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Vendredi 16 janvier 2009

?



Vous faisiez quoi, vous, à 06 h 38 hier matin ? Moi, perso, je regardais des légumes la bouche ouverte, en bavant sensuellement sur mon écharppe. Dodo pour ma louve, pour pas mal d’entre nous. Bloody Dan devait peut être ouvrir un œil, tout comme Fred. Je suis prêt à parier que notre Poetic Gladiator devait écrire mentalement un de ses géniaux pamphlets, tout en se blotissant sur sa charmante femme Gracia. Lola Sponge avait elle réussi à fermer l’œil cette nuit là ? Coco la Mouche, elle, certainement !

 

Mais j’en connais deux, de beaux spécimens d’êtres humains, qui n’ont pas dû fermer l’œil de la nuit. 16ames, le palpitant à 1000 à l’heure, devait certainement faire ses pas perdus autour de sa Marianne de louve. Jusqu’à 06h38. Jusqu’à ce que l’ange Antonin pointe le petit bout de son petit nez. Alors que Wolf Tone, lui, ne se doutait de rien…

 



Wolf Tone, il a plein de choses à faire. Il doit apprendre à bosser avec des d’jeuns, il doit prendre le pouls de gosses avant qu’ils ne partent totalement dans la crevasse de la fracture sociale. Il doit se préparer à retourner sur les bancs de l’école. Il doit continuer à ce coltiner des levés à 04h50 pour torcher des bananes. Et surtout, il doit garder contact avec ses Dan, Fred, Hélène, Lolo ( qu’il soit en Essonne ou à Marseille ), Stl, et j’en oublie… Tout comme il doit prouver, chaque jour, qu’il n’a pas choisi sa louve pour rien, qu’il l’a fait pour que le pire ait toujours la gueule du meilleur. Mais ça, c’est vraiment pas compliqué…

 

Il ne peut donc plus, et ce depuis quelques semaines déjà, vous offrir en pâture ses délires graphiques, vous l’aurez remarqué.

 

Alors, oui, c’est vrai, 2009 ne sera pas l’année de Wolf Tone. Elle devient l’an 1 d’un nouveau Alain. Et quelque part, il y a un Dieu, un truc, un ange, un bidule, qui a fait que 2009 soit l’an 1 d’un nouveau 16ames, d’une nouvelle Marianne. Quoi de plus normal alors que la fin de ce blog naisse de l’arrivée d’Antonin sur notre bonne vielle Terre ? Faisons lui une très grande place, mes amis, mes frères, mes sœurs, faisons lui toute la place qu’il mérite dans notre univers. Qu’il soit entouré d’êtres humains, qu’il soit accueilli comme il se doit. Il a déjà un énorme atout, le p’tit, des parents épatants. Et, si ces derniers le veuillent bien, il aura un vieux loup tout illuminé par son arrivée, qu’il pourra appeler « Frère Georges ».

 



J’aurais pu vous parler de John Fante, le plus grand écrivain américain de l’univers, de Cimino et son chef d’œuvre « Voyage au bout de l’enfer », le plus grand film de l’univers, de New Model Army, le plus grand groupe de l’univers. J’aurais pu écrire un truc rigolo, plein de conneries, en guise de texte d’adieu. Mais j’crois bien que le petit Antonin est le plus beau coup d’envoi de ma renaissance que la vie pouvait m’offrir.

 

So adios, good by, Auf Wiedersien ( ? ), à ton étoile, à ciao bon dimanche. Et ne croyez pas la météo : en ce moment, sur Nation, à Paris, il y a un putain de Soleil qui brille. D’ici peu, il se déplacera doucement vers Paris 11.

 

Au plaisir de vous lire, écouter, rire, danser, veuillez agréer, mes frères, mes sœurs, l’expression de ma reconnaissance éternelle ! Et si on vient vous questionner pour savoir où il est passé, ce con de loup, merci de répondre « Demande à la poussière » !

 

Wolf Tone

Par Wolf Tone - Publié dans : Avertissements
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Mercredi 26 novembre 2008

Non, je ne ferai pas mon coming-out. Non, vous ne me ferez pas dire que je suis un zomosexuel. Même si je déclare une nouvelle fois ma flamme à un homme, même deux, NON, je n’en suis pas… et pourtant. Car, tout comme j’aime Clint Eastwood, j’aime James Gray. Et j’aime aussi Joaquin Phenix. Depuis « The Yards », « We hold the night », et aujourd’hui « Two lovers ». Et que Dieu me vienne en aide, j’aime sincèrement ces deux hommes. Voilà, c’est dit. Le regard de l’un filmé par celui de l’autre, c’est une double preuve que la sensibilité faite homme existe. Alors, oui, Gray abandonne son domaine de prédilection qu’est le film noir, mais il nous démontre ainsi que son style, son âme n’est pas définitivement lié à un genre ultra-codifié. Tout comme Paul Thomas Anderson avec « Punch Drunk Love », James Gray s’empare d’un autre univers dont on semblait connaître tous les mécanismes, la comédie sentimentale, pour mieux le ramener à sa propre vision de l’homme. Et dans les deux cas, elle est plus complexe que l’à priori ne le laisse imaginer.

Mais bien plus que chez Anderson, c’est d’abord l’univers visuel de Gray qui se met en danger en quittant l’écrin des drames qu’il surlignait jusqu’à présent. Retrouver la lumière naturelle pour un cinéaste qui préparait ses ambiances comme un peintre réfléchit l’exposition de son œuvre ( à savoir en jeu d’ombre et de lumière, en profondeur, en chaleur ), c’est risquer de perdre un peu de la magnificence que ses plans, dans ses films précédents, parvenaient à atteindre. Premier soulagement : Gray n’a strictement rien perdu de son pouvoir d’enchantement. Mieux, en tournant beaucoup plus en extérieur, Gray coupe l’herbe sous les pieds à ses détracteurs qui ne voyaient en lui qu’un artiste maniéré, voire surfait. Car en limitant le nombre de ses plans-peintures, le réalisateur multiplie la puissance des rares qui traversent le film : premier plan superbe de Joaquin Phenix marchant, hagard, sur une jetée, avant une nouvelle tentative de suicide ; gros plan du coup de poignard qui prend la forme d’une caresse de la main d’Elias Koteas sur le visage de Gwyneth Paltrow ; l’arrivée de la même Gwyneth dans un couloir sombre, au ralenti, sans que ses pas ne se fassent entendre ; et encore elle, sous l’étreinte de Joaquin Phenix, lançant un regard caméra qui nous scotch au siège, tant il est chargé de solitude, de tristesse. Gray égraine son film de fulgurances qui gagnent, de part leur nombre limité, un sens encore plus fort. Comme un certain Clint dans son dernier film…

L’autre crainte légitime du spectateur est de ne pas retrouver dans cette histoire de triangle amoureux ( Joaquin Phenix / Leonard Kraditor, jeune juif dépressif promis à la belle Vinessa Shaw / Sandra, tombe complètement sous le charme de la belle et libre Gwyneth Paltrow / Michelle ) la puissance tragique de ces trois précédents chefs d’œuvre. Là, le débat reste ouvert : doit on attendre d’un cinéaste qu’il répète ad vitam aeternam la recette de ses succès ? Le plus important n’est il pas que l’artiste garde son empreinte, son identité, et ce quelque soit le genre auquel il se frotte ? James Gray a toujours les mêmes obsessions : le libre arbitre, le poids des communautés, la solitude de l’instant du choix. La fusion des teintureries de son père avec celle de son futur beau-père est une réussite qu’il ne doit pas foutre en l’air. Et même si Michelle est une promise de rêve, Leonard, cet espèce de mort vivant qui survit depuis sa séparation d’avec son ancienne fiancée, aspire à la liberté, à la passion que représente Michelle. De la même manière que le Joaquin Phenix / Bobby Green de « We hold the night » fuyait le carcan policier de sa famille, Leonard ne peut pas renaître s’il reste dans celui de sa communauté juive. Il devra prendre cette décision seul, s’inscrivant dans la lignée des personnages de la filmographie de Gray, Bobby Green, mais aussi Mark Wahlberg / Leo Handler de « The Yards », ou Tim Roth / Joshua Shapira dans « Little Odessa », prouvant que ce prodige du cinéma américain garde une cohérence à toute épreuve dans son travail.

