est comme les « Choristes », ça, des mystères, ou des preuves du niveau 0 du cinéma grand public français. Et du public avec. HOP, au suivant…

 

Par contre, reconnectons nos neurones le temps du remake de « Funny Games » par son propre géniteur, Michael Haneke. Pourquoi donc refaire un film qui avait traumatisé l’Europe à sa sortie en 1997 ? Parce qu’il laissa froid les States. Trop marqué vieux continent, distribué en version originale sous titrée ( ce que les ricains n’apprécie que très moyennement ), il rata totalement son coche. Et ça, Haneke, ça lui a pas plu, d’autant plus que c’était pour eux qu’il l’avait tourné. Un peu à la manière de Gus Van Sant et son « Psycho », remake au plan près du « Psychose » de Hitchcock, notre allemand transpose le tout chez les bourgeois américains, et donne des visages bien identifiables outre Atlantique, Naomi Watts et Tim Roth. Cette fois, le public se prit la claque qu’il rata à peine plus de 10 ans plus tôt. Mais quel intérêt pour nous ? Toujours aussi efficace, ne nous laissant jamais la moindre plage de tranquillité, « Funny Games US » arrive à faire aussi bien que son grand frère, mais pas mieux pour autant. Il nous offre un duo de comédiens exemplaires, face à des ados terrorisant de calme et de froideur ( Michael Pitt, qui joua dans le « Bully » de Larry Clark, et Brady Corbet, aperçu dans la saison 5 de « 24 », soit deux comédiens là aussi identifiables sur le champ pour nos benêts de ricains… pardon ), et la possibilité de reparler d’une œuvre indispensable sur la violence ( à la différence de truc pompeux et chiants comme « The great ecstasy of Robert Carmichael » ). Que ceux qui ne connaissent pas l’original se jettent dessus à la première occasion, et que les autres tâtent ce remake recommandable sans peine…

 

Et arrive ENFIN una bomba galactica, un film qui me donne envie de m’en remettre une tournée, le truc qui file la banane pour au moins 24 heures, « Iron Man » de Jon Favreau. Mais d’où sort ce type, hein ? Parce que sur le coup, moi, quand j’ai lu que c’était lui qui allait pondre le premier film des tout frais studios Marvel, j’ai flippé grave… Faut me comprendre, comédien sympathiquement moyen ( le copain avocat de Ben Affleck / Dardevil, c’est lui ), réalisateur qui n’a jamais réussi à me donner envie de voir ses films ( « Elfe » avec Will Farrel, « Zathura » avec Tim Robbins, du lourd j’vous dit ), Favreau me semblait juste bon à nous torcher une purge à la hauteur du nanaresque « Dardevil ». Puis on nous a annoncé que Tony Stark prendrait les traits du génialement génial Robert Downey Jr, et mon cerveau s’est mis en alerte. Et afin de faire fondre mes dernières réticences, il y a eu la bande annonce, et cette icône mortelle d’un Iron Man marchant sur les accords de Black Sabbath avec un char explosant derrière lui… Yha cria mon cœur de Guik’, pour hurler Hourra à la sortie de la salle. Mes enfants, mes amis, mes frères, mes femmes, si vous n’avez pas voulu claquer 10 € à l’époque, mettez y au moins 3 pour la location, pour vous découvrir un nouvel ami, un milliardaire vendeur d’armes qui cherche la rédemption en devenant un super héros. Sorte d’alter ego fun de Batman ( du fric, les nouvelles technologies, mais beaucoup moins de trauma ), Iron Man ne tient presque que sur son interprète principal, un Robert Downey Jr très, TRES en forme, et son armure magnifique que vos yeux éblouis ne se lasseront pas d’admirer. « Iron Man » devrait être remboursé par la Sécu, plus sain que tout les anxiolytiques, plus efficaces que la somme de tous les antidépresseurs…

 

Et voilà. J’ai décuité, on dirait, moi… Oui, je sais, mon amour, faut plus que je regarde les infos tout seul. Mais la télécommande, le canapé, un vrai piège… Tiens, depuis quand tu bois du Calva, toi ? Hein ? L’Islande est au bord de la faillite ? Le Japon tire la gueule ?!? Paris s’effondre ?!?!?Tiens, va me rincer mon verre, j’te suis… TIRELIPIMPON SUR LE CHIHOUAHOUA…


Par Wolf Tone - Publié dans : Sorties DVD
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Mercredi 8 octobre 2008 3 08 /10 /Oct /2008 10:05

Allez, on part en voyage : quittons l’Europe et la 2nde Guerre Mondiale, et traversons l’Atlantique… Nous, on l’a eu notre révolution visuelle, grâce donc à Rossellini, mais aussi à Alain Resnais et son « Nuit et Brouillard » ( 1955 ). Non, l’après guerre, c’est aussi le retour à la guerre, à savoir celle d’Algérie. Mais les petits gars de la Nouvelle Vague, les Godard, Truffaut, et autre Rohmer veulent sortir de tout çà, travailler à autre chose. C’est donc à des milliers de kilomètres que va se jouer le second acte de la métamorphose du Cinéma, la seconde vie de son histoire d’amour avec l’Histoire…



 

Là bas, l’Amérique regarde d’abord de loin le bordel vietnamien. Bien que marqué par les événements de 39-45, la population n’a pas encore réellement vécu la guerre en direct. Du coup, de 1955 et le début de l’engagement des forces US par Einsenhower, jusqu’en 1963, date des premières morts de boys, les images des reporters ( à partir d’environ 1961 pour les toutes premières ) n’ont pas encore les effets dévastateurs qu’ils ne vont pas tarder à avoir. Mais cette année de 63 va être la pierre fondatrice de l’immersion de l’histoire en direct dans la petite lucarne des chères familles de l’American Way of Life.