Alors si on ajoute un casting toujours aussi parfait ( au milieu des deux femmes en miroir, la blonde et écorchée Gwyneth Paltrow, et la brune équilibrée Vinessa Shaw, se trouve peut être la plus importante de toutes, la mère, campée par Isabella Rosselini, alors que le père est joué par Moni Moshonov, déjà père de substitution du même Joaquin Phenix dans « We hold the night » ), une place toujours aussi importante réservée à la musique ( l’opéra, mais aussi une séquence en boîte de nuit qui en plus de faire écho au night club de son précédent film, rappelle, la gaucherie de Leonard en plus, les pirouettes de Travolta ), c’est sans la moindre difficulté que « Two lovers » s’intègre à une carrière sans faute, un parcours de prodige. A croire que James Gray pourrait faire un film de science-fiction ou d’épouvante qu’il garderait intact son âme. Comme un certain Stanley… Prochaine étape : une biopic de l’explorateur britannique Percy Harrison Fawcett, avec Brad Pitt en tête d’affiche. Et ma main à couper que Wolf Tone aura alors l’occasion de prouver qu’il n’a jamais tort.

Difficile de ne pas l’aimer, hein, le beau James ? Et le pire reste à venir : la semaine prochaine, c’est au tour de Steve McQueen, le réalisateur de « Hunger », un premier film qui fait déjà office pour beaucoup d’œuvre majeure. Et là, en plus, il est noir… Ma louve, t’es où ?

 

Par Wolf Tone - Publié dans : Critique Cinéma
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Vendredi 21 novembre 2008

 

J’ai encore grandi aujourd’hui. Oui, Wolf Tone a dit « NON ! » à ses craintes, ses peurs, ses tourments… Je suis allé voir « L’échange » au cinéma. Vouais. Une vraie prise de risque. Parce que j’ai du mal à aller voir des films qui vont me torturer. Et le Grand Clint, il arrive toujours à me faire chialer. Je me cale en DVD « Mystic River », et vlan, je me dit que je suis trop con de pas l’avoir vu en salle. « Million Dollars Baby » sort, je vais le voir au ciné, et re-vlan, il me fout un genou à terre. Alors aller voir sa dernière œuvre, avec la crève, 4 heures de sommeil dans la gueule et une plutôt bonne humeur, on peut pas dire que ça va de soit. Et re-re-vlan, Monsieur Eastwood m’étale d’un crochet, j’suis ailleurs, faut qu’j’en parle…

Tiens, mais qui voilà ! L’anonyme d’Allociné ! Comé va ? Alors il dit quoi… « Los Angeles, 1928. Un matin, Christine dit au revoir à son fils Walter et part au travail. Quand elle rentre à la maison, celui-ci a disparu. Une recherche effrénée s'ensuit et, quelques mois plus tard, un garçon de neuf ans affirmant être Walter lui est restitué. Christine le ramène chez elle mais au fond d'elle, elle sait qu'il n'est pas son fils... ». Bon, je rectifie juste un truc : Christine Collins sait dès le début que ce n’est pas son fils. Et c’est une nuance qui tient tout le film, car nous savons, nous aussi, que l’enfant que la caméra nous présente n’est pas Walter.

Clint Eastwood n’essaie jamais de nous faire croire autre chose. En fait, il ne nous fait jamais croire à quoique ce soit, parce qu’il sait que l’histoire vraie de Christine Collins est suffisamment forte pour qu’il n’ait pas besoin d’artifice, ni scénaristique, ni de mise en scène. « L’échange » est un classique, filmé de manière classique, et appeler à devenir un classique. Dès les premières notes de musique, lors d’un grand panoramique en noir et blanc du Los Angeles des années 30, le réalisateur avoue ses ambitions : il va nous raconter un drame. Et ces notes tristes ne suggèrent rien de bon : ce sera dur, ce sera long, mais ce sera surtout beau. Aucun effet superflu ne viendra casser se parti-pris. Bien au contraire, ce thème splendide du maître lui même a le rythme de sa mise en scène : calme, fluide, faite de travelling, de panoramique et de champ / contrechamp qui ne veulent rien faire d’autre que raconter, que se mettre au service d’un scénario qui prend son temps.

Mais cela ne veut pas dire qu’Eastwood est figé dans une sorte d’académisme. Des fulgurances nous rappellent qu’il est un homme de cinéma de son temps. Cette douche au jet dans un hôpital psychiatrique filmé caméra à l’épaule, le tourbillon des questions des journalistes lancés à Christine et ce faux-fils, où cette même caméra portée se mélange à un travelling autour du duo improbable, ou alors ce long plan fixe sur Christine qui craque, pleure et crie à cet étranger : « Tu n’es pas mon fils ! ». Des moments qui doivent être filmés différemment, parce qu’ils sont des moments majeurs, des instants de rupture. Là où certains verraient un cinéma d’une autre époque, je vois un cinéma éternel. Et pour lever tout les doutes, il y a cette pendaison finale. Clint Eastwood l’exprime d’ailleurs clairement en interview : le pathétique de cette exécution est la réplique exacte de celle qui eu lieu à l’époque. Sans musique, sans effet, juste l’accélération des plans à l’instant T de la mise à mort. Un regard sur la violence qui fait écho au roman de Truman Capote, « De sang froid » : l’absence de style est un style en soit, et lorsqu’il est utilisé à bon escient, il est glacial.

Reste qu’Eastwood n’est pas seulement un bon filmeur, il est aussi un excellent directeur d’acteur. Et arrive la seule véritable révélation du film : Angelina Jolie. Christine Collins pour la comédienne, c’est le rôle d’Aileen dans « Monster » pour Charlize Theron. Plus jamais vous ne verrez la Lara Croft live de la même manière. Si effectivement les larmes ont une sale tendance à se pointer, si on a envie de se lever pour gueuler contre tant d’injustices, c’est grâce à elle. J’sais pas, j’ai beau me triturer les méninges, je ne vois pas un seul film dans la carrière de Mme Pitt qui ne soit à la hauteur de ne serait  5 minutes de celui. Femme forte et solide en début de film, soumise et en pleine détresse lors de ses premières confrontations avec la police corrompue d’alors, puis brisée face à un système broyeur, Angelina Jolie incarne à la perfection la renaissance par le combat. Jamais je n’aurais cru écrire dans une même phrase « Angelina Jolie » et « perfection », mais Eastwood, lui, n’a certainement jamais douté.

Parce qu’en plus de dénoncer la corruption et les injustices ( enfin, pour celui qui incarna Dirty Harry, et qui tourna des brûlots comme « Les pleins pouvoirs », c’est pas une surprise ), il signe certainement là sa plus grande déclaration d’amour au femme. Christine Collins, la vraie, n’avait certainement pas le même sex appeal qu’Angelina Jolie. Mais pour Eastwood, il fallait arriver à surligner la beauté d’âme de cette femme pour qu’elle nous subjugue, qu’elle nous gagne à sa cause d’un simple regard. Et la comédienne, en plus d’apporter sa plastique quasi-parfaite, ajoute un charisme, une carrure que nous ne lui soupçonnions pas… Résulte une femme magnifiée, belle et fragile, forte et indépendante, sans que jamais cela ne dépasse la ligne qui sépare iconisation et stéréotype.