 

22 Novembre 1963, Dallas. J.F.K. passe sur Dealey Plaza, lors d’une tournée pré-électorale. Abraham Zapruder est comme n’importe quel quidam, il se pointe avec sa caméra Super 8, veut filmer cet homme mythique qui avait presque réussi à faire oublier les précédents Présidents. Et voilà que Zapruder, avec son film de 26 secondes, traumatise tout un pays. Bien entendu, c’est l’impact de la balle, ce crâne qui explose et qui sera diffusé à travers le monde en boucle qui est l’image fondatrice d’une nouvelle ère. Mais c’est aussi l’aspect « film fait maison », c’est justement l’absence d’artifice, la crudité de l’instant, qui ouvrira de nouvelle porte esthétique aux futurs réalisateurs. Comme par hasard, la même année, H.G. Lewis donne naissance au premier film gore, le culte « Blood Feast », alors que le successeur de Kennedy, Lyndon Johnson, annule le retrait des troupes US du Vietnam. Pire, par une trouille bleue du communisme, les GI’s voient même leurs régiments augmenter sur place…

 

  

« Entre deux épisodes de « Ma Sorcière Bien Aimée » ( 1964 – 72 ), les américains découvrent les corps mutilés des boys au Vietnam et les body bags embarqués par dizaines dans les carlingues boueuses des avions militaires » ( Jean Baptiste Thoret, « Le cinéma américain des années 70 », p.11 ). Alors que Aldrich retrouve le succès avec son sombre chef d’œuvre « Qu’est il arrivé à Baby Jane ? » , que Peckinpah commence son travail de destruction de ce mythe fondateur qu’est le western ( « Coups de feu dans la Sierra » en 62, « Major Dundee » en 1965 ), le sang, la violence, envahissent de plus en plus le quotidien des familles américaines. « Tous les soirs à 18 h 30, on regardait les images du Vietnam à la télévision. Le gouvernement n’avait pas encore appris à contrôler ce média et diffusait des images de corps en sang, de cadavres, de gosses en train de mourir… » ( « Les Milles yeux de Brian de Palma » de Luc Lagier, p. 26 ). Puis la claque dans la gueule arrive : le 31 janvier 1968, les Viêt-congs et l’Armée Populaire Vietnamienne attaquent conjointement plus de 100 villes dans le pays, et l’ambassade américaine à Saigon. Alors que les américains pensaient que les cocos n’avaient pas la capacité de mener une attaque si énorme, la chaîne NBC filme en direct, au lendemain de l’attaque, le chef de la police de Saigon tirer une balle dans la tête d’un guérillero Viêt-cong. Image traumatique par excellence, Michael Cimino en tirera sa séquence de roulette russe dans le magistral « Voyage au bout de l’enfer ».

 

 

 

Mais la guerre n’est pas l’unique source d’images fortes… 31 Août 1969,  Hendrix ouvre à 7 h 30 du matin le dernier jour de Woodstock, et se tape 3 min 43 de « Star Spangled Banner », d’hymne ricain distordu et incroyablement puissant. La même année, le 6 décembre, les Rolling Stones veulent faire LEUR Woodstock, et donnent concert à Altamont. Les bikers font le service de sécurité, les frères Maysles sont là pour filmer le tout. « Sympathy for the devil », les choses commencent à dégénérer, obligeant Mick Jagger à intervenir : « Brothers and sisters, come on now. Just cool out now. Everybody be cool now…”. Arrive “ Under my thumb “, la camera capte un mouvement de foule, des cris… Meredith Hunter, jeune black de 18 ans, se fait poignardé, et son corps jeté sous la scène. Les States sont malades, les caméras sont présentes, la génération beatnick se meurt dans une aura de violence et de mort.

 

 

ATTENTION : COURT METRAGE A NE PAS METTRE SOUS TOUS LES REGARDS 

« Toute cette violence réprimée qui soudain éclate à la surface », Martin Scorsese

 

Premier témoignage de l’électrochoc que fut les images de reporters au Vietnam, « The Big Shave » ( premièrement intitulé « Viet 67 – The Big Shave » ) tourné en 1967 par Martin Scorsese est une véritable introduction à cette ère créatrice que connu Hollywood de cette année à 1981 ( année de sortie des « Portes du Paradis » de Cimino ). Le décors blanc, aseptisé, baigné dans une lumière crue est une sorte de purgatoire où l’Amérique fantasmée d’avant l’introduction de la guerre dans leur salon ( les robinetteries clinquantes, le jazz old school ) va passer vers l’horreur des war footages par le biais d’une jeunesse déshumanisée. Affolant de maîtrise, Martin Scorsese termine ses 5 petites minutes sur un écran bouffé par le sang rouge des boys, aussi rouge que les couleurs de ce communisme qui a entraîné la plus grande puissance au Monde dans la paranoïa. Clair, net et précis, en plus d’être un hommage au « Dictateur » de Chaplin ( la séquence où le vagabond rase un client en suivant au maximum une partition de musique ), cet aîné ayant dénoncé une guerre à venir, le film arrive à point nommé pour apporter aux salles noires la première d’une longue série de claques, donnée par un ancien, Arthur Penn, avant que les « enfants de Bob Dylan » comme les appelle Peter Biskind ne prennent la relève. Ce sera « Bonnie and Clyde ».

 

Ouf… On respire. On rallume, on se fume une clope, on se descend un verre ou deux. Je n’ai pas parlé de la violence raciste, les émeutes de Newark ( 33 morts, 10 millions de dollars de dégâts et « Light my fire » des Doors en prime… ), ou celles de Watts ( 34 morts, plus de 1000 blessés, et un cri de révolte : « Burn America, burn ! ». Elle apporteront la blackspoitation, « Shaft » et tutti quanti, mais pas de remise en cause du cinéma. Par contre, le voyage n’est pas encore fini, il continuera dans la douleur, mais c’est bien connu, il n’y a pas de révolution sans sang versé…



Par Wolf Tone - Publié dans : Les Incontournables
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Mardi 7 octobre 2008 2 07 /10 /Oct /2008 10:29

Une femme a frôlé la mort hier soir. Lorsque j’ai vu les spectateurs sortir leurs appareils photos une fois arrivés dans la salle 6 de l’UGC Forum des Halles, cette blonde pourtant sympathique m’est apparue, alors qu’elle prononçait cette phrase : « Non, vous ne pourrez pas apporter d’appareils photos, non… Puis Guillermo del Toro ne sera là que quelques minutes, alors… Je le sais, j’y serai ! ». Ce fut elle qui occupa mes pensées alors que nous attendions tous fébrilement l’arrivée du réalisateur-juste-derrière-Peter-Jackson-dans-mon-cœur. Parce qu’à cause d’elle ( et de ma connerie, je le conçois ), vous n’aurez pas les photos de l’avant première. Mais je vous jure que j’y étais. J’Y ETAIS.

 



Et l’explosion fut énorme, tandis qu’un M. Loyal quelconque retraçait la carrière du plus beau des gros, et que celui ci se tenait dans l’ombre. « Va falloir faire le silence, si vous voulez que M. Del Toro se joigne à nous… ». Instantanément, tout le monde se tait, sans pour autant écouter le récit de sa filmographie que tous, dans la salle, nous connaissions par cœur ( le succès cannois de « Cronos », son premier film, la douloureuse expérience des studios avec « Mimic », son premier film perso « L’échine du Diable », la prise de pouvoir avec « Balde II », la confirmation de « Hellboy », et la consécration du « Labyrinthe de Pan » ). Non, nous, on regardait le monsieur en noir, là, dans le coin de la salle, on voulait voir le type qui nous a filé tant de bonheur de geek durant toute sa carrière. Et enfin, ENFIN, l’entrée dans la lumière, l’ovation, le sourire qui dessine une bien belle banane d’une oreille à l’autre, sur son visage comme sur le notre. Son speech ? Rien de bien nouveau, juste ce qu’il répète à chaque fois qu’il parle de Hellboy, que c’est le personnage le plus proche de sa petite personne, que, malgré les budgets conséquents, les deux films restent pour lui des œuvres personnelles. Quelques minutes de bonheur vraiment partagées, et puis parti M. Del Toro, sans que je puisse éterniser le moment, sans pouvoir vous filer un petit cadeau. Mais il aurait fallu que je le suive. Il aurait fallu que je quitte la salle derrière lui. Parce que ce qui allait suivre, sans être honteux, allait me ramener sur Terre.

Hellboy et Liz sont ensemble. Mais c’est pas à proprement parlé le grand bonheur. Puis Hellboy, il veut toujours faire partie du monde, ne plus se cacher des hommes. Puis Abe est toujours là, et Hamming a pris la tête du BDRP. Et un elfe, qui en a marre de voir son peuple enfoui sous Terre, vivre dans les égouts, alors qu’il est vingt fois plus puissant que le notre, se met en tête de prendre le pouvoir de l’Armée d’Or, 70 fois 70 soldats indestructibles…

Dur, pas vrai ? Oh, pas l’histoire, elle recèle de plein de possibilité, non, son traitement. Car dans l’ensemble, ce ton niais d’histoire de gosse mal dégrossi, c’est celui qui nous reste coincé dans la gorge à la sortie de la séance. Et pourtant je l’aime, le Del Toro. Pas un de ces films ne m’a déçu jusqu’ici. Un inconditionnel, je vous dis. Mais qui dit « Hellboy II », dit comparaison avec le « HB I ». Impossible de faire autrement. Et c’est fou de voir tout ce que Del Toro n’a pas réussi à réitérer.  