Bref, vous l’aurez compris, « L’échange » est une pièce d’art que Clint Eastwood rajoute à une filmographie déjà impressionnante. Et là, l’air de rien, on repense au boursouflé Festival de Cannes, dans son édition 2008. Cette année, Sean Penn décida avec son jury de donner la Palme d’Or au truc mal fagoté qu’est « Entre les murs ». Au delà de mon rejet viscéral du truc de Cantet, il est impossible d’arriver de mettre sur un pied d’égalité les deux films. Et le problème va plus loin : l’Ours d’Or de Berlin de cet année fut attribué à « Troupe d’élite », alors qu’un autre futur classique, le « There will be blood » de Paul Thomas Anderson, repartit bredouille. Alors quoi ? « 4 mois, 3 semaines, 2 jours » qui cloue sur place le « No country for Old Men » des frères Coen, tout ça, ça veut dire quoi ? Peut être que Michel Ciment de Positif, dans son édito du numéro de Novembre, a raison : ces 3 films couronnés partagent le même positionnement social, le même rejet du classicisme pour un certain réalisme. Comme si les grands festivals voulaient se laver la conscience, dans une démarche boboïsante, pour étaler aux yeux du Monde non pas une leçon de cinéma, mais un grand moment de culpabilité. Maintenant, filmer bien, filmer beau ( James Gray fut aussi un des grands oubliés de Cannes cuvée 2008, tout comme le « Hunger » de Steve McQueen fut écarté de la compétition, alors que les échos en font LA révélation ciné de 2008 ) ne fait plus le poids face au filmer vrai, filmer cru ( quitte à être particulièrement ambigu dans sa morale, pour « Troupe d’élite », voir à ne pas faire du tout l’unanimité, pour « Entre les murs » ). C’est has been, c’est un truc de vieux. Ok… Alors on va regarder ça un poil différemment : on va attendre que Cantet, Mungiu ou Padilha aient 79 ans. Ou alors on va voir lequel d’entre eux sera décortiqué dans les cours d’analyse du film à la fac. C’est ça aussi le rôle de grands festivals de cinéma : être visionnaire, primer ces films qui marqueront, à long terme, l’histoire du cinéma mondial. Dire que Sean Penn, le fils spirituel d’Eastwood, alla dans ce sens… A nous de remettre les pendules à l’heure. En allant voir ces bijoux, ces chefs d’œuvres. Et tant pis si les jurys sont pas foutu de mettre de côté leur trip’ de gaucho à œillères… Moi, je vous donne rendez vous pour l’année 2009 : papy Clint va nous en remettre une couche, et j’parie mes coucougnettes que je vais encore mal…

 

Par Wolf Tone - Publié dans : Critique Cinéma
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Vendredi 14 novembre 2008

J’ai vécu des moments traumatisant au cinéma. Des moments où je me sentais capable des méfaits les plus sanglants… Ca vous est jamais arrivé, à vous ? De vouloir étouffer votre voisin avec ses papiers de bonbons de merde ? D’abréger les souffrances d’un couple de vieux bourgeois boursouflés qui se racontent le film au fur et à mesure ? J’ai même eu droit, pendant la séance des « Bureaux de Dieu » aux ronflements apocalyptiques d’un gros beauf qui voulait certainement récupérer de sa vie d’alcoolo patenté… Ah, ne me dîtes pas que je suis méchant, hein, les vrais ennemis sont ces substituts d’être humain civilisés qui prennent les salles noires pour des succursales de leurs salons. Hier, j’ai eu droit pendant « My Magic » de Eric Khoo ET aux bonbons sacrilèges ET aux vieux cons dont l’âge semble leur donner tous les droits. Et en plus, le film était chiant…

 

 

Un serveur alcoolique dans des bars miteux ne gère plus du tout son gosse depuis le départ de sa femme. Lorsque son fils pète un plomb et lui gueule dessus en le traitant… d’alcoolique, il décide de se reprendre en main et de reprendre son ancien boulot, celui qui avait fait sa gloire : magicien.
Y a du potentiel là dedans. Un potentiel que la bande annonce mettait fièrement en avant : poésie des tours de magie, solitude d’un gosse mise en parallèle avec celle de son paternel, douleur de la perte, bref, de quoi pondre un beau drame intimiste. Ca, c’est lorsqu’un vrai réalisateur est derrière la caméra, et un bon monteur derrière son Avid. Il est évident que Khoo aime ses personnages, et principalement son père ( joué par Patrick Bosco, un vrai magicien, comme un vrai bon comédien… ), épatant de naturel. Mais certainement pas suffisant pour palier une absence de mise en scène flagrante. Parce qu’il ne suffit pas de cadrer et éclairer quelques plans pour filer une cohérence à un métrage. Tout comme il ne suffit pas de raccrocher les plans dans une logique chronologique ou spatiale pour qu’on ait un montage digne de ce nom. Il suffit de se caler la partie centrale du film : chronologie parfois incompréhensible, construction un peu trop systématique ( je suis magicien, je suis papa, je suis magicien, je suis… papa ! Je suis… ), pauvreté de certaines séquences ( passer de plans bien chiadés à des trucs digne d’une série télé, ça déconnecte ), ces quelques 20 minutes plombent à ce point le métrage que la durée initiale de 1 h 15 semble interminable…


Résultat : un film en 3 parties, la première étant sauvé par un Patrick Bosco bouleversant ( ces coups de fils à sa femme sont poignant ), et une dernière suffisamment paisible pour sauver les meubles. Quant à la centrale, ma foi, on va lui donner le mérite de montrer des numéros de fakir réalisés sans trucages… Hormis cela, c’est surtout l’ennui et l’incompréhension ( quelqu’un peut m’expliquer ce que fout cette prostitué dans le film ? Ca m’aiderait… ) qui plane…

 

 

Alors Wolf Tone vous le dit tout de go sans détour : rester chez vous, planquez vous sous vos couettes devant votre écran télé LCD – HD – Ultra plat et matez vous « A bord du Darjeeling Limited » de l’eeexxccceelleennt Wes Anderson. Et puis tient, matez vous en fait tous ces autres films, de « La vie aquatique » à « La famille Tenenbaum » en passant par « Rushmore », c’est un conseil de votre ami à vous tout seul, pour passer les froides et grises soirées d’automne avec un film – bol de chocolat, un film qui file la patate et réchauffe vos petits corps meurtris. Son petit dernier en date est un pure moment de décalage, de poésie, de burlesque. Suivre ses trois frangins ( géniaux Adrien Brody, Owen Wilson et Jason Schwarttzman ) dans leur voyage initiatique à travers l’Inde, c’est du bonheur en boîte, des rires et de la tendresse, ma foi, que dire de plus, hein ? J’teste votre confiance : calez vous ces petits bijoux, et prouvez moi votre obéissance aveugle, vous ne serez pas déçu…

 




 

Quant à moi, je prépare mes sandwichs : Eastwood, McQueen, Gray, la semaine prochaine va me mettre sur les rotules, mais j’suis comme ça, moi, j’dois avoir de l’argentique dans le sang…

 

Par Wolf Tone - Publié dans : Critique Cinéma
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Samedi 8 novembre 2008