Quel est donc le pire ? Le manque d’équilibre entre humour potache et drame ? Ou le fait de LOUPER la partie dramatique ? Dans le premier, la mort de Trevor Bruttenholm, l’amour impossible entre Hellboy et Liz, la mort puis la résurrection de cette dernière, chaque passage grave avait la puissance nécessaire pour nous tenir en haleine, nous faire verser une p’tite larme. Et l’humour, certes pas des plus finauds, n’en demeurait pas moins suffisamment dilué dans le script pour nous rappeler que la première inspiration du réalisateur, c’était peut être du côté de Spielberg et des « Aventuriers de l’Arche perdue » qu’il fallait aller la chercher ( la scène d’intro de HB I en était d’ailleurs un sacré hommage ). Or, dans le deux, la mayonnaise ne prend pas : Del Toro oublie de nous replonger dans l’ambiance, il nous projette dans les bureaux du BDRP avec d’emblée un pauvre gag sur l’appétit gargantuesque de son héros. Là où la relation Liz / Hellboy était un vrai moteur dans le 1er, elle devient dans le 2nd une banale histoire de couple un brin bancal. Et pire, Del Toro a même oublier ce qui avait été la grande réussite non seulement de son premier tome, mais aussi de « Blade II » : la difficulté d’être un monstre dans un monde bâti sur l’uniformité. Là, ça devient inquiétant : la filiation avec son Blade est évidente, le méchant du jour, le prince Nuada, est l’alter ego de Jared Nomak, le vampire bâtard voulant prendre le pouvoir sur son peuple. Il va même jusqu’à prendre le même comédien, Luke Goss ! Mais jamais il ne sème le doute dans l’esprit de Red / Ron Perlman. Les thèmes de la filiation ou de l’appartenance à une race sont tout bêtement bâclés. Et en plus de reprendre et le même type de méchant, et son interprète, la Mort semble sortie du « Labyrinth de Pan »… Guillermo Del Toro commence à se recycler, se répéter, il loupe l’arrivée dans la bande de Johann Kross ( aberrant de le voir passer du chef psychorigide au pote trop cool ), tout comme il loupe l’explication du départ de John Myers ( deux pauvres répliques pour un personnage central du tome 1, ça fait mal… ).

 

Oh, il nous reste tout de même de quoi mettre cet épisode là au dessus de la moyenne ( la séquence pré-générique, celle où Hellboy et Abe se bourrent la gueule, le combat final ), et d’autres détails plutôt négatif ( qui a donc choisi ce gosse tête-à-claque pour faire Hellboy jeune ?!? ) qui sont eux, plus pardonnable, mais pour tous ceux qui ont suivi la carrière de ce fanboy absolu, « Hellboy II » restera comme le premier loupé d’une filmographie quasi parfaite. Et dire que je peux même pas vous consoler avec des photos qui le font. La vie, parfois, la vie…

Par Wolf Tone - Publié dans : Critique Cinéma
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Lundi 6 octobre 2008 1 06 /10 /Oct /2008 11:21

Seul. Oui, je suis seul. Comme un comédien raté déblatère son texte devant une salle quasi vide, je m’obstine à vous écrire, à vouloir vous atteindre… Certains supports semblent éternels, mais comment alors expliquer que j’ai perdu 70% de visiteur en l’espace de moins d’une semaine, BANDE DE SALAUDS ?!? VOUS VOUS EN BRAN… HEIN ? Je vous plains de passer ainsi à côté de ma prose. Oh, oui, je vous plains…

 

Et voilà qu’Octobre reprend son rythme infernal. Voilà que je replonge tête baissée dans… dans… Dans quoi d’ailleurs ? Car à y regarder de plus près, ce 15 octobre n’est pas si folichon que ça… J’avais marqué dans mon petit calepin, entre l’achat de sex toys et de javel ( TOUT se planifie ) la sortie de « Death Race » de Paul W.S. Anderson, et là, je me demande bien pourquoi. Certainement par sympathie pour l’original, « La course à la mort de l’an 2000 », un nanar bien subversif avec David Carradine et Sylvester Stallone, réaliser par certain Paul Bartel dont je ne connais rien d’autre. Mais certainement pas pour son réal’, celui qui transforma un Predator en Lassie et Milla Jovovitch en sous Lara Croft. Voilà. J’viens de parler d’un film à pas voir… Parlons plutôt de « Coluche », tiens, ça fera terminer ce chapitre. Il n’y a pas très longtemps, j’avais déjà eu une réaction de rejet face à « La môme » d’Olivier Dahan. J’étais rouge de rage qu’on nous balance la Cotillard pour jouer la grande Edith, j’en avais plein le cul de bouffer de la promo à chaque fois que j’allumais ma télé, la totale. Puis je me le suis calé avec ma mie, et je suis resté scotché et sur la performance de la petite Marion, et sur la classe de la mise en scène de Dahan. Mais là, on touche à Coluche. Un homme de NOTRE génération, un symbole, l’un des rares dont l’annonce de la mort me fit pleurer devant ma télé. Et rebelote : j’ai rien contre de Causnes, j’suis même assez fan, tout comme j’ai rien de particulier contre François Xavier Demaison, mais faire revivre le mec à la salopette me parai… ssais un pari impossible. Entre temps, j’ai vu des extraits, des plans larges avec Coluche / Demaison. Et j’ai une nouvelle fois été bluffé. Film sur sa présentation aux Présidentielles de 1981 ( 16% d’intentions de vote, putain, 16%… ), montrant des facettes de l’homme pas des plus reluisantes ( sa fausse grève de la faim, entre autre ), « Coluche, l’histoire d’un mec » s’annonce finalement comme une potentielle très bonne surprise…

 

Et parlons surtout de « Tokyo ! », œuvre collective autour de la ville japonaise, dont les segments sont réalisés par Léo Carax ( ah ouais ? ), Michel Gondry ( Ah Ouais ?! ) et Bong Joon-ho ( AH OUAIS ?!?!? ). Evènement en soi par le retour derrière la caméra 9 ans après « Pola X » de Léo Carax, perso, c’est surtout pour Gondry et l’incroyable Joon-ho que je me lèche les babines. Pour le premier, je veux qu’il se rattrape de son semi-échec de « Soyez sympas, rembobinez ! », qu’il retrouve son extraordinaire capacité à tordre la réalité pour en faire de la poésie. Je veux que cette histoire d’un couple s’installant à Tokyo, dont la jeune femme subit une étrange transformation à force de solitude nous fasse rêver, comme le firent « Eternal sunshine… » et « La science… ». C’est pas compliqué, non ? Quant au segment de Bong Joon-ho, ben c’est juste le nouveau film ( aussi court soit il ) de l’un des meilleurs réalisateurs de ces 5 dernières années. Rien que ça. Coupable des merveilles que sont « Memories of Murder » et « The Host », ce coréen parvient à mêler tendresse et glauque, rire et larme, dans un univers parfois proche de celui d’un autre coréen, Park Chan-wook. Pas si étonnant de retrouver les deux copains bosser ensemble sur l’adapation d’une BD française, « La Transperceneige »… Surtout quand on voit les extrait de son segment, « Shaking Tokyo », où un hikikomori ( tenez, j’vous file ça, ça m’a bien aidé : http://fr.wikipedia.org/wiki/Hikikomori ) tombe amoureux d’une serveuse de pizza qui s’est évanouie chez lui. Ces deux grands du ciné asiatique sont si proche qu’on pourrait presque voir en ce court une sorte de prolongement de « Je suis un cyborg ». Enfin, pour finir, Carax reste égal à lui même en nous parlons de Merde, un homme d’une civilisation inconnue, qui terrorise les Tokyoïtes ( ben vouais, ou Tokyotes, comme vous voulez ). Denis Lavant est encore là, dans un look de clochard qui lui va vraiment comme un gant. Mais non, j’suis pas méchant…

 

 

Et voilà. Non, merci, mais là, j’ai pas vraiment le temps. J’ai rendez vous ce soir. Non, ça ne vous regarde pas ! Enfin, pas encore… Soyez patients, demain, en fin de matinée, je vous raconterai tout ça, ok ? Mais faut vraiment que je me prépare. Je ne dois vraiment pas LE rater…

Par Wolf Tone - Publié dans : Sorties Ciné
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Vendredi 3 octobre 2008 5 03 /10 /Oct /2008 09:15

C’est bon, z’êtes installés ? Bbbiieeennn… Alors, la dernière fois, on a rapidement parlé de Chaplin et de son « Dictateur », voui… Mussolini et les studios de Cinecittà, voilà… Et ? Et pis c’est tout. Ok. DONC, on retourne plus de 60 ans en arrière, dans les ruines de Rome…

 

Dès les premières images de « Rome, ville ouverte », Rosselini est obligé de mettre les choses au point : les faits relatés durant les 1 h 40 du métrage sont inspirés de faits réels, mais ne sont pas la réalité. Faut pas oublier que la Guerre est toute fraîche, et qu’il n’est pas si simple d’en parler… En même temps, le film colle tellement aux faits qu’il en est presque un documentaire. Le personnage de Pina est un hommage direct à Teresa Gullace, une Romaine, dont le meurtre par les allemands eut un retentissement énorme en Italie, et celui de Manfredi est presque un copié-collé du partisan Cesare Negarville. D’ailleurs, avant de faire le choix de la fiction, Rosselini pensa faire un doc sur le prêtre Don Giuseppe Morosini ( cf le personnage de Don Pietro ), ou sur les enfants entrés en Résistance ( d’où le rôle crucial des mômes dans « Rome, ville ouverte » ).  Du coup, lorsque le film sortit, on parla d’ « actualité immédiatement reconstituée ». Le cinéaste est engagé, son film est un splendide réquisitoire contre le nazisme, et pourtant…

 

Pourtant, Rossellini a un passé ambigu : ami de Vittorio Mussolini, premier film ( « Le navire blanc » 1941 ) parrainé par le centre audiovisuel de propagande de la marine italienne, il en réalisa par la suite deux autres qui forment en tout ce que certains appèlent sa Trilogie Fasciste ( avec « Un pilote revient » 1942, et « L’Homme à la croix », 1943 ). Mais impossible de mettre en doute l’honnêteté de sa démarche à la vue du résultat final. D’ailleurs, le premier plan est là pour lever toutes interprétations possible : de nuit, sur fond de ruines, une patrouille nazie traverse le cadre au son d’un air martial sifflet avec entrain. Aucune fioriture de mise en scène, et décors réels d’une Rome détruite : le coupable est clairement identifié, rejoint plus tard par les miliciens, les Chemises Noires… Alors quoi ? Que de lacunes, mes ami(e)s, que peut être vous pouvez m’aider à combler… M’enfin, bon, retour à l’essentiel, retour au film…

 

Rome, hiver 1944. Un ingénieur communiste, Giorgio Manfredi, tente d'échapper aux Allemands qui occupent la ville. Il se réfugie chez un ami, Francesco, dont la fiancée, Pina, le met en contact avec le curé de la paroisse Don Pietro. Les trois personnages principaux, Manfredi le résistant, Pina la femme forte et Don Pietro l’ecclésiastique, permettent au cinéaste de toucher les pierres angulaires de la Résistance Italienne au nazisme : Manfredi est membre dirigeant du Comité de Libération Nationale, Don Pietro représente la Démocratie Chrétienne ( elle même membre du CLN ), et bien entendu la femme romaine, Pina, la matronne gardienne du foyer. Manque à l’appel la jeunesse italienne, pas celle des milices fascistes, mais ces enfants de la résistance, ces gosses quasiment nés dans la violence.