J’veux du sang, de la tripaille. J’veux que ça pète, que ce soit tendu du slibard. J’VEUX M’EN PRENDRE PLEIN LA GUEULE !!!! Ahhh, ça fait du bien… Non, c’est vrai, c’est vachement bien « Dernier maquis », « The Visitor » et tutti quanti, mais ça nourrit pas un homme, ça… Un homme, un vrai mec comme moi, ça a besoin de la sueur des guerriers, de marcels trempés par des litres de sang, allez, à la limite, d’une bonne barre de rire, avec ou sans cerveau, m’en fous, J’VEUX PRENDRE MON PIED !!!  Las, Wolf Tone, très las. Pas de plaisirs coupables en vue, que des Max Payne, des Saw 5 ( on va finir par l’avoir, notre saucisse ! ), le retour de ce faussaire de Guy Ritchie, même « Le transporteur » fait son come back pourrave dans les salles noires… J’ai fait le tour. Va falloir attendre le 10 décembre et le nouveau frères Coen, « Burn after reading », avec Georges Clooney et Brad Pitt pour s’en taper une tranche. Et niveau paire de c……., c’est la bérézina jusqu’au 31 décembre et le « Spirit » de Franck Miller, , le papa de « Sin city » version BD. Madre mia…

 

 

J’ai bien tenté le « Quantum of Solace », pfff… Les scènes d’actions sont filmés dans l’unique but de faire vomir le spectateur tant la caméra est épileptique, et en dehors d’une séquence vachement bien torché lors d’un opéra en plein air, et un Mathieu Almaric très convaincant en méchant, rien à se mettre sous la dent, des clopinettes, nada, nibe, nothing, 0 pointé…

 

Mais les salles noires et moi, c’est un peu comme Sarko et les caméras : une drogue, de la colle pour un enfant soldat de Sierra Leone, « Hot Video » pour un ado pré pubère… Alors j’me force à utiliser mon cerveau. Là, vendredi, j’me suis fait « Les bureaux de Dieu » de Claire Simon. Et ben oui, l’air de rien, même si mon instinct viril pouvait continuer de mourir à petit feu ( la vie quotidienne d’un planning familial, c’est pas très punchy… ), mon cerveau, lui, en a eu pour son argent. Il fait le fier, là haut, caché dans ma boîte crânienne, il en peut plus de joie. Puis ma fierté de cultureux français put se redorer la pilule ( whoua, l’humour… ) à la vue de tous. Encore un film social qui fait du bien… Comme Ameur-Zaimeche, Simon filme simplement, ne prend pas parti, ne fait preuve ni de jugement hâtif ou de manichéisme. Casting 4 étoiles ( Nicole Garcia, Nathalie Baye, Béatrice Dalle, Isabelle Carré, puis aussi Marie Laforêt, Rachida Brakni, j’vous dis, que du bon ), mis en scène à la fois effacé et palpable, « Les bureaux de Dieu » nous rappelle à chaque instant que sa réalisatrice vient du documentaire, de la vraie vie. Hormis une séquence pré-générique qui, allez savoir pourquoi, sonne particulièrement faux, et le jeu souvent lourd des deux stagiaires, le film laisse s’écouler le temps, passe par des phases de détentes ( le rituel des cloppes sur le balcon, la bouffe dans le coin cuisine ) et des moments de tension ( le jeune reubeu qui veut savoir si sa copine est bien vierge, la femme enceinte d’un amant qui la harcèle et met en danger sa vie de famille ) avec une fluidité déconcertante.

 

 

Surtout, Claire Simon connaît les limites de l’outil filmique. Au lieu de montrer par l’image ce type des cités lors de son entretien qui s’annonce très tendu, elle fait raconter le rendez vous par ses personnages. Afin de mieux montrer la complexité de certains sujets, elle préfère le débat d’idées à la représentation. Simon sait que tout montrer est une utopie ( à la différence de Cantet qui, dans « Entre les murs », aborde tout au point de survoler des questions cruciales comme le rejet de l’identité française ), et se refuse à faire l’apologie facile de travailleurs sociaux ( l’excellente scène où Marie Laforêt, ne trouvant pas de veine dans l’avant bras d’une jeune noire, lui demande si elle la veut vraiment, cette pillule, ou encore le cours de sexualité de Michel Boujenah face à des adolescentes pouffant de rire, où il garde une distance froide mais certainement nécessaire ). Totalement plongé dans un décors d’un réalisme bluffant ( à croire qu’ils ont investi un VRAI planning familial ), accompagné par une musique jazzy dont l’improvisation rappelle celle, obligatoire, de ces femmes face à des situations difficiles, le spectateur ne sort pas plein d’une reconnaissance particulière pour cette institution, et ce n’était certainement pas le but de Claire Simon. Non, il ressort avec l’impression d’avoir un peu plus compris, d’avoir partagé des moments vrais d’habitude inaccessibles. Film important là encore, qui devrait donner lieu à des sorties scolaires, à des débats, tout comme « Dernier maquis ». J’me répète ? Ah ben tant que vous aurez pas vu ces deux pépites…

 

 

Donc voilà. Positif  prend le pas sur Mad Movies. Mon cerveau prend sa revanche, mes coronès, elles, s’emmerdent grave. M’enfin, d’un autre côté, certaines bandes promettent de grands moments, comme le « Hunger » de Steve McQueen ( 26 novembre ), « My Magic » de Eric Khoo ( en salle depuis le 5 novembre ), et bien entendu le retour du génial James Gray avec une comédie sentimentale ( ?!? ), « Two Lovers » ( 19 novembre ), et du magnifique vétéran Clint Eastwood avec « L’échange » ( 12 novembre ). De quoi prendre son pied d’une autre manière… Bah, va bien y avoir un truc de malade un de ces 4… Wolf Tone reste aux aguets, Wolf Tone est patient…

Par Wolf Tone - Publié dans : Sorties Ciné
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Mercredi 5 novembre 2008

5 heures du mat’ j’ai des frissons, je claque des dents… Euh, non : 5 h du mat’, j’ai la tête dans le cul. Vous moquez pas, j’en connais pas des masses qui seraient frais comme des gardons à une heure pareille. Et la première chose que je fais, c’est de me connecter pour lire les titres du Monde.fr. Pas de surprise. Pas de catastrophe. Mais je ne réalise pas vraiment : ma première préoccupation, c’est mon haleine et mes aisselles.



Flash-back. Eté 1988, j’ai donc13 ans, et je me barre en colo avec le Port Autonome de Marseille en Allemagne de l’Est. Avec ma chevelure toute fraîche et mes T-shirt Megadeth, je me pointe dans un pays dont je ne sais rien, si ce n’est l’habituelle présentation de nos cours d’histoire-géo. Il y a une différence monumentale entre imaginé un pays communiste et y passer un mois. J’y ai visité une usine de métallurgie, et j’ai flippé rien qu’à l’idée que des gens puissent y passer la plus grande partie de leur vie. J’y ai fait des courses en touriste et j’ai flippé devant tant de grisaille et un choix réduit à une peau de chagrin. J’ai passé plusieurs heures dans le camp de Buchenwald, vu une trace sombre sur le sol que les GI avaient refusé de nettoyer, vu des traces d’ongles sur les murs de douches factices, et des abats jours en peau humaine. Jambes flageolantes, dégoût, la totale. J’y ai croisé une jeunesse capable de se taper 200 bornes pour pouvoir acheter le dernier album d’Exodus sous le manteau, un mec de 10 ans mon aîné qui était prêt à me filer ses bottes, sa ceinture cloutée et son vieux T shirt de Metallica pour avoir celui de Megadeth que je portais alors. Et en fin de séjour, notre guide / traductrice, une jeune femme d’environ 25 ou 30 ans, nous apprend que sa grand mère est à l’ouest, qu’elle a peur de ne pas être là pour sa mort.