Rossellini a donc ses trois grands groupes bien visibles ( les hommes de la Résistance, les femmes et les enfants ), et passera l’ensemble du film à les faire s’interférer, et combattre l’Ennemi, qu’il soit Nazi ou Fasciste. L’amour de Pina pour Francesco provoquera sa perte, alors que celui de Marina la poussera à la délation. L’acte de Résistance des enfants contre les réservoirs d’essence provoquera la rafle ( donc la mort de Francesco ), mais c’est le don de l’écharpe par le petit Marcello qui le retardera, donc lui sauvera la vie. Tout s’entremêle, chaque pouvant à n’importe quel moment être le salut ou la chute de l’autre. Et chaque mort, chaque meurtre, alimente un désir de vengeance immense. Ce sera à Hartmann, officier allemand au regard bien trop lucide pour le Sturmbahnfuhrer, de le verbaliser :

 -          Nous ne savons que tuer, couvrant l’Europe de cadavres. Et, de ces tombes, naît la haine, la haine, partout la haine ! Nous serons anéanti par la haine…

 

A ce ton définitivement ancré dans le présent de l’Histoire ( c’est clair ? J’sais plus trop, là… ), le cinéaste va apporter la forme qui lui convient le mieux. Entre obligation ( l’Italie n’a presque plus de techniciens ou de comédiens ) et volonté narrative, le réalisateur monte son casting presque uniquement avec des acteurs non professionnels ( la splendide Anna Magnani n’avait alors tourné qu’un seul film ), voire des quidams trouvaient dans la rue, et se sert au maximum de la lumière naturelle et de matériel de prise de vue léger, facilement transportable d’un décors à l’autre. La totalité des séquences de rues sont du coup tournées caméra à l’épaule, dont celle, entrée dans la légende, de la mort de Pina. Ou ce plan magnifique des enfants descendant une petite colline, éclairés par les flammes de l’explosion des réservoirs d’essence. Rossellini filme vite mais bien, achetant sa pellicule aux soldats américains qu’il croise, vendant tout ses biens pour pouvoir terminer son œuvre.

 

Lorsque « Rome, ville ouverte » sort, le succès est immédiat, et le film remporte le Grand Prix du Festival de Cannes en 1946. Il est le représentant d’un réalité que d’autres cinéastes avaient abordé soit avant ( « Espoir » d’André Malraux, plus proche du montage d’images de reportage, filmé en 1939 mais présenté en 1945 ), soit quasiment en même temps ( « La bataille du rail » de René Clément ) que Rossellini. Il est surtout une date dans l’Histoire du cinéma, un repère dans sa chronologie, d’où partent les révolutions à venir…

Whouaa, ça, c’est de la fin… Bon, allez, la prochaine fois, on s’apercevra comment le petit écran et deux films amateurs vont chambouler tout ça, et donner naissance au Nouvel Hollywood… Vous vous languissez, pas vrai ? Ah, ça fait plaisir… Ah, j’allais oublier : chose promise chose due, le bon point des Demoiselles ! Et soyez sages en sortant !

Par Wolf Tone - Publié dans : Les Incontournables
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Jeudi 2 octobre 2008 4 02 /10 /Oct /2008 11:01

Fabrice Du Welz n’est pas tranquille. Quelque chose a dû se passer durant sa tendre enfance, un truc moche, un truc à vous rendre schizophrène.  Après un « Calvaire » et sa déliquescence certes fort bien foutue mais un chouia déprimante, il enfonce le clou avec ce « Vinyan », ode à l’absence, au deuil impossible, donc à la folie.


« Incapables d'accepter la perte de leur fils dans le Tsunami de 2005, Jeanne et Paul sont restés vivre en Thaïlande. S'accrochant désespérément au fait que son corps n'a pas été retrouvé, Jeanne s'est persuadée que son enfant a été kidnappé, dans le chaos qui suivit la catastrophe... qu'il est encore vivant. » J’espère qu’il n’y a pas de droit d’auteur sur les résumé d’Allociné, sinon j’suis ruiné à vie… Le couple Behlmer ( en l’occurrence une Emmanuelle Béart pour le coup excellente, et un Rufus Sewell au diapason ) sont en fait les personnages physiques donnant la réplique silencieuse à deux autres protagonistes muet mais terriblement présent : la Nature et Joshua, le fils disparu.

La première est non seulement la raison du malheur, mais aussi son lieu. Gaffe à vous : Du Welz nous présente sa vision du Tsunami lors du générique en début de film, et elle est tétanisante. Et pour bien nous faire comprendre que c’est de lui que tout est parti et que c’est en lui qu’il faudra attendre une fin, il nous donne comme premier plan une magnifique Emmanuelle Béart sortant de la mer en parfaite sirène… Dès lors, la nature ( et principalement l’eau ) ne nous quittera plus : pluies, rivières, boue, le raz de marée s’invite tout au long du métrage, qu’il baigne dans une mélancolie collant à la peau. Même les superbes paysages de la Thaïlande ( magnifique boulot de Benoît Debie )sont toujours nimbés de brume… Normal dès lors que la fin soit couverte de boue, et que Jeanne et Paul ne puissent faire définitivement leur deuil.

Le second, bien évidemment, n’existe qu’à travers les 3 autres. C’est fou comme l’absence rend le disparu 20 fois plus présent. Il est à la fois le moteur de l’action, mais aussi la cause de la chute. C’est certainement le traitement du deuil par le réalisateur qui fait la force incroyable du film. Les moments de crise entre Jeanne, persuadée que son fils est toujours en vie, et Paul, qui n’y croit plus, mais est prêt à tout pour sa femme, sont tous de grands moments de douleur. Inutile d’avoir connu la perte d’un être cher pour en ressentir la palette des sentiments : tristesse, doute, espoir, douleur. A tel point que le film est certainement un des plus difficiles à endurer que je connaisse. Tant que Du Welz reste dans le drame psychologique. Tant qu’il parle de réalité.


Car la fin nous entraîne ailleurs, dans un monde fait de démons ( les fameux Vinyans ), des enfants morts lors du Tsunami et qui sont accrochés à la Terre par la violence de leur disparition. Effrayant à chacune de leurs apparitions, ils sont juste « autre ». Symbole ou fragment de l’Au delà, ils ne portent pas la même charge émotionnelle que la simple description de l’atroce vie d’un couple en deuil d’un enfant. La bascule d’un monde à l’autre est pourtant réussie, la fin nous laisse dans l’inconfort certainement voulu par le cinéaste, mais jamais les 20 dernières minutes n’arrivent pourtant à supplantées les 1 h 10 précédentes. Même thématique, même personnages centraux, même classe de la mise en scène… Alors peut être est ce que le surnaturel n’illustre pas avec assez de force la folie de Jeanne ? De ma part, vous vous doutez bien que je ne crois pas à cette hypothèse. De plus, cette partie du métrage comporte certainement les plus belles images du film ( dont l’arrivée du couple dans un immeuble en ruine au cœur d’une nature portant encore les stigmates de la catastrophe ). Non, là, franchement, je ne sais pas : quelque chose se casse dans cette fin, quelque chose dû à un changement de rythme, à l’apparition de l’élément surnaturel, quelque chose qui nous coupe de Jeanne et Paul.

Mais tout ceci est totalement subjectif. Car Du Welz nous sert un tout cohérent et doté d’une véritable âme. Et si cette fin n’est qu’une histoire de goût, au lieu d’une histoire de scénar’ bâclé ou de twist invraisemblable, ce n’est du coup pas un défaut, juste une différence de point de vue. Le film reste une réussite, un drame atroce avec de la douleur à fleur de peau…

Par Wolf Tone - Publié dans : Critique Cinéma
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Mercredi 1 octobre 2008 3 01 /10 /Oct /2008 10:26

Ma clef pour la richesse, ma belle, pour le fric à profusion ! Depuis que St Jean m’est apparu, chevauchant son destrier moderne, je SAIS que la fortune est proche ! Car j’ai calculé : juste en niquant 10 voitures par jour avec délit de fuite, et même en rien foutant du week end, je peux me palper 56 000 € en 1 mois ! Non, ne pleure pas chérie, ne pleure pas…

 

Mais en attendant d’avoir pu accumuler assez d’oseille pour qu’on puisse se dorer la rondelle aux Bahamas, je vais rester humble, et mettre à votre service mon forfait Internet pour parlotter de films qui sortent en DVD, et qui, dans les grandes largeurs, sont assez chiants ce mois ci. En fait, non : octobre frôle la bérézina.  Parce qu’à moins de rêver regarder sur votre Home Cinéma Liane Foly, ou vouloir lobotomiser votre gosse avec « Barbie et le plaisir de Diamant » ( ceux qui auront compris le titre peuvent m’écrire, j’mourrai moins con… ), y a vraiment pas grand chose à se mettre sous la dent… Car qu’attendre de « Crimes à Oxford » de Alex de la Iglesia ? Bien entendu, étant connecté mentalement avec les forces de l’univers, je vous ai très récemment parlé de ce premier véritable échec artistique du Poto del Geekos del Mondo… C’est sûr que c’était pas facile de rempiler après le gargantuesquement génial « Crime Farpait », mais le véritable problème n’est pas vraiment là : posons nous plutôt la question de tous ces réalisateurs qui, après un début de carrière indépendante prometteuse ( voire rêvée dans le cas présent ), finissent par pondre des trucs peut être regardables, mais franchement en deçà de leurs précédentes productions. Film assez convenu avec un casting certes brillant ( Elijah Wood, John Hurt ) et une intrigue flirtant avec Agatha Christie, « Crime à Oxford » n’est vraiment pas le film à se caler pour découvrir ce grand ( gros ? ) monsieur du ciné ibérique…

 