9 novembre 1989. J’suis pas plus au fait du monde, la politique étrangère me gave, moi, ce que je veux, c’est headbanger comme un fou sur du trash-death-hardcore. Et j’apprend la nouvelle. Des gens qui crient leur joie, un mur qui se fait défoncer, la liesse. Et allez donc savoir pourquoi, je me mets à chialer. Enfin, si, je sais pourquoi : parce que ce mec de 10 ans mon aîné va pouvoir aller tranquillement à Berlin acheter le « … And justice for all » de Metallica, et que notre traductrice ( merde, c’était quoi déjà son prénom… Sophia ? Claudia ? ) serait certainement présente à l’enterrement de sa grand mère.



Retour à ce matin : vu la gueule de ma patronne sur le marché de Charonnes, les élections américaines et elle, ça fait deux. Pas de rire, pas même un sourire, juste cette putain de pluie qui me gave… Du coup, lorsque je me repointe chez moi, je fonce sur ma télé et lance illico-presto LCI, pour me connecter enfin au Monde. Rire, joie, le révérend Jackson en larmes, cette vieille femme qui ne peut que répéter « Oh my God… Oh my God… Oh my God… ». Et vlan, sans que ça prévienne, vas y que je me marre, et que je me met à chialer.

Pourtant, j’ai jamais foutu les pieds aux U.S.A. Mais le raz de marée de l’Histoire est de nouveau là. Pas la peine d’être un afro-américain, ou un gus sorti du ventre de l’émigration pour sentir son souffle plein d’espoir. Putain, Obama a gagné. OBAMA A GAGNE. A croire que non, l’humanité n’a pas encore dit son dernier mot.



Reste le plus dur. Pour lui, bien sûr, on va pas revenir sur les chantiers dantesques qui l’attendent. Mais aussi pour nous. Nous et notre nabot en chef. Avant, on pouvait se dire que les yankees avaient bien pire que nous. Maintenant, que faire ? Regarder Berlusconi ? J’sais pas lequel des deux est pire.

Mais pour l’instant, profitons du vent frais et revigorant de l’Histoire. Deux fois que je le savoure. Près de 20 ans ont séparé les deux bourrasques. Et rien que pour en vivre encore 4 comme ça, j’veux bien vivre jusqu’à mes 104 ans.

Par Wolf Tone - Publié dans : Coups de gueule
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Mardi 4 novembre 2008

Nous y voilà donc… C’est toujours la même chose : lorsqu’on passe les années 70, ben on se retrouve toujours plus ou moins le bec dans l’eau. Et oui, les enfants, on a passé le haut du panier, on repart vers des terrains plus balisés, voire banalisés. J’avais fait un choix de départ : montrer comment l’Histoire avait fait évaluer LA FORME du cinéma en même temps que son fond. Ce qui fait que l’image filmique ( comme lors des projections de reportages sur les camps de concentrations pendant le procès de Nuremberg, qui firent office de témoins cruciaux ), les images d’archives ( dans la forme de leur montage, comme dans Shoah de Lanzmann ), les films historiques ( scénaristiquement parlant ) n’ont pas eu le droit de citer.

 

 

 

 

Du coup, que pouvons nous nous mettre sous la dent ? L’histoire, en fait, ne provoque plus d’évolution majeure de la forme, mais envahit de plus en plus le fond. Dans la science fiction américaine des années 50 / 60, ces fictions de la Guerre froide, servant de défoulement à un pays en proie à la peur des rouges (  La guerre des mondes de Byron Haskin en 1954, Le jour où la Terre s’arrêta de Robert Wise en 1952, pour ne citer qu’eux ). Ou alors pour évacuer le traumatisme de deux bombes et la honte d’une guerre perdue dans Godzilla, créé en 1954 par Inoshiro Honda dans un Japon où la défaite était encore un sujet tabou. Cette façon qu’à le cinéma de régurgiter l’histoire et ses psychoses, son actualité brûlante, est maintenant définitivement entrée dans notre culture : image hallucinante de personnes errantes, recouvertes de poussières après l’attaque de son monstre lovecraftien pour Matt Reeves dans son Cloverfield. Film important pour le pont qu’il jette entre l’histoire récente et « le trouble désir de vivre sa propre apocalypse » que connaît l’Amérique, comme le dit si bien Antoine de Baecque dans Histoire et cinéma. Independance Day, Armageddon, Deep Impact, Jurassic Park, la liste des films catastrophes à caractéristique messianique sont véritablement légion dans la production US. Non, la dernière touche qui parfait cette jonction entre l’Histoire et le Cinéma a été en fait parallèle au Nouvel Hollywood, en Angleterre…

 

 

« La caméra – Liberté » de Peter Watkins

 

 

Né en 1935 en Angleterre, Watkins est certainement celui qui poussa le plus loin cette corrélation entre l’instant, la forme, et le fond ( profondément militant dans son cas ). Présenté par beaucoup comme étant un réalisateur expérimental, il reste néanmoins un véritable maître dans l’art de manié l’image, à tel point qu’il fut certainement aussi le réalisateur qui eût le plus à souffrir de la censure. Dès 1964 et son premier film, Watkins mélange le principe de reconstitution historique du docu-drama et celui du reportage de guerre. Aidé au scénario par l’historien – romancier John Prebble, Culloden montre la bataille du même nom qui eut lieu le 16 avril 1746 dans les landes marécageuses d’Ecosse. La forme fait référence à World in Action, un journal d’actualité diffusé jusqu’au début des années 90, utilisant des techniques du cinéma direct, avec caméra 16mm à l’épaule et prise de son en direct, mais Watkins y ajoute un anachronisme qu’il reprendra pour son monumental La Commune réalisé pour Arte en 1999 : des interviews des protagonistes en plein cœur de l’action, filmés comme le furent les boys au Vietnam, à savoir en plan rapproché et légère plongée.

 

 

 

Pour le coup, le film fut massivement salué par la critique, et le réalisateur est même surnommé le « British Orson Welles »… Jusqu’à son film suivant, The War Game, aka La bombe, réalisé un an plus tard pour la BBC.

 

Basée sur une recherche exhaustive, cette docu-fiction montre les horreurs d’une attaque thermo-nucléaire contre la Grande Bretagne. Mais il montre aussi les limites dans le temps de ce type de production : bien que la forme reste à ce jour un modèle de cinéma vérité, le fond, lui, est devenu obsolète. Watkins comptabilise le nombre de têtes nucléaires tournées vers l’Angleterre depuis la Russie à une époque de guerre froide à son apogée. Difficile de croire qu’aujourd’hui, le danger reste le même. De plus, le film est une réponse directe au gouvernement d’alors qui se disait prêt à protéger ses citoyens en cas d’attaque atomique. Qu’en est il maintenant ? Certainement autre chose, les données géopolitiques ayant grandement changées.

 

 

 

Reste le film, hallucinant de maîtrise et de fluidité dans sa forme. Ancien monteur, Watkins parvient à faire un faux documentaire dont la force réside au mélange quasi parfait entre fausses archives, fausses interviews, immersions caméra à l’épaule dans des villes dévastées, longs plans fixes sur des victimes, ou des soldats tentant de faire régner un ordre pourtant inutiles… Malgré ses 44 ans d’âge, le film garde une force évocatrice intacte. Force si perturbatrice que la BBC, sous la pression du gouvernement anglais ( plusieurs projections « secrètes » du film eurent lieu au Cabinet du Premier Ministre de l’époque, Harold Wilson ) interdira sa projection non seulement sur le territoire anglais, mais aussi dans tous les pays du Monde durant 20 ans ! Faut pas les faire chier, les inglish… Mais on arrête pas si facilement un chef d’œuvre : la presse nationale s’empare de l’incident après que Watkins lui eut donné tous les détails de l’interdiction, plusieurs milliers de personnes se rassemblèrent lors de manifestations de soutien, et, cerise en or sur le gâteau international, le film gagna l’Oscar du… meilleur film documentaire en 1966 ! Watkins a tordu les codes de la fiction et du documentaire, dans un film d’anticipation sur une Histoire brûlante d’actualité…

 

 

Notre homme paiera tout de même le prix de son militantisme sans concession : suite aux pressions autour du film, et aux critiques acides contre son troisième métrage pro, The Privilege ( allégorie sur le travail d’abrutissement des Mass Media et de l’industrie de la musique ), Watkins s’exile en 1968, devenant un gypsy-filmmaker. Par la suite, son CV en dit long sur son intransigeance ( sa paranoïa diront ses détracteurs ) : viré de Suède pour son film pacifiste The Gladiators, des States pour son chef d’œuvre absolu à mes yeux Punishment Park ( qui n’a toujours pas été projeté sur le territoire américain depuis 1970 ), du Danemark pour The Seventies People, sur le fort taux de suicides de jeunes à l’époque dans ce doux pays ( film qui ne fut plus jamais projeté depuis sa sortie et son interdiction instantanée en 1974 )… jusqu’à La Commune, monstre de 375 min, renié par Arte ( qui en était pourtant le principal producteur, faudra m’expliquer… ), qui finira par le diffusé à 3 h 30 du matin dans une version tronquée.

 

 

Le fiston Greengrass

 



Que reste t il aujourd’hui de « l’héritage » Watkins ? Pas grand chose en fait… Le Death of a President de Gabriel Range, faux docu sur la mort d’un faux président et des répercussions possible, ou le méconnu Forgotten Silver de Peter Jackson, imaginant une origine Néo-zélandaise au cinéma. Reste aussi une récupération par le cinéma d’horreur, toujours friand de nouveau moyen de filer la frousse ( voire la gerbe ) au monde entier. Premier à mélanger faux docu à une fiction, Ruggero Deodato et son dantesquement Z Cannibal Holocaust sorti en 1980, et pour le plus connu, le petit coup de génie mercantile de Daniel Myrick et Eduardo Sanchez, The Blair Witch Project. Mais pour le coup, on s’égare, là, on s’égare…

 

 

 

 

Reprenons nos esprits et rendons visite à un autre anglo-saxon, un journaliste qui s’était spécialisé dans les mouvements séparatistes irlandais. Un gars qui reprit la même démarche que son illustre prédécesseur, tout en gommant une grande partie de son aspect militant. Paul Greengrass réalise son 3ième film Bloody Sunday en 2002, reprenant la « caméra vérité » de Watkins, mais en jouant à fond la carte de la reconstitution historique ( ce qui lui valut l’Ours d’Or à Berlin la même année ). Avec un James Nesbitt bluffant en Ivan Cooper ( dirigeant des droits civiques, et protestant du côté des catholiques ), le film reprend aussi ce qui avait fait la force des films du Nouvel Hollywood, plus particulièrement  du chef d’œuvre de Alan J. Pakula, Les hommes du président : une immersion sonore ( reprise avec encore plus de force dans son Vol 93 en 2004, où il nous conte en temps réel les derniers instants du vol du même nom, le 11/09, de son détournement à son crash provoqué par les voyageurs ) et un souci perfectionniste du détail. Etouffant, tragiques, les deux films sont les derniers véritables exemples du cinéma au service de l’Histoire avec les moyens de l’instant, leurs dernières conjonctions presque parfaites. Ni De Palma et son Redacted, et encore moins le ( très ) mauvais Battle for Haditha de Nick Broomfield n’arrivèrent à atteindre le même niveau de reconstitution.

 

 

 

Et ben dites donc, sacré voyage, pas vrai ? Bou, j’m’en remets pas d’avoir pondu un truc aussi long ! Enfin, quand on aime, on ne compte pas, comme dirait l'autre... Avant de partir en vacances, les d’jeuns, petit tour rapide des bouquins qui le font, ceux qui font briller dans les repas mondains :

 

-          Histoire et Cinéma d’Antoine de Baecque donc, dans les petits cahiers des Cahiers du Cinéma

-          Cinéma et Histoire ( j’vous jure que j’ai pas fait exprès ! ) de Marc Ferro en poche chez Folio / Gallimard

-          Le cinéma américain des années 70 de Jean Baptiste Thoret, encore dans les Cahiers du Cinéma ( collection Essais )

-          Le cinéma des années Reagan, un bouquin collectif sous la direction de Frédéric Gimello-Mesplomb ( aux éditions Nouveau Monde ). Sujet non abordé dans les posts, mais tout aussi passionnant qui se penche sur ce ciné plein de Stallone, Schwarzy et autre Chuck Norris, et ses liens avec la politique américaine de l’époque. Faites un tour sur mon billet à propos des Rambo…

-          Media Crisis de Peter Watkins aux éditions Homnisphères.

 

Surtout, n’oubliez pas que Wolf Tone n’est PAS un spécialiste, que beaucoup de choses restent à dire sur le sujet ! Ben vouais, à vous de faire le reste du boulot : voudriez pas une pipe et un Mars aussi, non ? Bonnes vacances les gosses, et siyouléteuronzenet…

Par Wolf Tone - Publié dans : Les Incontournables
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Vendredi 31 octobre 2008

Le mythe est tombé… Maintenant, n’importe quel gus connaît la gueule à Wolf Tone, plus de mystères, le maître est redevenu humain, terriblement humain… Alors quoi ? Plier bagage et se refaire une image ailleurs ? A quoi bon, mes frères et sœurs sont ici, ils ne demandent qu’à mieux vivre à mon contact, qu’à apprendre de l’homme derrière le pseudo, de se frotter à son quotidien…

Alors j’ai décidé de rester. Que voulez vous, vous couper de toutes ces connaissances uniquement parce que j’ai fait tomber le masque serait d’un égoïsme profond. Puis mon ego ne supporterait pas longtemps votre absence… Venez donc, suivez moi au plus près, dans mes déboires cinéphiles, mes questions existentielles, apprenez à mon contact, oui, je vous le permets…

 

Je savais, en me levant ce vendredi 28 octobre, que ma vie allait changer, imperceptiblement, prudemment, mais indéniablement changer. Dans mon sac à dos, après avoir bu mon cocktail quotidien de pastis / prozac au doux son de Sick of it all, j’ai glissé mon éternel Mad Movies aux côtés du dernier numéros des « Cahiers du Cinéma ». Ainsi allait être la philosophie de Wolf Tone, dans ce mariage improbable entre mon cerveau d’intellectuel parisien et mes tripes de guik’s. Et ce fut d’un pas décidé, après avoir bu un picon bière et mangé un kebab, que je pris une place pour le « Dernier Maquis » de Rabah Ameur-Zaimeche. Pour prendre le pouls d’un ciné français qui, trop régulièrement, m’avait fait chier à en mourir… Et j’en ressortis heureux. Heureux de voir qu’un sujet aussi brûlant que la place de l’islam dans le monde du travail pouvait être traité par chez nous sans démagogie à outrance, avec simplicité et humanité. Dans une mise en scène fluide, voire troublante ( beaucoup de plans nous montrent la valse incessante des caristes au milieu de milliers de palettes rouges, sorte de chorégraphie sensuelle dans le cadre morose d’une zone industrielle, et parviennent à rendre beau le quotidien de bêtes de somme ), Ameur-Zaimeche reste à hauteur d’homme, ne juge aucun des personnages, pose sa caméra et se filme en Mao, patron d’une PME qui décide de mettre à disposition de ces employés une mosquée afin d’augmenter sa main mise sur eux.