Que penser aussi de ce « 3h10 pour Yuma », que j’ai pas vu ? Ben que je l’ai pas vu. On va donc se la jouer style « il est pas encore sorti… » et pondre un truc sur ce que ce western peut bien être ( heureusement que vous payez pas d’abonnement pour accéder à ces lignes… ). Alors, on a un film d’origine, éponyme, sorti en 1957 et réalisé par Delmer Daves, et que j’ai pas vu non plus. On a un réalisateur, James Mangold, qui fut un des rares mecs qui me donna envie de balancer mon fauteuil dans l’écran, tellement il m’avait pris pour un con avec son « Identity » ultra-efficace, mais ultra-facile. MAIS il m’a donné aussi une belle gaule avec son « Copland », LE film de Sly, et la splendide biographie de notre héros à tous, même ceux qui le savent pas, « Walk the line » sur l’homme en noir Johnny Cash. On a 3 comédiens qui tuent littéralement, à savoir Christian « Capcrusader » Bale, Russel « Maximus » Crowe et Peter « Captain America » Fonda. On a aussi comme chef op’ une blague sur patte, Phedon Papamichael, mais qui au delà de ce nom qui tue une vie sociale en 3 – 2, est un sacré gars niveau lumière ( il bosse sur quasi tous les films de Mangold ). Enfin, on a un livre avant d’être un film, écrit par Elmore Leonard, dont les romans furent maintes et maintes fois adaptés à l’écran ( « Jackie Brown », c’était de lui, « Hors d’atteinte » de Soderbergh aussi, tout comme le sympathiquement raté « Get Shorty » ). Débrouillez vous avec tout ça… Hein ? Ah, merde, l’histoire : Dan Evans ( Christian Bale ), blessé lors de la guerre de sécession, survit dans un ranch en pleine sécheresse. Afin de pouvoir se refaire, il accepte une prime pour convoyer le célèbre bandit Ben Wade ( Russel Crowe ) à un train en direction de Yuma…

 

Que dire des deux désillusions de l’année 2008 ? A savoir le « [Rec] » du pourtant génial Jaume Balaguero, et « Doomsday » du pourtant prometteur Neil Marshall… Le premier est simplement le fer de lance de l’horreur ibérique, un mec qui, de « Fragile » à « Darkness » en passant par le culte « La secte sans nom », n’a quasiment pondu que des bandes de trouilles qui le font. Mais ce coup ci, il a beau s’associer à Paco Plaza, valeur montante de l’autre côté des Pyrénées, rien n’y fait. Son dernier film, voulu comme une expérience immersive, n’est qu’une accumulation de scènes soit chiantes, soit hystériques. Filmé façon « Blair Witch » ( ce qui veut dire avec un gros problème de lisibilité de l’action ), son histoire d’une équipe de télé espagnole suivant des pompiers qui se retrouvent bloqués dans un immeuble avec des gens pas beaux qui bouffent tout ce qui leur passe sous la main est plus irritante que stressante… Quant au second, réalisateur du traumatisant « The Descent », et du fort sympathique « Dog Soldiers », c’est simplement un série Z italienne ( époque sous « Mad Max » ) avec pleins de sous dedans. Rhona Mitra, aussi belle soit elle, est pas franchement crédible en Snake Plissken ( « New York 1997 », ça vous dit ? ), et le final ( après une looonnngguuueee traversée du désert ) est simplement grotesque. Bon, c’est vrai, je suis assez dur avec les deux, mais merde, c’est pas n’importe qui ces gus ! Et comparés à leurs précédents efforts, y a pas de doute, ce sont deux bouses.

 

 

Enfin, arrive la vague des trucs pour mioche, et là, que dire de ce « A la croisée des Mondes » de Chris Weitz ? Que lui, je l’ai vu. Non, j’ai pas honte. Je dirai même plus, j’ai lu les bouquins de Philip Pullman, la trilogie des « Royaumes du Nord ». Et croyez moi, c’est pas des livres à mettre entre les mains de tous les gosses… Encore trop tôt pour dire ce qu’en fera le réalisateur lors des 2 prochains tomes, mais les livres sont tout de même de sacrées charges contre la religion catholique, avec en prime une approche frontale de la mort à faire réfléchir même les adultes. En gros, c’est pas du Harry Poté. Le film, par contre, est tout de même en deçà ( comme d’habitude ) du matériau d’origine. Plaisant sur sa totalité ( en grande partie grâce à la présence au générique de Nicole Kidman, Daniel Craig, Sam Elliot et Kristin Scott Thomas ), Weitz réussi un petit film pour gosse avec de grand moyen. Pas de quoi en pondre trois pages… Tout comme « L’île de Nim » de Jennifer Flackett et Mark Levin, le film à l’affiche qui fit halluciner tout ceux qui la croisèrent du regard. J’étais persuadé que c’était pour le prochain Mocky ( ou Caro, j’sais plus ). Pur produit formaté sans la moindre demande d’implication du spectateur ( assis toi, bouffe ton pop corn, et SURTOUT, cours acheter le sac avec la trogne de l’héroïne insupportable ), il passe comme un paquet de fraise tagada : c’est bon au début, écœurant à la fin, et ça ramollit le cerveau. Torchons ce trio infernal par un DTV ( enfin, je crois ), qui ose carrément le titre de « L’apprenti Sorcier » et l’affiche sur fond bleu et tout et tout, nous balançant un Merlin au visage bouffi par le latex, une guerre entre sorcier et un mioche qui se retrouve au milieu. Voilà, c’est fini. J’vais me faire un pastis et bouffer un paquet de k’ouètes, tant de sucreries, ça me retourne le bide…

 

Bref, un mois d’octobre qui s’annonce bien pourrave. Alors risque fort de ne pas y avoir de nouveaux posts sur le thème. Vous me direz, avec 22 films à voir en salle, c’est pas plus mal… Puis ça laisse du temps pour que chacun de notre côté, nous puissions prier St Jean. Et que plus jamais, oh grand jamais, le Mal du pouvoir d’achat ne s’abatte sur nous…


Par Wolf Tone - Publié dans : Sorties DVD
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