Et notre homme nous donne une véritable leçon d’humilité et d’intelligence : en français d’origine algérienne, il nous prouve que la réflexion sur les musulmans, sur l’Islam, est possible. Dans une époque trouble où la religion semble intouchable en tant que sujet social, il remet les pendules à l’heure : c’est l’homme, le problème, pas Dieu. De son personnage de Titi, tout frais reconverti qui se croit capable d’être Imam, à Mao, patron entre manipulation et croyance, il se refuse à mettre les méchants d’un côté et les gentils de l’autre. Il y a des ouvriers pauvres, des clans, des barrières sociales, et la difficulté d’y insérer Allah. Le tout en douceur, en beauté et avec une immense tendresse…

 

 

 

Me voilà donc revigoré, persuadé d’être sur la bonne voie, Wolf Tone va nager la brasse du chien au milieu de tous les cinémas, répandra la bonne parole, et pour prouver que le grand écart est une discipline où il excelle malgré ses 63 ans, il se jette dans la marée des Zombies avec joie et allégresse… Vous avez eu le compte rendu de la 1ière Marche des Zombies, mais je vous offre un ultime reportage, une preuve que Wolf Tone n’est pas un humain comme les autres… Cliquez sur le lien menant à la vidéo, le Maître est dans la place….

 

http://www.scifi-universe.com/actualites/7579-zombie-day-la-marche-des-zombies-.htm

 

 

Une fois mon ego surdimensionné abreuvé de flashs et de caméra, j’ai pu reprendre une vie normale, à savoir regarder « La Momie 3 », sympathiquement sympathique pour les soirs de grande solitude, ou « Carlito’s way », aka « L’impasse » de Brian de Palma. Ah, le dernier grand film de ce pourtant immense réalisateur… Sorti en 94, juste avant le début de la fin que fut « Mission : impossible » en 96, « Carlito’s Way », avec un casting de ouf’ ( Al Pacino, Sean Penn, et un Viggo Mortensen improbable et déjà excellent ), contient une des scènes les plus tendues du slip du cinéma américain : Carlito Brigante / Al Pacino accompagne à sa sortie de prison son jeune neveu à une transaction dans un bar pourrave. Carlito sent le piège, Brian de Palma nous tient par les coronès pendant presque 10 minutes, et rappelle au monde entier que le Maître est vivant, avant de nous pondre son polar High-Tech sans âme. Depuis, le monde l’attend toujours, mais perds patience…

 

Reste qu’hier, je suis retourné dans les salles noires pour poser de nouveaux jalons à ma renaissance  ( c’est français, ça ? ) : non, pas de « Quantum of Solace », ni de « Mesrine » et autres joyeusetés, mais « The visitor » de Thomas McCarthy. Pourquoi ? L’affiche. C’est con, mais ça faisait des lustres que je ne m’étais pas renseigné sur un film à coup de bande annonce, critiques et autres articles, avant d’aller le voir. La joie de découvrir une œuvre sans rien en savoir, voilà un plaisir que je ne connaissais plus… Et une nouvelle fois, Wolf Tone fut heureux. Z’êtes heureux que je sois heureux, non ?

 

 

 

Walter Vale est un professeur d’économie du Connecticut chiant à mourir. Il prend des cours de piano sans y croire, donne des conférences parce qu’il ne peut pas faire autrement, bref, il s’emmerde comme pas deux, jusqu’au jour où il trouve un couple de clandestins dans son appartement de New York : la sénégalaise Zineb et le syrien Tarek. Sans trop savoir pourquoi, Walter va les héberger, et reprendre goût à la vie en apprenant à jouer du djembé.

Film gentiment dénonciateur d’une politique américaine de plus en plus répressive à l’encontre de ses immigrants, ce « Visiteur » est au singulier. Ca paraît débile comme précision, mais elle montre l’axe choisit par McCarthy : le véritable visiteur est Walter, qui sort de sa réserve toute anglaise pour s’émanciper dans un univers où Fela remplace le classique, où le costard / cravate gêne pour faire de la zique, et où surtout, l’absence de green card est un enfer assuré. Filmé presque entièrement autour du professeur, « The visitor » démarre donc très, TRES doucement, risquant de laisser de marbre le spectateur. Mais c’est ce qui rend si touchant la lente ouverture au monde de Walter, et amère sa découverte des injustices d’un système qui bug depuis le 11/09. C’est aussi ce qui donne toute son importance à la musique. Autre personnage à part entière du métrage, elle sert de pont, de thérapie à ces deux hommes qui ne se seraient jamais parlé sans elle. Fraîche, vivante, elle donne au film ses meilleurs moments, comme ce concert dans Central Park, où Walter goûte pour la première fois à un laissé aller revigorant. Mais MacCarthy finit tout de même par nous livrer plus un conte pour adulte qu’un film politique. Un peu à la manière du Ken Loach de « My name is Joe », il mélange amitié, amour et social, allégeant un propos lourd de sens par le choix de mettre définitivement au centre de son intrigue un naïf qui ne connaît le monde qu’à travers ses livres. Choix qui frustre quand à la profondeur de son message social, mais qui apporte une grande tendresse. Erreur ? Il est peut être préférable d’apporter du sentiment humain dans un contexte si froid. De plus, McCarthy est, lui, loin d’être aussi naïf : sa fin est logique, donc bouleversante. Et si le film avait été plus rugueux, plus ancré dans la vérité, comment alors aurions nous pu avoir un plan final si fort et porteur d’espoir ? « The visitor » n’est peut être pas le meilleur des films sociaux, mais il n’en demeure pas moi un excellent petit film débordant de vie et d’humanité.

 

 

Voilà donc mon vrai visage. Je sais que certaines d’entre vous risquent de craquer pour tant d’ouverture d’esprit, mais sachez que je suis l’homme d’une seule femme. Et oui, une Louve a la chance de m’avoir trouvé avant vous toutes… Toute fois, laissez vos photos en commentaire. Et le montant de votre salaire. On peut rêver, non ?

 

Par Wolf Tone - Publié dans : Sorties Ciné
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Lundi 27 octobre 2008

Bon vieux perfecto usé jusqu’à la moelle sur le dos, Sepultura et Iron Maiden à fond dans les cages à miel, un sandwich jambon / fromage dans la main, appareil photo dans la poche éventrée de mon cuir, je pars pour l’enfer ce dimanche 26 octobre. Les passants me regardent sans savoir qui je suis. Wolf Tone, d’un pas décidé, rejoint ses confrères, rejoint une révolution en marche, rejoint…

 

 

 

 ... THE FIRST ZOMBIE WALK IN PARIS !!!!

Bloody Dan m’attend dans un local clandestin pour morts vivants en devenir. Car Bloody Dan est un orfèvre du gore, un artisan du latex. Là, dans un bureau au rez de chaussée d’un immeuble bourgeois, avec peu de temps devant lui, il déballe son matos de chirurgien esthétique de l’Au Delà. Nous aurions dû être un petit groupe de terroristes, nous ne sommes plus qu’un duo. Du coup, nous avons l’impression d’être seul au monde, que notre acte de bravoure est plus important que ce qu’il aurait dû être…

 

 

 

L’artillerie made in Horror

 

 

 

Pose du latex qui servira à ma métamorphose…

 

 

… agrémenté de quelques accessoires pas piqué des hannetons…

 

 

… avant la couche de maquillage pour le teint…

 

 

Un chirurgien qui s’auto-mutile, c’est beau, non ?

 

 

 

Et nous voilà prêt à rejoindre l’armée en marche ! Z, la compagne tout terrain de Bloody Dan vient nous chopper en caisse devant l’immeuble à 14 h 30, et fonce à travers la ville pour nous déposer… à un bon kilomètre du point de rendez vous zombiesque. Vous imaginez ce que ça fait de traverser le jardin des Halles avec des gueules déconfites ? Mais la libération est proche, la rumeur, l’odeur du sang qui titille nos nez frémissants, oui, les voilà, OUI, NOUS SOMMES LEGION !!!

 

 

Ni une, ni deux, les liens se tissent avec d’autres ados restés bloqués à ce jour béni entre tous où nous découvrions pour la première fois les chefs d’œuvre de Romero. Car ici pas de zombies galopant comme un Dieu des stades jamaïcain, mais de pauvres bougres ne cherchant qu’un morceau de bidoche à se mettre sous la dent… Et c’est fou comme le mort vivant à le vent en poupe : caméra de LCI, BFM Tv, M6, photographes en veux tu, en voilà, en l’espace de quelques secondes, une masse d’objectifs se pressent autour de nous, nous demandent de poser, de baver, de mordre, bref, d’être NOUS !!! VICTOIRE !!!

 

 

L’atelier de maquillage sauvage d’Alexis, comparse de Bloody Dan...

 

La joie de mourrir est un art, n'est il pas ?
 

Casse croûte indispensable pour tenir la route...




Seul petit hic, la volonté inébranlable de certains journalistes de nous forcer à dire que cette manifestation a une portée politique. C’est quand même dingue que le simple plaisir de devenir membres d’une confrérie zombie le temps d’une marche ne puisse pas être suffisant en soi. Non, nos petits copains les journaleux veulent à tout prix y voir un message contestataire, une prise de position, un acte de revendication. Ben non, les gars, nous, on revendique simplement le plaisir béat d’être mort avant l’heure, et de revenir pour foutre le boxon dans une capitale plombée par le ciel gris. C’est beau en soit, non ?

 



D’autant plus que la Mare aux Diables avait prévu de bien beaux cadeaux sur le mini-parcours : des victimes !!! CERVEAU !!!! Jetées en pâtures, leurs temps de survie était TRES limité : au moindre « Argh !!! » crié, une marée de bras se levait pour s’abattre sur des cabines téléphoniques ou des chiottes publiques. Vu de dedans, l’effet était déjà puissant, alors j’imagine vu de là-haut…

 

 

Mais tout à une fin, 34 pauvres minutes de défilés, avec atterrissage assez violent dans la grisaille… Mes barbelés se cassaient la gueule, mes yeux supportaient de moins en moins bien l’absence de lunettes, et mon moral, s’il n’y avait pas eu 16ames et Marianne pour me recueillir, aurait été au plus bas : star d’une heure, Wolf Tone dû retraverser A PIED la capitale pour retourner auprès de sa louve, déconnecté du réel. Seul réconfort : mon boulanger qui, en me donnant ma baguette, me demande si je vais bien avant de rire avec moi… Comme quoi, hein, y a pas que des cons dans la vie…

 

 

 

Par Wolf Tone - Publié dans : Geek Power
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Vendredi 24 octobre 2008

Ca commence franchement à ressembler à un grand marché, un bon gros appel à la consommation. Pourtant, je suis un bébé-Star Wars, je suis venu au monde un jour de juillet 1982, lorsque enfin mes parents m’amenèrent voir ce putain de film que tant de gosses avaient vu avant moi. Un choc ? Une illumination. Et cette immense découverte allait dicter mes choix cinéphiles jusqu’à aujourd’hui. Comme il m’en a fallu, du temps, pour m’ouvrir à ce qui s’est passé AVANT, et ne plus me jeter sur toutes les sorties possibles et imaginables…

 



Mais là, ça commence à faire un peu trop. Je suis au bord de l’overdose. J’aspire à plus de finesse. Parce que à force, d’une part, de chroniquer tant de films décevants et creux, et d’autre part, de replonger ou découvrir des chefs d’œuvre du 7ième art, j’éprouve de plus en plus de difficulté à trouver le même intérêt dans ces pellicules formater pour l’évasion. Mon dernier billet sur les sorties ciné d’octobre s’était arrêté au mercredi 15. Hier est sorti le premier volet du diptyque sur Mesrine. Une énième biographie sur un destin exceptionnel, avec aux manettes Jean François Richet. L’attente, ici, peut être plus logique. Cet homme a définitivement une approche politique du ciné ( « Etat des lieux » en 95, « Ma 6-T va crack-er » en 97, et sa relecture assez réussi du « Assaut » de John Carpenter en 2004 ). Mais est ce pour autant que Richet parviendra à passer outre le simple portrait d’une gueule de l’Histoire française ? N’oubliez pas que je me suis rematé le bijou de Arthur Penn, « Bonnie and Clyde », il y a très peu de temps. Non pas que je compare le funeste destin du gang Borrow avec celui, tout aussi passionnant, de l’ennemi public n°1, mais je doute sérieusement que Richet arrivera à créer une aussi forte résonance, pourtant primordiale avec notre époque où la violence et le refus de l’ordre établi devient une dangereuse banalité…

 

Restera alors le mercredi 29, avec sur le devant de la scène deux grosses machines, le bancal « Hellboy II » ( allez faire un tour sur mon compte rendu d’avant première, moi j’peux plus, ça me fait trop mal… ), et le ttttrrrrèèèèssss attendu ( trop ? ) « Quantum of Solace », dernier né de la saga James Bond. Passionnant, non ? A moins que vous ne préfériez le grand retour d’Oliver Stone avec un sujet so polémique, « W – L’improbable Président » ( au fait, c’est bien volontaire si je n’ai pas parlé du « Being W. » de Karl Zero : ce mec porte de mieux en mieux son nom… ). C’est vrai qu’il faut en avoir une sacré paire pour tirer sur un mourant… Véritable fixette de Stone ( « JFK », « Nixon » et aujourd’hui Bush ), la fonction de président a été décortiquée, tordue, analysée et jetée à la baille par une masse impressionnante de cinéastes ricains ( Altman et « Secret Honor », Otto Preminger et « Tempête à Washington », Frankenheimer avec « Sept jours en mai », voire même Kubrick et son Folamour… ). Qu’espère donc Stone en dressant un portrait au vitriol d’un homme mort depuis longtemps politiquement ? Aidé Obama à atteindre Washington ? N’oubliez pas l’atroce « World Trade Center » et son patriotisme mielleux fleurant bon l’opportunisme. Et hormis un « Tueurs nés » des plus tendancieux à mes yeux, et ces deux films sur le Vietnam ( « Platoon » et « Né un 4 juillet » ), Oliver Stone est un réalisateur sur-estimé, un très bon faiseur mais un auteur très moyen.

 

Peut être faisons nous fausse route. Peut être, plutôt que de coller aux basques des médias qui nous ont vendu un maladroit réquisitoire ( « Entre les murs » de Cantet ) comme un chef d’œuvre de film social, il aurait fallu plus parler d’un « Silence de Lorna » des frères Dardenne, ou du « Versailles » de Pierre Schoeller. Peut être faut il ne rien attendre de précis, aller voir des films sans trop d’espoir. Le « Phénomènes » de Shyamalan fut une bouse d’autant plus atroce que j’y avais mis beaucoup d’attente. Et je me suis fait de nouveau avoir, lorsque j’espérais voir Meirelles remettre les pendules à l’heure avec son « Blindness », qui s’avéra être tout aussi ampoulé et prétentieux, ce qui relève de l’exploit. Et si même ceux que je suis avec amour ( Del Toro et Gondry ) se mettent à tourner en rond et à se contenter de recycler leurs propres filmographies, mierda, que faire ? Tenter  le coup du côté du « Dernier maquis » de Rabah Ameur-Zaïmeche ( sorti le 22 octobre ). Ou des « Bureaux de Dieu » de Claire Simon ( prévu le 5 novembre ). Mettre de côté mes envies d’évasion, mon rejet de ce cinéma français qui m’a bien plus souvent fait chier que réfléchir. Et partir en éclaireur…

 

 

… promis, juré, je vous tiendrai au courant, style journal de bord d’un guik’s dans une autre dimension…

Par Wolf Tone - Publié dans : Sorties Ciné
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